L’Acaj demande la libération du Gabonais Agano Elemba Joseph-Trésor

Dans une lettre datée du 14 mars 2017, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) se dit profondément préoccupée par l’arrestation et la détention à l’Agence nationale de renseignements (ANR) de M. Agano Elemba Joseph-Trésor, directeur général de la société ADS CO depuis le 2 février 2017. L’ONG de défense des droits de l’Homme précise que ce sujet gabonais est arrêté pour un litige commercial avec le ministre Bahati Lukwebo.

 

En effet, dans sa lettre adressée à l’Administrateur général de l’ANR, dont le Potentiel a obtenu une copie, Acaj écrit à ce dernier qu’elle «est profondément préoccupée par le fait que vous ayez ordonné l’arrestation et la détention de M. Agano Joseph depuis plus ou moins 40 jours alors que le dossier est en instruction au parquet général. Elle constate que le ministre Bahati a utilisé énormément sa position officielle pour conclure une affaire commerciale ».

 

Quel est le fond du problème ? Acaj fait la relation des faits au directeur général de l’ANR en lui révélant que le ministre Bahati a signé un contrat programme en faveur de son établissement Groupe Taverne. Ce contrat reposait sur une commande de 30.00C tonnes de ciment gris à la société ADSCO représentante d’une cimenterie turque et fournisseur de ciment en RDC, représentée par son directeur général M. Agano Elemba. La livraison de cette marchandise devrait être effectuée en deux tranches de 15.000 tonnes pour un montant global évalué à 5.880.00C USD.

 

Seulement voilà. Alors que le navire transportant ladite marchandise était déjà dans les eaux congolaises avec 26.500 tonnes de ciment, le ministre Bahati a usé de sa position officielle pour faire malmener M. Agano Elemba ainsi que son collaborateur de rationalité marocaine, lequel est reparti chez lui depuis.

Il a traité ces deux persor.nes d’escrocs. Et Acaj de rappeler que le Parquet générai de Kinshasa/Gombe instruit ce dossier sous RMP 8872/PC/KANT/2016. Toutefois, après instruction de l’affaire au parquet général de Kinshasa, M Agano sera libéré sous condition et une commission rogatoire n°6815/RMP.8672/PG/KANT du 23 novembre 2016 sera envoyée au parquet général de Matadi pour faire saisir les 26.500 tonnes de ciment. Il s’agissait d’une mesure conservatoire en attendant la conciliation des comptes et le règlement du litige dans l’intérêt de deux parties, cela en application de leur transaction du 17 novembre 2016.

 

C’est que, pendant que cet investisseur gabonais était en détention, la cargaison était en train d’être déchargée à Matadi afin d’être remise à la société Taverne.

 

Par conséquent, Acaj dénonce le trafic d’influence qui émaille de cette affaire et la violation des droits de l’Homme, particulièrement en ce qui concerne l’article 50 de la Constitution qui stipule que tout étranger qui se trouve légalement sur le territoire national bénéficie des mêmes droits et libertés que le Congolais, excepté le droit politique. Acaj ajoute que les arrestations et détentions au secret de même que les mauvais traitements sont constitutifs de crime contre l’humanité, crime imprescriptible au regard de la convention des Nations unies contré la torture, mauvais traitements et cruels.

 

En définitive, Acaj, dans sa correspondance, demande à l’ANR de relâcher M. Agano Joseph et de laisser le parquet général de Kinshasa/Gombe poursuivre son instruction dans l’intérêt de toutes les parties.

Par LP

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