Choléra-Sud-Kivu : « Les habitants de Baraka et des alentours ont besoin d’une réponse urgente adéquate et d’accès à l’eau potable » (MSF)

Le 31 août dernier, Médecins Sans Frontières « MSF » s’est alarmé de la faiblesse de la réponse d’urgence en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement à Baraka (zone de santé de Fizi), qui permettrait de prévenir et de contrôler l’épidémie de choléra en cours depuis fin mai 2018.

MSF a constaté une hausse importante du nombre de patients atteints du choléra admis et pris en charge dans le Centre de Traitement du Choléra (CTC) de Baraka depuis fin mai 2018. Un total de 554 patients a ainsi été soigné entre le 28 mai et le 19 août, soit une moyenne de 46 cas par semaine pendant 11 semaines.

« Cela représente près de 70% des cas de choléra rapportés dans la province par la Division Provinciale de la Santé (DPS) du Sud-Kivu sur cette période, province qui est la deuxième plus affectée par le choléra dans le pays depuis le début de l’année, juste derrière le Kasaï Oriental », indique MSF.

Trois mois après le début de l’épidémie, la réponse pour prévenir et stopper la propagation de la maladie à Baraka et aux alentours reste très largement insuffisante selon Médecins Sans Frontières, et la population affectée ne dispose toujours pas d’eau potable en quantité suffisante.

« Au-delà de la prise en charge médicale des patients atteints par le choléra, assurée par le BCZ avec l’appui de MSF et grâce à laquelle nous avons pu jusqu’à présent éviter des décès dans le CTC, il est urgent que la réponse à l’épidémie s’améliore en terme d’accès à l’eau potable, notamment à travers la mise en place de points de chloration et des activités de promotion de la santé » a fait savoir Fernando Galvan, chef de mission de MSF au Sud Kivu.

« Médecins Sans Frontières » interpelle ainsi les autorités et les acteurs humanitaires sur l’urgente nécessité d’une réponse forte pour permettre à la population d’accéder durablement à l’eau potable et aux services d’hygiène et d’assainissement nécessaires pour stopper la propagation de la maladie.

Sans ces mesures urgentes souligne MSF, les habitants de Baraka continueront d’être exposés à répétition à cette maladie dangereuse mais évitable qui surcharge le système de santé déjà fragilisé par l’insécurité, le manque de moyens et les difficultés d’accès.

Jephté Kitsita