Henri Mova remplace Evariste Boshab

 

Dernière manoeuvre au PPRD : Henri Mova succède à Evariste Boshab

C’est finalement Henri Mova Sakani, actuel ambassadeur de la RDC au Benelux (Belgique, Nederland et Luxembourg), qui remplace Evariste Boshab au poste convoité de Secrétaire général du PPRD. La désignation de Mova est intervenue le vendredi 15 mai lors de la clôture du Congrès du PPRD qui s’est tenu à la Fikin (Foire internationale de Kinshasa) durant deux jours. Henri Mova l’a emporté facilement sur Ramazani Shadari, député national et président du groupe parlementaire PPPRD à l’Assemblée nationale. Ancien ministre des Transports sous Laurent-Désiré Kabila, Mova est parmi les rescapés de la purge politique que Joseph Kabila avait opérée en 2001 chez les encombrants compagnons politiques de son père. Les fameux « tontons » du nouveau chef de l’Etat étaient tellement gênants qu’il fallait à tout prix s’en débarrasser pour assoir l’autorité du nouveau prince. Mova s’en était pas mal tiré sous le magistère de Josh kabila avec un poste d’ambassadeur en Belgique en remplacement de l’ambassadeur Jean-Pierre Mutamba. Il succède donc à Boshab nommé depuis décembre dernier vice-premier ministre en charge de la sécurité et de l’intérieur. Boshab, lui-même ayant succédé au charismatique Vital Kamerhe, le patron de l’UNC. Après le Kivu, le Kasaï, le secrétariat général du parti présidentiel va au Katanga. Certains analystes pensent que cela n’est pas une bonne chose car il fallait que ce poste soit dévolu à une personnalité de l’Ouest de la RDC. Marie-Ange Lukiana, originaire du Bandundu, ancienne Secrétaire général adjointe sous l’ère Kamerhe et ancienne ministre, en avait largement le profil selon un politologue contacté par la rédaction de 7SUR7.CD. Ce dernier estime que la prochaine candidature étant quasiment acquise au gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, après qu’il soit rentré sagement dans les rangs de la Majorité présidentielle, ne donnera pas une bonne image du PPRD qui aura à la fois un candidat à la présidentielle et un SG issus de la même province : le Katanga. Cela sera sans doute un handicap pour ce parti dont l’image d’unité nationale sera mise à mal. Mais la candidature de Mova n’a pas que des handicaps. Mova est un grand intellectuel qui est fécond sur le plan littéraire avec la publication des plusieurs ouvrages. On ne pas en dire autant de son challenger, Ramazani Shadari. Très limité sous tous les plans, il a toujours été présenté comme exécuteur des plans concoctés par les têtes pensantes de la majorité. Shadari à la tête du PPPRD ça aurait été la continuité car il n’a pas assez d’envergure politique et intellectuelle pour réfuser de prendre ses ordres chez Evariste Boshab. Ce qui n’est pas le cas de Mova Sakani dont l’indépendance d’esprit et d’action vis-à-vis de Boshab est avérée. Avec l’arrivée d’Henri mova à la tête du PPRD on doit s’attendre à des véritables mutations.