
Sur le principe, la marche du 1er août a été un succès. Dans un nombre appréciable de communes, les chrétiens catholiques en particulier et la population congolaise en général, ont répondu spontanément et en grand nombre à l'appel des princes de l'Eglise. Des marrées humaines se sont signalées sur les principales artères de la capitale. Les agresseurs de la Rdc et leurs sponsors ont été avertis.
Mais de l'avis de plusieurs analystes, la marche de l'Eglise n'a pas connu l'affluence qu'on attendait. A voir le thème ayant servi à la mobilisation ainsi que la campagne de sensibilisation qui a précédé, beaucoup étaient sûrs que tout Kin serait dans la rue hier. On s'attendait à un mouvement d'une envergure sans précédent dans l'histoire du pays.
Il se fait que dans le concret, la crainte de voir la marche déraper à cause d'infiltrés a produit des réflexes qui ont fini par inhiber la détermination de la multitude. Dans plusieurs quartiers de la capitale, la population a douté de l'issue de la marche à cause de la forte présence policière à travers la capitale.
Une frange importante de la population qui redoutait des drapages, a cru bon de ne pas s'engager dans la bataille de ce mercredi 1er août.
Cette psychose générale s'est nourrie bien avant le rendez-vous de l'Eglise de tout le climat de méfiance et de suspicion qui a entouré les préparatifs de la marche. Il y a, pour commencer, l'Eglise qui, elle même, a longtemps insisté sur la menace d'infiltration qui pesait sur sa marche. A plusieurs reprises, et ce par le biais de ses princes, elle a lancé une sévère mise en garde contre tous les récupérateurs politiciens.
Tout est possible
Au sein de la classe politique, particulièrement dans certains milieux de la Majorité, le ton était monté pour mettre l'Eglise en garde contre toute récupération politicienne de l'action envisagée. Et voilà que dès le mardi soir, les carrefours stratégiques de la ville étaient assiégés par des éléments de la police nationale très dissuasifs. Le doute n'a fait que s'amplifier au sein de l'opinion publique.
De toutes les façons, il n'y avait pas moyen de faire autrement. Le Gouvernement a certes donné son aval à l'action de l'Eglise. Mais, il n'a pas non plus manqué de prendre en amont toutes les précautions d'usage pour que les ennemis de la patrie ne sévissent pas.
Tout le monde sait combien les forces centrifuges sont en quête du moindre incident, pour briser la cohésion nationale. Il a donc fallu ménager le chou et la chèvre. Même si l'action attendue a reçu un coup de plomb dans l'aile. Le plus important, c'est que les ennemis du Congo ont perçu le message leur lancé à sa juste valeur.
Le premier test de cohésion nationale ayant réussi, appartient désormais à l'Etat de promouvoir et d'encourager une future action d'envergure réellement nationale contre nos agresseurs. Une journée mémorable, où les Congolais de tous les secteurs de la vie nationale vont observer un arrêt de travail sur toute l'étendue de la République pour une marche de protestation sans pareille.
Depuis que le gouvernement et l'Eglise ont su démontrer que pour l'intérêt supérieur de la nation, ils peuvent regarder dans la même direction, le miracle devient possible.
LP