![]()

L'Association des femmes artistes des Beaux-arts (Afab) a célébré à sa manière l'événement du 16 juin dans le parc de l'institut, se servant de la sculpture Esclave comme matériel didactique. Le thème retenu cette année pour la célébration de la 22e édition de la Journée de l'enfant africain portait sur les « Droits des enfants handicapés : le devoir de protéger, de respecter, de promouvoir et de réaliser ». L'Afab avait tenu à aborder la question des droits de manière globale avec une vingtaine d'enfants. Issus de milieux défavorisés, ils se sont prêtés avec joie à l'exercice qui a eu pour cadre le parc de l'Académie-des Beaux-arts de Kinshasa.
Les protégés de l'Afab, triés dans le volet parmi les filles et fils de policiers, militaires et personnes vivant avec handicap des camps Kokolo, Lufungula et du centre des handicapés de Mushi, ont été informés sur l'origine de la Déclaration universelle des droits de l'homme. La présidente de l'Afab, Clariss Marini, avait trouvé une astuce pour rendre son discours moins magistral qu'il ne devrait l'être.
En effet, un peu à la manière d'un cours d'histoire de l'art, elle s'est servie de la sculpture Esclavepour parvenir à ses fins, expliquant que le document avait été élaboré en réaction à des traitements inhumains et à l'injustice. Dans le cas d'espèce, elle a mentionné l'esclavage. Mais encore, pour mieux adapter ses propos à son auditoire, elle a évoqué des faits d'actualité qui collent plus à leur vécu à l'instar du travail précoce. Responsabilité contraignante à laquelle sont soumis certains d'entre eux mais aussi l'enrôlement forcé dans l'armée et la prostitution.
Plus important encore, a jugé nécessaire de relever Clariss Marini, les droits marchent de pair avec les devoirs. Particulièrement, a-t-elle martelé, autant que « vous avez droit à l'éducation, vous avez en contrepartie, le devoir d'étudier. Et, si vous avez le droit d'être vêtu, vous devez savoir prendre soin de vos habits ». Encore une fois dans un effort de ramener ses propos au contexte, elle leur a signifié qu'ils étaient tenus de mettre à profit l'encadrement de l'Afab, s'appliquer pour obtenir les meilleurs résultats. Ce, de façon à se constituer en personnes de valeur dans la société congolaise dans l'avenir.
L'activité du 16 juin s'est achevée sur une ambiance plus chaleureuse avec une distribution de vêtements, chaussures, sandales et autres babouches. La donation ainsi faite avait été rendue possible grâce à une collecte des femmes artistes membres de l'Afab, notamment Tshiapota Kapinga, Clariss Marini, Marie Muendo, Micheline Kiankula et Francine Mava. C'est un besoin réel, a dit Clariss Marini, qu'il fallait combler. Car, la plupart des enfants n'ont pas toujours de vêtements propres et décents à se mettre sur le corps et encore moins de quoi se chausser. La fibre maternelle jouant, elles témoignaient de la sorte leur affection à leurs protégés en plus de l'encadrement habituel qu'elles assurent. Un plus qui s'est ajouté à l'alphabétisation et l'initiation à l'art, cours dispensé d'ordinaire à ces enfants âgés entre six et quatorze ans.
Nioni Masela
Photo 1 : Les protégés de l'Afab posant devant l'Esclave.