

On l'a échappé belle et on continue à l'échapper. Des fossoyeurs opiniâtres avaient tendu une embuscade mortelle à d'économie nationale en prévision du lancement de nouvelles coupures du Franc congolais.
Tout a été mis en place, nous renseigne-t-on en haut lieu, pour que le 02 juillet fît son entrée fracassante dans les annales macabres de l'économie nationale.
La filière du crime économique, portée à l'avant par des motivations politiciennes, tenait à frapper un grand coup. La sortie de nouvelles coupures devait coïncider avec une flambée irrationnelle des prix sur le marché. Ces derniers devaient partir du simple au double pour certaines denrées, au triple pour d'autres et au quintuple pour une catégorie ciblée de produits.
Le plan prévoyait une alimentation frauduleuse des réseaux informels de distribution au même moment que la BCC devait approvisionner les banques commerciales. Ainsi, dès l'aube du 2 juillet, les comploteurs tenaient à ce que les premiers billets de 10.000 FC et de 5.000 FC flottent déjà dans les rues des cités profondes de la capitale.
Nul n'a besoin d'une explication élaborée pour comprendre ce qui serait arrivé soudain à travers les différents marchés de la capitale. Les balises précieusement maintenues par la troïka économique du pays auraient irrémédiablement sauté. Les prix se seraient emballés de manière folle à travers la ville. La contagion aurait été immédiate à travers les grandes villes du pays, dont Lubumbashi, Matadi, Goma et Kisangani.
Chat échaudé
Des opérateurs mal intentionnés avaient prévu de se faire payer leurs créances en dehors de toute procédure fixée par la BCC. Aussitôt, les nouveaux billets en leur possession, il était question de les larguer entre les mains de quelques cambistes préalablement conditionnés.
Ces derniers devaient jouer un rôle plus qu'actif dans le dérèglement du taux de change.
Le plan a été étudié et soigneusement monté à partir d'officines politiques décidées à faire démentir l'optimisme du Gouvernement et de l'Institut d'émission. Tout pouvait donc basculer et a failli le faire.
Heureusement que, prévenu sans doute du plan de sabotage, le Gouvernement, avec l'appui discret des services spéciaux, a pris toutes les mesures conservatrices requises.
Aucune hémorragie n'a été constatée dans le rationnement des banques commerciales. Jamais comme cela n'a été fait auparavant, le Gouvernement a verrouillé le circuit de mise en circulation des billets. Et les banques commerciales gèrent leurs provisions pratiquement sous tutelle de la troïka économique.
Contrairement au passé, même lors du lancement de la coupure de 500 FC, aucun nouveau billet ne court les rues. Les nouvelles valeurs faciales sont déjà en circulation, mais la rue kinoise et celle d'ailleurs au pays, les recherche comme du diamant. Cela dure déjà 48 heures. C'est un exploit sans précédent et une indication claire sur la suite des opérations.
Pensant rééditer le sinistre exploit réalisé au lancement de la TVA en janvier 2012, les fossoyeurs de l'économie nationale en ont eu pour leurs frais.
Il faut dire qu'échaudé par les ratés de la mise en application de la TVA, le Gouvernement est devenu plus alerte que jamais.
LP