Le double message de Korongo


Les observateurs sont d’avis que la décision de la compagnie aérienne Korongo Airlines de se retirer, jusqu’à nouvel ordre, du réseau domestique congolais comporte un double message.

Le premier s’adresse à la RVA (Régie des Voies Aériennes) et le second aux utilisateurs des aéronefs (voyageurs et opérateurs économiques spécialisés dans le fret). S’agissant du premier message, il se veut une interpellation en rapport avec l’état des infrastructures aéroportuaires dans notre pays. En prenant à témoin l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale), qui veille aux normes de sécurité et de confort pour les biens et les personnes à travers le monde dans le secteur du transport aérien, Korongo Airlines laisse croire que la RDC ne serait pas à la hauteur des standards internationaux. Autrement dit, s’il est établi que l’espace aérien ainsi que les pistes congolaises n’offriraient pas des garanties suffisantes de sécurité, la RVA devrait justifier toutes les taxes qu’elle collecte sur le dos des passagers pour les vols nationaux et internationaux. Car, le justificatif principal avancé pour alourdir les coûts des billets d’avions est que ces fonds devraient servir à moderniser les aéroports congolais.
Le second volet du message de Korongo Airlines se présente sous la forme d’un avertissement sans frais aux Congolais et étrangers résidant en RDC sur les risques qu’ils prendraient en voyageant par avion dans l’espace aérien congolais. En d’autres termes, les aéroports congolais seraient devenus des sites que ne pourraient fréquenter que dés candidats au suicide collectif.
Face au dangereux tacle de Korongo Airlines, la RVA ne devrait plus se contenter des discours ou des documentaires télévisés sur les petits écrans au sujet des travaux d’aménagement en cours ou planifiés dans le cadre de la modernisation des aéroports de Kinshasa, Kisangani, Lubumbashi et Goma. Elle devrait permettre aux voyageurs domestiques et aux équipages de vivre l’effectivité des mesures correctives prises en vue de prévenir des « crashes » en phase de décollage et d’atterrissage.
Il ne suffit pas, à cet effet, de citer les compagnies aériennes internationales qui ont toujours exploité l’escale de Kinshasa, même à l’époque où la piste de N’Djili présentait des fissures inquiétantes, avec une couverture anti-incendie précaire. Le challenger à gagner est celui de l’aménagement, au-delà de Kinshasa, Kisangani, Lubumbashi et Goma, des pistes et aérogares qui puissent faire des aéroports de Matadi, Borna, Bandundu, Kikwit, Gemena, Bumba, Mbandaka, Kananga, Tshikapa, Mbuji-Mayi, Kindu, Buta, Isiro, Bunia, Beni, Butembo, Bukavu… pour ne citer que cet échantillon, des sites d’accueil des vols sécurisés. L’on croit savoir que l’intention de Korongo Airlines voudrait voir la RDC devenir un pays de l’avion, avec des risques réduits pour les voyageurs et les transporteurs aériens, propriétaires des aéronefs. Bref, plutôt que de polémiquer, la réponse de la fiabilisation des vols devrait venir du terrain.
Kimp

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