
Le train des mesures pris par le gouvernement en vue de restaurer la sécurité, de consolider la stabilité politique et celle du cadre macroéconomique a raffermi la confiance des entrepreneurs en ce mois de juillet 2012. Ce que renseigne la Banque centrale du Congo dans sa dernière livraison du baromètre de conjoncture de l’économie nationale.
Dans le même élan, la BCC note que le début des discussions du projet de budget à l’Assemblée nationale a, par ailleurs, constitué un signal positif pour les milieux
d’affaires en ce qui concerne la perspective d’engagement des dépenses par l’Etat, en sa qualité d’agent institutionnel majeur, notamment en matière d’acquisition des biens et services pour son fonctionnement.
Ainsi, pour le cinquième mois consécutif, note-t-elle, les résultats des enquêtes de conjoncture de juin 2012 montrent que les chefs d’entreprises, dans leur ensemble, sont demeurés «confiants» quant aux perspectives favorables de la conjoncture économique en RDC. A cet effet, le solde global brut d’opinions des entrepreneurs s’est établi en juillet 2012 à +6,4% contre +8,7% enregistré en mai dernier.
Malgré ce léger repli, cette évolution, qui situe l’indicateur de confiance des entrepreneurs à un niveau nettement supérieur à la valeur nulle, témoigne, poursuit la BCC, «de la poursuite de la reprise de l’activité économique dans le pays depuis bientôt plus d’une année». De l’avis de l’Institut d’émission, «des perspectives de plus en plus favorables au plan international et national semblent soutenir cet optimisme qui tend à s’inscrire dans la durée».
Confiance soutenue dans le secteur des services
De tous les secteurs passés sous scanner par la BCC, le secteur des services est celui où la confiance des chefs d’entreprises est restée «soutenue» par une activité qui est demeurée vigoureuse, avec un solde d’opinions favorable s’établissant à +28,6% en juin, après + 46,7% un mois plus tôt. Ce maintien d’optimisme de la part des entrepreneurs confirme, pense la BCC, «le dynamisme qui caractérise ce secteur tout au long du premier semestre de l’année 2012».
Dans le secteur des industries manufacturières, le retour de l’optimisme des chefs d’entreprises, observé depuis avril dernier, s’est maintenu au cours du mois sous revue, mais tout en étant marqué par un «effritement important». Ainsi, le solde brut d’opinions des entrepreneurs dans ce secteur est passé, d’un mois à l’autre, de +25,2% à +3,2% en juin. Ce repli est à mettre en ligne avec la détérioration des prévisions de l’emploi et de la demande dans ce secteur.
Dans le secteur industries extractives, les chefs d’entreprises ont continué à afficher leur pessimisme quant à la poursuite d’une conjoncture relativement solide. Cependant, le solde brut de leurs opinions, qui avait pourtant donné des signes de redressement en mai dernier, en se situant à -5,9%, s’est détérioré en tombant à -13,5% juin. Selon la BCC, cette morosité s’explique en partie par la poursuite du mouvement baissier de cours des matières premières sur les marchés mondiaux et par la détérioration, notamment des conditions sécuritaires dans la partie Est du pays.
Par contre, le secteur de la construction peine à retrouver son dynamisme. Le pessimisme qui a marqué l’opinion des entrepreneurs au cours de deux derniers mois, s’est poursuivi en juin, avec cependant une moindre ampleur. Le solde brut d’opinions, dont la détérioration avait atteint - 68,4% en mai, s’est replié à -15,8% un mois plus tard. Cette tendance au rétablissement de l’optimisme est expliquée, d’une part, par le retour des conditions climatiques favorables à la poursuite des travaux de construction avec l’avènement de la saison sèche et, d’autre part, par la perspective de la reprise des dépenses de l’Etat et du redressement de la demande dans ce secteur.