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Le Phare s'est fait l'écho, dans sa livraison du lundi 13 août courant, de la mission suspecte effectuée à Luanda par le président ougandais Yoweri Museveni, avant le sommet de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs à Kampala (7 et 8 août 2012), en vue de dissuader son homologue angolais Dos Santos d'envoyer des troupes au Nord-Kivu. Cette information livrée par le journal The Guardian, vient d'être confirmée par le quotidien kenyan «Africa News », dans son édition d'hier jeudi 16 février.
En plus de la confirmation de la rencontre entre les deux chefs d'Etat et du «deal » auquel ils sont parvenus, ce journal se répand en révélations étonnantes sur le jeu caché de Yoweri Museveni. A en croire Africa News, Dos Santos serait retombé dans le doute, au lendemain de la réunion de Kampala ayant achoppé sur la configuration de la future Force internationale neutre à déployer le long de la frontière entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo.
Le scepticisme du président angolais serait alimenté par des informations faisant état de la participation des troupes ougandaises aux attaques menées par le M23 contre les FARDC peu avant les sommets d'Addis-Abeba et de Kampala. Le régime de Luanda serait par ailleurs au courant de la poursuite des infiltrations des soldats ougandais et rwandais au Nord-Kivu, en dépit des assurances de Yoweri Museveni selon lesquelles son pays observerait la neutralité dans la crise politico-militaire de l'Est de la RDC.
Afin d'apaiser Dos Santos, signale Africa News, le président ougandais a dépêché son ministre des Affaires Etrangères à Luanda peu avant la réunion des experts militaires et des services de sécurité des Grands Lacs, réunis à Goma le mardi 14 et mercredi 15 août 2012 en vue de redéfinir la nouvelle configuration de la Force internationale neutre appelée à sécuriser la frontière congolo-rwandaise. Il semble que Dos Santos ne croit toujours pas en la sincérité de ses homologues rwandais et ougandais qu'il soupçonne de continuer à appuyer le M23, comme ils l'avaient fait en 1996-97 contre Mobutu et entre 1998 et 2003 contre Laurent Désiré Kabila d'abord et son fils, Joseph Kabila, ensuite.
Dans le souci de ne pas être surpris par les événement, fait savoir Africa News, le président angolais n'aurait toujours pas abandonné l'option de faire intervenir ses troupes aéroportées d'élite au Nord-Kivu, afin de mettre un terme, une fois pour toutes, à l'aventure militaire du M23 et de ses parrains rwando-ougandais.
La méfiance de Dos Santos se serait accrue lorsqu'il a appris que ses homologues Museveni et Kagame bouderaient le projet de faire participer des soldats de l'Angola et du Congo/Brazzaville dans la force internationale neutre. Africa News révèle que le vice-président du Kenya, Stephen Kalonzo Musyoka, qui s'était farouchement opposé au projet de mise en place de cette Force internationale d'interposition entre le Rwanda et la RDC, a involontairement apporté de l'eau au moulin du président angolais. En affirmant que cette initiative n'allait pas apporter une solution durable à l'insécurité au Nord-Kivu, le délégué du Kenya a poussé le maître de Luanda à se méfier davantage des promesses de Museveni de contribuer à la résolution pacifique de la guerre de l'Est du Congo démocratique.
Selon Africa News, Dos Santos redoute terriblement l'effet de boomerang sur son pays, au cas où son géant voisin venait à être déstabilisé.
Il est à espérer que les officiels congolais vont prendre à cœur les informations mise sur la place publique par ce quotidien kenyan et arrêter les dispositions utiles face à la manière dont Museveni gère le dossier sécuritaire du Nord-Kivu. Le doute devrait être de mise non seulement face aux propositions de ce médiateur dont le camp est archiconnu, mais aussi de ses co-facilitateurs, les anciens présidents du Nigeria Olusegun Obasanjo et du Kenya Benjamin Mkapa. La nation congolaise est en grand danger de balkanisation. La vigilance doit être permanente dans les rangs des défenseurs des intérêts du peuple congolais.
Kimp