Ebola : réveil tardif de l’Union africaine

Imaginerait-on en Afrique un chef traditionnel qui se manifesterait plusieurs semaines après que l’incendie a été déclaré dans son village ? Inconcevable. C’est, hélas, ce que vient de faire l’Union africaine face à Ebola avec la tenue hier d’un sommet consacré à ce mal.
L’organisation panafricaine a attendu des mois avant de se pencher sur une épidémie qui décime des Africains ! Pas seulement. Un mal qui risque de compromettre le  » léger mieux  » en termes de croissance constaté dans presque toutes les régions de l’Afrique. Une épidémie de nature à replonger le Continent noir dans les abysses de l’afro pessimisme. Last but not least , une maladie qui fait planer sur l’Afrique le danger de l’ostracisme . Les professionnels de l’Afro- bashing ne demandent pas mieux.
Face à l’ampleur de l’épidémie et aux conséquences qu’elle charrie, l’UA ne donne pas l’impression d’avoir pris l’exacte mesure de la catastrophe en cours. C’est l’Organisation continentale qui aurait dû être en première ligne sur le front Ebola.
Certes, étant le miroir, l’UA n’est pas particulièrement mieux lotie côté finances et logistique. Mais, il n’en demeure pas moins que l’Organisation panafricaine devait être la première à sensibiliser la planète entière au drame provoqué par Ebola. Symboliquement, l’UA aurait pu inviter chaque Etat du Continent à manifester sa solidarité avec les pays touchés. Sur tous ces plans, l’UA était abonnée, au mieux, au service minimum et , au pire , à l’inaction .
Tout se passe comme si l’épidémie sévissait hors du continent africain. Ce n’est en tout cas pas de cette manière que l’Organisation continentale va s’attirer la sympathie et encore moins l’adhésion des Africains lambdas. Lesquels auront beau jeu de continuer à critiquer l’UA exactement comme ils le faisaient avec sa devancière OUA. Aux yeux de la majorité d’Africains, l’Organisation panafricaine apparaît davantage comme un syndicat de chefs d’Etat que comme une  » affaire  » des peuples. De là à conclure que OUA et UA, c’est bonnet blanc et blanc bonnet, il n’y a qu’un pas. Faut-il le franchir ? José NAWEJ