Querelles autour de la Primature en RDC : Jean-Pierre Alumba rappelle que les élections priment sur les postes

Dans un entretien à bâtons rompus qu’il nous a accordé, Jean-Pierre Alumba Lukamba, tête d’affiche de la diaspora congolaise lors des pourparlers de la cité de l’UA, livre l’économie de ses idées face aux sujets d’actualités. Mais, aussi, les dessous des cartes des rencontres qu’il initie au niveau international toutes ces dernières semaines. La diaspora, signale-t-il, a finalement compris au fil du temps que la plupart des politiciens congolais travaillent beaucoup plus pour leur parti, famille et leur cercle d’amis plutôt que pour servir les intérêts de la population. Privilégiant les élections, comme seule voie de sortie de la crise actuelle au Congo-Kinshasa, les congolais de l’étranger, martèle-t-il, ne comptent soutenir à présent que ce qui va dans le sens de l’organisation le plus tôt possible des élections. Jugeant le changement répétitif des Premiers Ministres et Gouvernement comme des éléments de blocage de l’organisation des joutes électorales, Jean-Pierre Alumba confie que lui et les siens prennent acte de la venue de Bruno Tshibala à la Primature, tout en le conseillant de privilégier, dans sa gestion, le bon cheminement du processus électoral. Mais, encore, qu’il veille à l’amélioration du social des congolais avant même la célébration du 57ème anniversaire de l’indépendance du pays. Le Congo ne saura nullement se remettre sur pieds sans ses fils et filles. D’où, il interpelle chaque citoyen à apporter sa contribution pour l’avancement de la République Démocratique du Congo. Ci-dessous, l’intégralité de ladite interview.

Depuis peu vous survolez le monde, enchaînant des rencontres au niveau international. Peut-on savoir vos motivations ?

J-P Alumba : C’est suite à une invitation du Conseil de Sécurité des Nations Unies que nous nous sommes rendus aux Etats-Unis pour partager avec eux sur la situation générale de l’Afrique et de la RDC, en particulier. Etant un Congolais qui aime son pays, j’ai profité de cette occasion pour améliorer l’image de mon pays. Ce qui va permettre aux investisseurs de venir et créer des emplois, partant réduire le taux de chômage. ​

Vous êtes signataire de l’Accord de la Cité de l’Union Africaine. Et, même à distance, vous avez suivi de près les discussions directes du Centre Interdiocésain. Que pensez-vous de la nomination de Bruno Tshibala ?

J-P Alumba : Nous avons pris acte de la nomination du nouveau Premier Ministre, surtout qu’il est issu de l’Opposition/Rassemblement, selon les recommandations de l’Accord de la CENCO. Une chose est vraie, c’est un homme qui a beaucoup évolué aux côtés du Dr. Etienne Tshisekedi. Donc, ce n’est pas un enfant de la rue qui est ramassé​ pour remplir une haute fonction au pays. Comme vous le savez très bien, Dr. Tshisekedi ne faisait pas confiance à n’importe qui.

Les discussions directes se sont clôturées avec un goût d’inachevé, que pouvez-vous dire à ce sujet ?

J-P Alumba : Je pense que c’est un travail qui peut toujours être achevé si les uns et les autres mettaient leur  » ego » de côté, s’ils regardent beaucoup plus l’intérêt de la population que leur ambition personnelle à diriger pendant la transition. Il y a encore le CNSA qui doit-être mis en place, je crois que nos compatriotes qui sont mécontents, peuvent déployer plus d’énergie pour se retrouver dans cette structure très importante de la transition. Se focaliser beaucoup plus sur les élections ferait d’eux des grands leaders visionnaires.

L’UE, l’UA, la Belgique et même les Nations Unies ont pris position suite à la désignation de Bruno Tshibala comme successeur de Samy Badibanga. Quelle est la réaction de la diaspora ?

J-P Alumba : ​ La diaspora patriotique a finalement compris que la plupart de ces politiciens travaillent beaucoup plus pour leur parti, famille et leur cercle d’amis que pour les intérêts de la population. Nous allons soutenir toute démarche qui va nous amener aux élections et surtout que nous allons voter pour la première fois dans l’histoire de notre pays, nous autres de la diaspora. Pour nous, changer chaque fois des Premiers Ministre​s ou le gouvernement, cela nous éloigne de plus en plus des élections.

Les défis sont légions –à commencer par la composition du Gouvernement- pour le nouveau chef de l’Exécutif congolais, avez-vous un conseil particulier ?

J-P Alumba : Un conseil, il ne doit pas se laisser distraire par le comportement de nos politiciens. Il doit se focaliser sur son défit majeur qui est l’organisation des élections tel que souhaité par tout le monde. Il doit se faire entourer des technocrates, des vrais patriotes actifs qui ont les capacités et l’expérience de la bonne gestion. Des hommes et femmes disciplinés, des gens peu conflictuels et équilibrés. En outre, il doit tout faire pour améliorer le social de notre peuple avant le 57ème  anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance. La diaspora compte l’épauler dans cette lourde charge. Bruno Tshibala doit aussi s’investir à doter notre pays d’une forte et active équipe des diplomates aguerris qui vont réduire les interférences des autres pays dans nos affaires nationales et bien protéger les congolais qui vivent à l’étranger.

Un mot de la fin ?

J-P Alumba : Le Congo ne sera construit que par nous-mêmes, dressons nos fronts.

​J​e remercie tous ceux qui soutiennent notre famille pendant cette période très difficile​​ que nous traversons, je crois que vous êtes au courant que j’ai ​perdu mon jeune frère pendant que j’étais en mission aux USA ?​ Paix à son âme !

Une interview réalisée par Danny Ngubaa

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Un commentaire sur “Querelles autour de la Primature en RDC : Jean-Pierre Alumba rappelle que les élections priment sur les postes

  1. Aux Congolais de l’étranger de plancher sur les thèmes ou projets du futurs.
    – comment assurer la sécurité du territoire (frontières, biens et personnes);
    – éradiquer la fraude, la corruption;
    – degagisme;
    – justice transitionnelle (privation de droits civiques, port de bracelet électronique à vie pour les voleurs de l’argent public.

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