Dossier des frontières RDC-Rwanda : la validation à Kigali : Le Parlement congolais méprisé.

Pourquoi les membres de la commission mixte RDC-Rwanda ont-ils choisi Kigali pour procéder à la validation des conclusions des travaux de démarcation des frontières communes?

Pourquoi ont-ils retenu la date du 15 septembre prochain qui tombe comme par hasard et par enchantement le jour prévu pour la rentrée parlementaire à Kinshasa ? Autant de questions qui taraudent Les esprits des observateurs et les Congolais qui soupçonnent un complot contre les intérêts majeurs de la nation. En terminant leurs travaux le 30 août dernier, les experts de cette commission mixte pouvaient réserver la primeur des conclusions de leurs travaux aux gouvernements de deux Etats, en attendant les débats au niveau de deux chambres de leurs parlements respectifs.

En effet, qu’on le veuille ou pas, il s’agit d’une question sensible et d’une charge émotionnelle indéniable du fait qu’il n’y a pas si longtemps, l’on a vécu au niveau de la frontière commune à Kibumba des accrochages sanglants entre des éléments des FARDC et ceux de l’armée rwandaise, qui se sont soldés par la mort d’un militaire congolais enlevé avant d’être exécuté au Rwanda. Son corps fut retrouvé trois jours plus tard dans la brousse avoisinante de la frontière commune, couvert des traces des tortures, preuve que ses bourreaux n’avaient pas fait dans la dentelle et l’avaient soumis à des traitements dégradants et inhumains.

Visées hégémoniques de Kigali

Connaissant le cynisme et la mauvaise foin qui caractérisent le régime au pouvoir au Rwanda et sachant d’avance que Kigali n’a pas encore bien digéré la lourde défaite subie par des éléments de son armée; régulière portant frauduleusement les couleurs du M23, les autorités de Kinshasa ont fait montre d’une naïveté impardonnable qui risque de coûter cher à la nation congolaise et probablement les conduire elles-mêmes tôt ou tard devant la Haute Cour de Justice pour haute trahison. De même, Kigali n’a jamais caché ses visées hégémoniques sur la RDC, considérée comme sa terre d’exploitation et de peuplement. Essentiellement le Kivu, où le régime au pouvoir à Kigali a toujours rêvé de déverser des populations rwandaises, ce qui lui permettrait d’évoquer dans un avenir lointain ou proche le principe d’autodétermination des peuples en vue de proclamer le rattachement à la patrie-mère, à l’instar de la Russie qui vient d’annexer la Grimée sous les yeux et la barbe des puissances occidentales, encore tétanisées par tant d’audace et de témérité.

Méfiance des Congolais vis-à-vis du FPR

Tout compte fait, ce n’est pas le moment favorable ou opportun pour procéder à la démarcation des frontières communes dès lors que là méfiance n’a pas encore été évacuée au sein des populations congolaises, victimes des rébellions créées régulièrement et toujours sous des prétextes fallacieux, avec un bilan macabre qui n’a rien à envier à celui du génocide rwandais de 1994.
Selon Roger RACHIDI Tumbula, expert du gouvernement provincial du Nord-Kivu dans la commission mixte «sur le lac Kivu, il suffirait de se servir des hors-bords dotés des GPS pour retrouver dés coordonnées géographiques ». Preuve s’il en faut une que l’on peut s’appuyer sur des instruments de la technologie moderne pour procéder à la démarcation des frontières entre la RDC et Rwanda. Car, comme les experts.. de cette commission mixte ont déjà constaté des pertes des bornes frontalières, quand et comment va-t-on les retrouver ? En outre, au regard de la méfiance des. Congolais vis-à-vis du régime au pouvoir à Kigali, la sagesse devrait recommander le gouvernement de Kinshasa de privilégier l’expertise internationale pour ce faire. D’autant plus qu’il existe des cartes géographiques au Musée de Tervuren à Bruxelles, dans les archives du Ministère des Colonies, au Musée Royale Géographique de Londres et ailleurs dans le Monde.
F.M.