Destitution du gouverneur du Haut- Katanga: Et si KAZEMBE n’était que le chaînon d’une longue chaîne d’autorités par défaut?

Ceux qui ont eu à le côtoyer disent de lui que c’est quelqu’un de prétentieux, imbu de lui-même et friand du culte de la personnalité.

Jean-Claude KAZEMBE MUSONDA, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est le profil type de la grande majorité de dirigeants congolais dont les antivaleurs l’emportent généralement sur la vertu et la compétence.

Élu, sur mot d’ordre de la Majorité présidentielle, à la tête de la province du Haut-Katanga le 26 mars 2016, après sa création en 2015 à la suite de l’éclatement de l’ex-province du Katanga,le gouv’ « mapeka épaulette » (prétentieux dans le jargon Kinois)  a été déchu de son poste de gouverneur  mardi 18 avril 2017 suite à une motion de censure introduite par le député provincial Jean MWANDWE.

Une année et 23 jours de gestion calamiteuse, de conflits avec l’appareil législatif de la province, d’inefficacité, d’opacité dans  la gestion et de mauvaise relation avec certains de ses ministres.

Son adjointe Bijou MUSHITU KAT N’FUND, ayant démissionné  par opportunisme quelques heures avant la destitution du gouverneur, a déclaré mardi à la presse avoir vécu un calvaire sous sa gestion.  Corroborant ainsi toutes les accusations sur les relations tendues qu’entretenaient l’ex-gouverneur et ses collaborateurs ainsi que sa mauvaise gestion. Cela ne l’absout pas pour autant pour s’était-elle tue?

Dans un document parvenu à la rédaction de 7SUR7.CD, l’homme se targuerait d’avoir réuni d’un seul coup la somme de 27.600.000 US $ pourtant l’encaissement de ces millions, n’est ni le fait de son génie ni encore celui de sa compétence. Ces millions dont se vante KAZAMBE sont le résultat de ce qu’on appelle en finance publique des recettes exceptionnelles car non prévisibles. D’autant plus que personne ne savait que Dan Getler aller vendre ses parts dans MUMI SARL à Glencore.  C’est sur cette transaction que la Province a prélevé une taxe.

Egal à son ego, au lieu de se référer  à l’Assemblée provinciale, son autorité budgétaire, il cherche à flatter KABILA en sollicitant dans ce document l’autorisation au chef de l’Etat pour la construction d’un Aéroport moderne à Lubumbashi.  Est-il au courant qu’il existe une taxe Go Pass ? Sait-il à quoi sert la Régie des Voies Aériennes ?

Mais KAZEMBE n’est que le résultat du clientélisme remarqué dans le choix des dirigeants autant des provinces que des ministres en RD Congo. Le critérium n’est souvent que politicien lorsqu’il s’agit de doter les institutions publiques de leurs animateurs.

L’histoire du Congo, nous rappelle que l’Administration publique congolaise a été politisée depuis l’époque coloniale. Cela s’est poursuivi après l’indépendance car non préparé à prendre la relève de la gestion du pays, le congolais tâtonnant et trahi par un bas niveau d’instruction va recourir au tribalisme et aux arrangements informels pour se choisir les animateurs de ses institutions. Ainsi  57 ans après l’indépendance, la gestion de la chose publique n’a été caractérisée que par des détournements des deniers publics, la corruption et l’impunité, la forte tendance à l’inversion de l’échelle des valeurs notamment, aux niveaux des critères de recrutement, des animateurs de la fonction publique où les critères de recrutement même que elle est fait de manière démocratique restaient encore obscurs.

La mise en place des acteurs sous couvert des parapluies politiques, issus d’origine, d’obédience et tendance politique a occasionné l’établissement d’un État autoritaire ayant des institutions politisées qui échappent complétement au contrôle.

Pourtant, l’appareil administratif doit être indépendant, neutre et plus proche des administrés. Il doit être animé par des acteurs ayant des compétences pour une gestion rationnelle des ressources, dont le but est d’aboutir à un développement intégral et à l’exécution des tâches quotidiennes d’intérêt général.

Mais le sombre tableau que présentent nos provinces prouve à suffisance que nous sommes loin d’atteindre les objectifs fondamentaux de l’administration comme remarqué dans certains  États. L’administration de nos provinces est loin d’être  de  développement socio-économique. Abandonnés à son triste sort et souvent dans la crasse (comme à Kinshasa)  ou dans l’insécurité  (comme au Kasaï et au Nord-Kivu),   les administrés subissent l’incompétence et le désintéressement des autorités provinciales « par défaut », lesquelles pourtant devaient  prendre des décisions concernant la réalisation et la satisfaction des besoins communautaires.

Alphonse MUDERHWA

2 commentaires sur “Destitution du gouverneur du Haut- Katanga: Et si KAZEMBE n’était que le chaînon d’une longue chaîne d’autorités par défaut?

  1. Rien de surprenant dans tout ça. Promener votre micro a travers la ville de Lubumbashi et vous sentirez combien es gens se sentent libérés de l’asphyxie instaurée par Jazzman et sa famille MP. Au diable. Les signes parlent. Attention. Ça ne fait que commencer.

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