Le projet « Cité du Fleuve » connaît une forte adhésion des Congolais

La « Cité du Fleuve » est, sans doute, le projet de lotissement en forte progression en ce temps de boom immobilier. Grâce à la technique de ventes modulaire mise en place par Robert Choudury, directeur-gérant du projet « Cité du Fleuve », cet investissement a acquis l’adhésion de tous les Congolais. Si l’année 2014 a connu un ralentissement dans la construction et la livraison des appartements, à la suite des difficultés logistiques et d’approvisionnements en matériaux de construction, aujourd’hui les travaux s’accélèrent à un rythme effréné. Ce projet qui n’est qu’à 10% de réalisation, soit 35 ha sur environ 380 à lotir, pour un investissement qui dépasse déjà les 100 millions Usd, est accepté par tous. Il connaît une forte adhésion des populations congolaises, sans doute, en raison de la localisation du site et des conditions alléchantes d’acquisition d’appartement-phare. Dans une interview exclusive au Potentiel, Robert Choudury n’a éludé aucune question. Interview.

 

Quel état des lieux dressez- vous de la réalisation du pro- je « Cité du Fleuve »?

Aujourd’hui, le projet est très avancé. Nous avons un boum de ventes que nous avons eu du mal à gérer, l’an dernier. En 2015, nous avons été amenés à agrandir notre structure, soit au niveau de la main-d’oeuvre, soit de l’achat des matériaux de construction. Aujourd’hui, nous avons pu organiser et nous sommes en train de récupérer le retard que nous avons accumulé au début de l’année. La demande est très forte et comme toujours le problème majeur est celui de construire et de livrer les maisons selon la demande.

 

Quelle est l’étendue du site mise en valeur et pour quel investissement?

Nous venons de réaliser 10 % du projet, c’est-à-dire 35 ha sur environ 380. Nous avons pompé du sable pour étendre la plate-forme, cela de manière non stop pendant un an. Quant à l’investissement, il vient de dépasser les 100 millions de dollars américains.

 

Quelles sont les conditions d’acquisition d’un lotissement ou appartement à la « Cité du Fleuve »?

Dans notre politique, nous essayons de privilégier le client et rendre les conditions d’acquisition attrayantes. Elles sont les mêmes comme pour notre produit-phare qui est un appartement de trois chambres à coucher pour un espace de 150 m2 avec deux salles de bain, cuisine équipée, splits à 185 mille dollars américains. Mais nous n’exigeons qu’un dépôt initial de 50 mille dollars américains et nous accordons deux ans au client sans intérêt pour apurer le solde.

 

Quelles opportunités offrez-vous à la clientèle?

Les opportunités ! Cela nous fait autant de problèmes, car il ne suffit pas de construire des maisons et des routes neuves pour avoir un nouveau comportement. Il faut imposer une nouvelle gouvernance, que ce soit au niveau des paraboles satellitaires pour la pollution visuelle pour de l’ordre routier, que de la gestion des ordures.

 

Nous travaillons en partenariat avec l’Hôtel de ville sur la question de la gestion des ordures. Le service nous apprend à séparer les ordures organiques et non organiques pour permettre leur évacuation aisée. Mais les comportements sont résistants et nous devons mener un grand travail d’information et de communication pour que les habitants suivent nos initiatives. Les opportunités que nous offrons à notre clientèle sont donc les conséquences de nôs initiatives. Mais en termes de comportement, il y a encore du retard et c’est une très grosse charge qui pèse sur nous.

 

La Cité du Fleuve est en concurrence avec deux autres projets de lotissement moderne sur les sites de la Fikin et à l’ex-pépinière de BandaI. Quelle est l’originalité de votre projet?

Cela est avantageux pour nous que de nombreux projets naissent et évoluent dans la ville de Kinshasa. Tout supporte un marché immobilier et aussi un marché hypothécaire qui .soutient p forte demande. Je pense néanmoins qu’ils n’ont pas trouvé le bon produit. De notre côté, nous en avons trouvé immédiatement et nous avons plus de chance. Et plus, le site qu’ils ont choisi n’est pas aussi attrayant et n’offre pas les mêmes opportunités que le nôtre.

