

Que faire pour mettre fin à la guerre qui prévaut dans l'Est de la République Démocratique du Congo? La question fait le tour des salons politiques, voire de certaines missions diplomatiques. Depuis, chacun tente de proposer sa piste de solution.
Lors de sa conférence de presse du 22 juillet dernier, le chef de l'Etat, Joseph Kabila, avait indiqué qu'il envisageait trois pistes pour solutionner la situation du Kivu
: militaire, diplomatique et politique. La proposition de Kinshasa était du reste bien accueillie par le Mouvement du 23 mars (M23).
Le mouvement rebelle a, par le truchement de son porte- parole, le colonel Vianney Kazarama, a souligné qu'il est prêt à se mettre autour d'une même table avec les autorités de Kinshasa, afin de réévaluer les accords de Goma signés le 23 mars 2009 entre le Pouvoir de Kinshasa et l'ex-Conseil National pour la Défense du Peuple (CNDP). A ces accords à réévaluer, le M23 ajoute deux autres points : la vérité des urnes et l'amélioration du social des Congolais.
Visions différentes
Bien que Joseph k Kabila ait envisagé la possibilité d'option politique pour pacifier le Kivu, plusieurs acteurs de sa famille politique, la Majorité Présidentielle (MP) ne veulent pas entendre parler des négociations avec le mouvement. Le dernier en date s'appelle Puis Muabilu, député élu de la ville de Kinshasa et président du Congrès National Congolais (CNC).
Pour lui, les négociations permettraient au mouvement rebelle de replacer ses pions au sein des institutions politiques et militaires de notre pays comme c'est fut le cas avec le CNDP. Cette position st celle que défend Lambert Mende, ministre des Médias et porte-parole du Gouvernement depuis toujours.
C'est du côté de l'Opposition où l'on soutient la solution politique avec à la clé une rencontre entre le chef de l'Etat et la mouvance oppositionnelle afin de mettre en place ce qu'on d'aucuns qualifient «d'une entente nationale». Mais, jusque-là, la démarche de l'Opposition n'a pas encore abouti. Cette dernière boude le Comité national consultatif mis en place par la Présidence de la République. La même opposition a également boudé l'invitation lui lancée par le Premier ministre Matata Ponyo, estimant que ce dernier «n'était pas qualifié» de parler de la situation qui prévaut au Nord-Kivu.
Que faire alors?
La réponse à cette question vient de Bruxelles où le révérend Jean-Paul Moka, co-médiateur avec l'ancien président ghanéen John Kufuor pour la crise en RDC. D'après l'agence de presse chinoise Xinhua, qui rapporte cette information, Jean-Paul Moka a appelé lundi 13 août le président Joseph Kabila à «mandater, formellement et conformément à la Constitution, une équipe pour organiser une table ronde» face à la détérioration de l'insécurité dans les provinces orientales des Kivu, frontalières avec le Rwanda.
Pour lui, cette initiative aura pur intérêt de «consolider la volonté de la grande majorité des Congolais de vivre à nouveau une cohésion nationale, face aux agressions récidivistes de l'Est du pays». «Seule une approche médiane, en de- hors des camps politiques radicalisés et jusqu'auboutistes, peut encore offrir une occasion de répondre à cette situation critique, pour la survie de notre démocratie naissante et notre intégrité territoriale», a estimé le révérend Moka.
Pour lui, «la mobilisation internationale réussie de la co-médiation internationale pour une résolution de la crise post-électorale ainsi que la réussite de la marche de l'espérance lancée par la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) offrent des gages de garantie pour réunir tout le monde autour une même table». Au niveau de l'Opposition on n'estime que cette composante doive être considérée comme le principal interlocuteur des tenants du Pouvoir. «L'essentiel est celui de chercher comment sauver la nation au lieu de penser d'abord au partage des postes», entend-t-on dans certains milieux politiques.
CONGO NOUVEAU