A L’OCCASION DE SA SORTIE OFFICIELLE :L’Opposition républicaine se prononce pour le respect de la Constitution

Forte mobilisation hier mardi 9 décembre à Romeo Golf à l’occasion de la sortie officielle de la coalition Opposition républicaine (OR). Dans une salle archi-comble, et survoltée, la plate-forme chère à Léon Kengo wa Dondo a réaffirmé son attachement au respect de la constitution du 18 février 2006.

Pour l’OR, elle est principalement le résultat d’un consensus bâti à Sun City sur la base d’un compromis politique autour de la question de la légitimité du pouvoir et des animateurs des institutions de l’Etat. Ce, à la suite d’une longue guerre d’agression ayant occasionné des pertes en vies humaines estimées à six millions de morts. Outre la révision constitutionnelle, l’Opposition républicaine s’est également prononcée sur les Concertations nationales, le processus électoral, l’Office national d’identification de la population et la situation de l’insécurité qui prévaut à l’Est.
Dans la salle du Romeo Golf où a lieu la manifestation, des banderoles affichées aux murs proclament de go les exigences de la coalition : « L’Opposition républicaine réclame un calendrier électoral consensuel et global », « l’OR dit oui à l’alternance en 2016 », « l’OR dit non au changement de mode de scrutin » ou encore « l’OR condamne les massacres de Beni et du Katanga ».
Dans un discours de 9 pages, prononcé par le modérateur de la plate-forme, le professeur Florentin Mokonda Bonza, a saisi l’opportunité de la sortie de leur regroupement pour aborder certaines questions d’intérêt national qui doivent faire l’objet d’un débat républicain : les Concertations nationales, la révision constitutionnelle, le processus électoral, l’Office national d’identification de la population et la situation de l’insécurité qui prévaut à l’est du pays, particulièrement à Beni.
Selon l’OR, fidèle aux recommandations des Concertations nationales, la constitution du 18 février 2006 représenté un condensé essentiel des compromis politiques majeurs des assises nationales relatives à diverses crises politiques qui jalonnent l’histoire de la RDC. Cette constitution, souligne-t-on à l’Opposition républicaine, est principalement le résultat d’un consensus bâti à Sun City sur la base d’un compromis politique autour de la question de légitimité du pouvoir. « Toute constitution démocratique contient en effet un ensemble d’options primordiales que le peuple fixe, une fois pour toutes, pour exprimer, à la fois sa volonté de vouloir vivre ensemble et la manière dont il entend être gouverné. » Et dans la constitution du 18 février 2006, analyse le modérateur de l’OR, « ces options sont contenues dans l’article 220 qui les a rendues intangibles ».
Pour tout dire, l’Opposition républicaine s’en tient à l’esprit et à la lettre de la première recommandation du groupe thématique n°1, à savoir : « Affirmer l’engagement de toutes les parties à consolider la cohésion nationale et à sauvegarder le pacte républicain, notamment par le strict respect de la Constitution, particulièrement dans ses dispositions voulues intangibles par le souverain primaire relatives au respect de la forme républicaine de l’Etat, du principe du suffrage universel, de la forme représentative du gouvernement, du nombre et de la durée du mandat du Président de la République, de l’indépendance du pouvoir judiciaire, du pluralisme politique et syndical, de la non réduction des droits et libertés de la personne ou des prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées ».
S’agissant du processus électoral, l’Opposition républicaine soutient le principe de la publication d’un calendrier global incluant tous les scrutins, en commençant par les élections locales, municipales et urbaines en vue de promouvoir la démocratie à la base et d’asseoir la décentralisation. L’autre recommandation de l’OR, tirant les leçons des élections de 2006 et de 2011, est l’établissement d’une part d’un calendrier consensuel et global afin de prévenir tout dérapage futur, d’autre part, d’un nouveau fichier électoral fiabilisé tenant compte de tous les jeunes qui ont atteint, entretemps, l’âge de 18 ans.
Pour résoudre durablement le problème d’insécurité à l’Est, l’Opposition républicaine exhorte le gouvernement à mettre rapidement en œuvre les recommandations 2 et 10 du Groupe thématique n°3 : « Accélérer et faire du processus de réforme des FARDC, de la Police et des services de sécurité l’une des grandes priorités nationales pour les cinq prochaines années ». Pas seulement. « Entreprendre des actions de grande envergure à la fois politiques, diplomatiques et militaires pour l’éradication, avant la fin du mandat de la brigade spéciale d’intervention, de tous les groupes armés étrangers et le rapatriement de leurs combattants et/ou membres, notamment les FDLR, les ADF/NALU, les LRA, les FNL, les Mbororo… ». Didier KEBONGO