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A l'appel de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) des millions de catholiques auxquels se sont joints des Congolais de bonne volonté et épris de paix et de justice, sont descendus dans la rue à travers toute l'étendue de la RDC pour manifester leur ras-le-bol face au danger qui menace l'intégrité territoriale de leur pays.
Cette mobilisation générale va en droite ligne du mot d'ordre lancé par le gouvernement de Matata Ponyo dont la position face à l'agression du pays est critiquée par une frange importante de la population qui aimerait voir la RDC administrer à Paul Kagame la leçon qu'il mérite à cause de son attitude de mépris vis-à-vis du peuple congolais. Grâce à cette démonstration de patriotisme réussie à cause de l'implication des évêques congolais, l'homme fort de Kigali et ses complices vont sans doute revoir la copie de leur plan machiavélique sur le RDC. Mais ont-ils compris le vrai message que les Congolais ont voulu adresser à tous ceux qui s'amusent à les considérer comme de bons à rien, irresponsables à souhait et prêts à trahir leur pays pour une congrue pitance ?
A travers cette marche les catholiques et d'autres Congolais viennent de prouver à la face du monde que quelles que soient leurs divergences politiques, du reste communes à tous les pays du monde, ils se sont pas du tout prêts à laisser tomber la moindre position, minime fut-elle, de leur territoire national. Ils savent et sont conscients qu'ils n'ont que cette terre comme héritage leur légué par leur ancêtres. Ce patrimoine fabuleusement doté des immenses potentialités n'a pas été acquis de manière frauduleuse ou par invasion terroriste. C'est le ciel qui a voulu que cette partie de l'Afrique soit comblée de tant de richesses de diverses natures. Personne donc quelle que soit sa puissance ne doit oser aller à l'encontre de ce que la nature a décidé. Et les pères fondateurs de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), ancêtre de l'actuelle Ua, comme s'ils étaient tous d'origine congolaise avaient voté une résolution interdisant toute velléité de révision des frontières hérités de la colonisation, une manière de dire catégoriquement que les pays africains vont garder intacte leur configuration actuelle, quelles que soient les tentatives de déstabilisation des ennemis de l'Afrique.
Après ce 1er août, le gouvernement devrait comprendre la direction que les Congolais veulent lui donner. Il s'agit de se rendre à l'évidence qu'il n'est pas question du tout d'hypothéquer la souveraineté du pays acquise au prix de mille et un sacrifices et de se lancer dans un dialogue hasardeux dont le but serait de satisfaire les appétits des hégémonistes dont les intentions sur la partie est de la RDC ne sont plus un mystère. Quand il s'agit de dialogue il faut savoir déterminer le vraie interlocuteur avec qui on peut arriver à un résultat positif. Il faut éviter de tomber dans le piège de loups qui se présentent comme des agneaux. Face à un voisin aussi ombrageux que Kagame il faut se munir de toute l'intelligence et fermeté pour ne perdre ses plumes.
Et l'après marche ?
Les catholiques et les Congolais de divers horizons ont bien sûr investi les rues et dit tout haut qu'ils ne veulent pas de la balkanisation de leur pays. Qu'ont-ils récolté de cette marche ? Quelle conséquence va avoir cette manifestation ? Les pantins de M23 vont-ils pour autant décider de cesser de jouer leur sale jeu ? Ou leurs commanditaires vont-ils se raviser et comprendre une fois pour toutes qu'il est impossible de réussir leur plan face à un peuple résolument décidé à défendre son honneur et sa dignité ?
Le mieux aujourd'hui pour les évêques congolais est de s'impliquer activement pour la recherche d'une solution définitive à cette guerre dont le cerveau s'appelle Paul Kagame. Pour ce, les prélats devraient par exemple constituer une délégation qui se rendrait à Kigali rencontrer leurs confrères rwandais pour leur faire part de la volonté des Congolais de vivre en paix avec tous leurs voisins y compris ceux du Rwanda. S'il en faut, à l'exemple du Christ qui s'est permis de dialoguer avec le diable au désert, ils peuvent prendre langue avec l'homme fort de Kigali pour le mettre devant ses responsabilités et prévenir des conséquences qui découleront de son obstination à vouloir demeurer source de division entre les peuples de la RDC et du Rwanda. En tout état de cause il n'est pas permis à la CENCO de s'arrêter en si bon chemin. Elle doit user de toutes les voies possibles pour réussir là où les politiciens ont échoué surtout à cause de leurs intérêts personnels et croisés. La mission du clergé ne consiste pas uniquement à convertir le cœur des peuples mais aussi à obtenir leur salut durant leur séjour sur terre et la paix constitue une des composantes essentielles de ce salut.
Rombaut Ot.