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Cette institution " était au fait de cette réforme monétaire et n'attendait que sa mise en œuvre". Une mission du FMI est en séance de travail depuis le 12 juin 2012 dans notre pays. Avec les officiels congolais, cette délégation conduite par Robert York, chef de délégation, a eu pendant deux jours, des séances de travail au ministère des Finances. Celle de mardi 19 juin 2012 avec le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Finances, Patrice Kitebi et du gouverneur de la BCC, Jean-Claude Masangu Mulongo, a été l'occasion pour la délégation du FMI de rassurer davantage les Congolais quant à la mise en circulation de nouvelles coupures de 1000, 2000 et 5 000 Fc.
A l'issue de ces réunions marathon au ministère des Finances, entre l'équipe des experts du FMI, le représentant-résident du FMI en RDC, Samir Jahjah, a affirmé que son institution " a toujours appuyé la mesure du gouvernement congolais dans la réforme monétaire de la Banque centrale du Congo notamment, l'émission des coupures à valeur faciale élevée ".
En sa qualité de conseiller économique du gouvernement, le FMI est "au fait de cette réforme monétaire soigneusement préparée qui n'attendait sa mise en œuvre dans le meilleur de stabilité du cadre macroéconomique ". Or, a insisté Samir Jahjah, " depuis deux ans, le taux de change est stable, l'inflation est faible ".
Pour lui, " le moment est idéal aujourd'hui pour émettre ces billets à valeur adaptée pour permettre de dédollariser l'économie, de renforcer l'utilisation du franc congolais et de faciliter les transactions au marché de la ménagère avec des francs congolais qui ont plus de valeur que le billet de 500 FC ".
Selon Samir Jahjah, "avec 500Fc, l'on peut se procurer un ingrédient, mais la ménagère a besoin de prendre un panier et elle a besoin de plus de 500 francs pour faire ses courses ".
Risque inflationniste
Evoquant le risque inflationniste dont la rue parle, Samir Jahjah a fait savoir qu'il n'y a pas à craindre. " Ce risque va être très limité parce qu'il y a stabilité macroéconomique, il y a stabilité des prix, et donc c'est le moment d'émettre ces billets à valeur faciale élevée. Dans le passé, c'est l'hyperinflation qui entraînait le changement monétaire, mais ce n'était pas l'inverse. Le moment est adéquat pour émettre ces billets à valeur faciale élevée et le FMI conseille le gouvernement et approuve cette décision qui va faciliter les transactions pour les opérateurs économiques et les ménages, mais également, va petit-à-petit, amener la dédollarisation de l'économie, le renforcement d'utilisation du franc congolais ", a-t-il souligné.
Insistant enfin pour le maintien de petites coupures qui sont également utilisées en villes ou dans les campagnes, Samir Jahjah a invité la BCC et le gouvernement " à s'assurer que la masse monétaire dans le nouveau système n'augmente pas ".
Pour tout dire, selon la mission du FMI, en aucun cas la mise en circulation des billets à valeur faciale élevée va compromettre le Programme économique du gouvernement (PEG 2) appuyé par le Fonds monétaire international. Samir Jahjah a ainsi rassuré tous les prophètes de malheurs qui souhaiteraient voir la mise en circulation des billets de 1.000, 5.000 et 10.000 francs congolais se transformer en une opération inflationniste. "Il n'y aura donc pas aucun effet apocalyptique, la réforme s'étant préparée dans le respect de l'art en la matière", a-t-il rassuré.
Par ailleurs, il a fait savoir que pour cette mesure qui suscite une psychose injustifiée, " rien de tel ne pourra mettre en mal les discussions sur le PEG 2. Les experts du FMI échangent, discutent avec les autorités congolaises depuis deux semaines. "
En dépit du contexte international très difficile, la délégation a noté que les repères structurels, les critères quantitatifs sont respectés, qu'au niveau macroéconomique les performances sont excellentes. Mais par contre, il y a d'autres sujets sur lesquels les deux parties cherchent à trouver un compromis, mieux à se rassurer mutuellement. Il s'agit notamment, de la transparence dans le secteur minier et dans le code des marchés publics.
Concernant ces deux points d'achoppement, Samir a cité par exemple l'application du code des marchés publics. "Nous discutons de tous ces sujets, mais la mise en circulation de ces nouveaux billets à valeur faciale adaptée ne va en aucun cas compliquer le processus de revue du Programme et le plan économique. En un mot comme en mille, c'est le bon moment de mettre en circulation ces billets à valeur faciale élevée, c'est une réforme qui va moderniser le système de paiement, faciliter les transactions. Oui, c'est le bon moment, on a deux années derrière nous de stabilité macroéconomique, cela ne c'était pas vu depuis longtemps et donc c'est une bonne chose ", a insisté le représentant-résident du FMI.
Willy Kilapi