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On en doutait. L’organisation des élections provinciales et locales devient hypothétique en 2013. Dans un mémo transmis, le 26 juin 2012, au Premier ministre relatif aux incidences sur le glissement du calendrier électoral, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a posé des préalables sans lesquels il ne pourrait y avoir élections.
Le Pasteur Daniel Ngoyi Mulunda tire la sonnette d’alarme. Il joue à l’anticipation, en attirant l’attention du gouvernement sur le retard pris dans l’organisation des scrutins à venir.
L’on se souvient encore. Lorsque, en janvier 2011, la majorité au pouvoir avait modifié la Constitution (l’Opposition n’avait pas pris part au vote), en réduisant l’élection présidentiel à un tour, le gouvernement avait avancé plusieurs raisons pour justifier leur option. Il était dit, entre autres, que les élections à deux tours coûtaient plus cher qu’à un seul tour. Et qu’ainsi réduit, le gouvernement serait en mesure d’organiser –même sans l’apport des partenaires– ses propres élections.
On n’a pas besoin d’un croquis pour comprendre : les choses seraient allées facilement si l’on avait maintenu à deux tours l’élection présidentielle. Le premier combiné avec les législatives nationales et le deuxième tour combiné avec les législatives provinciales. Ainsi, les députés provinciaux allaient aisément élire les sénateurs et les gouverneurs de province. Et les choses allaient évoluer normalement comme en 2006.
Or, pour cette législature, le processus a pris un grand retard. Lors de l’exposé de son évaluation à l’Assemblée nationale, le président de la CENI l’a si bien évoqué : la débâcle, si débâcle il y a eu, devrait être partagée entre son institution et le Parlement. Pourquoi le Parlement ? Le retard pris dans l’examen et l’adoption de la nouvelle loi portant organisation et fonctionnement de la CENI n’a pas facilité la tâche à la CENI pour organiser, dans le délai, tous les scrutins escomptés.
Les conséquences de ce retard se font sentir et planent encore sur la suite du processus électoral. S’il en est ainsi des élections locales, c’est qu’il faut carrément ranger dans les tiroirs les élections locales et municipales. Et, c’est la démocratie à la base qui prendra un sérieux coup. Au grand dam de la population qui attend des changements radicaux dans beaucoup de domaines de la vie, surtout le social.
C’est maintenant clair. Toute l’arrogance affichée par le bureau de la CENI n’était que du gribouille pur et simple. Le gouvernement devra également rendre compte au peuple pourquoi il n’est plus en mesure de financer les élections alors que c’était la principale justification pour réduire l’élection présidentielle à un seul tour. Ceux qui croyaient courir plus vite que toute la nation se font finalement rattraper par le temps.