 

Cité ultramoderne à côté d’une autre pauvre appelée, « Grand Monde ». Comment résoudre ce contraste saisissant entre ces deux mondés antithétiques?

Quand on lotit à Kinshasa, on fait face à des endroits qui sont moins favorisés. Il faut savoir les côtoyer et leur faire profiter du bienfait de la modernité. Nos employés et ouvriers viennent pour la plupart de ce quartier qu’appelle « Grand Monde ». Aujourd’hui, grâce au projet « Cité du Fleuve », ce quartier grandit et il est des habitants nous disent : « Depuis que vous êtes là, nos enfants vont à l’école ». Il ne faut pas seulement voir le mauvais côté des choses. C’est vrai que le contraste est effectivement saisissant et choquant parfois. Mais il faut brûler la corde de deux côtés et le peuple gagne quelque chose. La vérité aussi, c’est qu’il ne faut pas se faire d’illusion. La majorité des Congolais ne pourront pas, dans un futur très proche, se permettre d’accéder à ce que nous faisons. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas le faire. C’est une question d’approche, de communication et de sensibilité. Il faut savoir jouer entre les lignes et ne pas compromettre l’investissement.

 

La réalité de la Cité du Fleuve contraste quelque peu avec les maquettes qui ornaient autrefois vos bureaux sur avenue Kasa-Vubu. C’est-on écarté de son plan d’aménagement initial?

Oui et non à la fois. Le plan initial était fait pour illustrer aux autorités avec lesquelles nous négocions et au peuple congolais auquel nous nous adressions le projet et les intentions. Ces maquettes ayant été faites dans un autre environnement, nous avons utilisé des images d’immeubles qui sont beaucoup plus spectaculaires. Notre objectif est de construire ce que les clients demandent et achètent. Vous nous avez demandé comment nous nous situons par rapport aux projets de Bandai et de la Fikin qui ont réalisé des immeubles plus proches de nos maquettes, mais ne vendent rien. Donc, il est préférable d’avoir un produit qui n’est pas celui sur la maquette mais qui se vend. Nous avons donc répondu à la demande. Ça ne sert à rien de construire un immeuble de 20 étages mais qui n’ont aucune valeur. Il vaut mieux vendre dé manière modulaire, construire un petit immeuble après un autre. Pour l’instant, c’est cela qi marche. Nous ne perdons pas de vue le plan initial, il viendra un moment où nous ferons des immeubles bien plus importants.

 

Que valent en termes de temps et d’investissement total du projet Cité du Fleuve?

L’investissement total vaut plusieurs milliards de dollars américains, Le temps, on ne peut pas jouer plus vite que la musique. Nous avons une très forte demande à laquelle nous essayons de nous adapter. Mais retenez que les douze mois qui viennent d’écouler ont été très difficiles en termes de logistique et de fourniture. Cela a constitué un frein à la réalisation du projet. Bref, on va prendre le temps qu’il faut.

 

Quel est apport de l’Etat congolais à la réalisation du projet Cité du Fleuve?

L’apport de l’Etat est indéniable dans la réalisation du projet. C’est vrai que l’Etat congolais ne résout pas à 100% nos problèmes, mai à chaque fois que5 nous sollicitons son apport, il intervient et collabore de façon juste. C’est vrai aussi que nous ne subissons plus de tracasserie spontanée comme au début du projet. Mais il y a beaucoup de mauvaises intentions de la part de certaines personnes ou groupes d’intérêt. Comme à l’entrée du site, dans le quartier Kingabwa « Grand Monde », il y a beaucoup de spéculations, des gens viennent construire documents. Ils font de la concurrence et font de la destruction des infrastructures, il y a désordre. Mais chaque fois quand nous saisissons l’Etat, il vient rétablir l’ordre.

 

Propos recueillis

Par Saint AUGUSTIN KINIENZI