Elections, insécurité, crise économique et sociale, chômage, … : Bruno Tshibala sacrifié !

En prenant connaissance du programme de la nouvelle équipe gouvernementale, tel que décliné par Bruno Tshibala devant l’Assemblée Nationale, le mardi 16 mai 2017, l’unique sentiment largement partagé était celui du « déjà vu et déjà entendu ». L’on a eu la nette impression d’être tantôt à l’écoute d’Adolphe Muzito (2008- 2012), tantôt d’Augustin Matata Ponyo (2012-2016), tantôt de Samy Badibanga (novembre 2016 – mai 2017).

 

A la différence de Muzoto et Matata, qui avaient eu le temps matériel nécessaire pour tenter de faire quelque chose, sans vaincre l’insécurité, ni stabiliser l’économie nationale, l3runo Tshibala vient d’être chargé d’une mission impossible à réaliser en sept mois.

On retient que d’ici la fin de l’année 2017, il devrait :

 

1) œuvrer, pour l’organisation des élections crédibles, libres, transparentes et apaisées dans les délais convenus;

2) arrêter la dégradation de la situation économique du pays ;

3) améliorer les conditions e vie de la population;

4) restaurer la sécurité des personnes et de leurs biens sur l’ensemble du territoire national.

 

Il faut se demander si le Premier ministre lui- même croit en ce qu’il a débité devant les députés nationaux. Car pendant qu’il tentait de se donner bonne conscience en soutenant qu’i4 va amener le peuple congolais aux urnes dans es « délais convenus », non seulement le toilettage du fichier électoral est devenu incertain en raison de l’insécurité dans le Grand Kasaï, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Nord-Katanga, et même Kinshasa après l’évasion des milliers de prisonniers de Makala, le financement du processus électoral n’est pas acquis avec un budget non encore déposé au Parlement au beau milieu de l’année civile.

 

C’est le lieu de relever aussi que pendant qu’il parle de l’étude des voies et moyens pour réduire les coûts des élections, la Majorité Présidentielle bat campagne pour le référendum, une activité électorale aussi budgétivore que les élections présidentielle et législatives nationales. Le schéma de révision de la Constitution ne va nullement dans le sens de la transparence ces scrutins et il ne le sait que trop bien, pour avoir fait la prison à cause des événements du 19 septembre 2016.

 

Par quels mécanismes va-t-il arrêter la dégradation de la situation économique, si Muzito n’avait pu le faire après l’atteinte, en 2012, du « Point d’Achèvement de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés »… qui avait permis l’effacement de près de 9 milliards de dollars de dettes extérieures. Et Matata n’avait pas pu réussir le redressement économique et social avec la « stabilisation du cadre macro-économique » et le taux de croissance le plus fort de l’Afrique Subsaharienne (8,5).

 

Comment va-t-il réunir les moyens de sa politique avec le pillage systématique des ressources naturelles (or, damant, cuivre, cobalt, coltan, étain, pétrole, bois…) sur l’ensemble du territoire national et une production intérieure presque nulle, et la faillite de fait de plusieurs entreprises publiques fonctionnant comme des canards boiteux ? Pendant que la monnaie nationale pique du nez au jour le jour, la planche à billets n’arrête pas de tourner pour faire face notamment aux dépenses « politiques » ? Pour arrêter la saignée, va-t-il procéder aux rabattements des salaires politiques et des frais de fonctionnement des institutions ? Même si telle était son intention, de quel pouvoir dispose-t-il pour mettre les animateurs des institutions à la diète?

 

Comme si cela ne suffisait pas, une énième provocation a été lancée aux fonctionnaires, qui attendent depuis 2003, l’application du fameux barème de Mbudi négocié avec feu Z’Ahidi Ngoma d’heureuse mémoire. C’est illusoire que de faire croire à un agent de l’Etat qui perçoit difficilement l’équivalent de 60 dollars le mois, que ses conditions sociales vont connaître une nette amélioration.

 

Bruno Tshibala maîtrise-t-il les tenants et aboutissants de la guerre de l’Est, vieille de plus de 20 ans, que les FARDC, la Monusco et la Brigade d’intervention des Nations Unies réunies n’arrivent pas à éradiquer, à cause de multiples complicités internes et externes? Le nouveau Premier ministre a-t-il le bras suffisamment long pour s’attaquer à un fond de commerce qui fait vivre des Etats, des multinationales et des individus ? Quant au front du Grand Kasaï, il devrait se renseigner auprès de son ministre de l’Intérieur pour savoir le nombre de missions de bons offices qu’il a déjà conduites dans cette partie de la République sans pour autant trouver une solution durable au phénomène Kamuina Nsapu.

 

Bref, Bruno Tshibala est sacrifié, car lancé au devant d’une série d’échecs qui l’attendent sur les fronts des élections, de la sécurité, de l’économie, et du social. Le moment venu, les vrais responsables du gâchis vont le lâcher et se tourner vers un nouveau bouc émissaire, à recruter dans les rangs de l’Opposition alimentaire.

Par KIMP

 

loading...

6 commentaires sur “Elections, insécurité, crise économique et sociale, chômage, … : Bruno Tshibala sacrifié !

  1. IL EST RATTRAPER PAR L’ESPRIT DE PILLER LE CONGO POUR SES INTÉRÊTS PERSONNELS APRES 30 ANS D’OPPOSITION. RIEN DE BON NE SORTIRA DE SES CONGLOMÉRANT DES AVENTURIÈRS QUI
    S ÉLARGIE A TSHIBALA.

  2.  » Le moment venu, les vrais responsables du gâchis vont le lâcher et se tourner vers un nouveau bouc émissaire, à recruter dans les rangs de l’Opposition alimentaire. »

    Bien dit » l’opposition alimentaire de kasa-vubu » kie kie kie kie

  3. Bruno Tshibala est l’un des Meilleurs premier Ministre dela rdcongo qui relevera le defit des elections et du developpement.N’en deplaisent au reveurs et autres pessimistes de mauvais gout.
    La rdcongo n’est pas une propriete du Clan Tshisekedi qui se trouve maintenant aux abois.

Ajouter un commentaire