Protocole de Maputo sur les droits de la femme : Chantal Safou lance la campagne de vulgarisation en RDC


La ministre du genre, enfant et famille (GEF), Chantal Safou Lopusa a lancé lundi 30 juillet à Kinshasa la campagne de vulgarisation du Protocole de Maputo visant la protection des femmes et assurant leurs droits.

Présidente du Comité technique spécialisé « Genre et Autonomisation de la femme » de l’Union Africaine, Safou a donné le ton dans son propre pays. Elle plaide pour la mise en oeuvre intégrale des droits des femmes prescrits par ledit Protocole.

Devant la presse, elle s’est félicitée que l’Afrique dispose désormais d’un instrument juridique protégeant les droits de la femme. Une réelle avancée, dit-elle, martelant que des dispositions ont été prises pour vulgariser le Protocole de Maputo.

Le texte se penche sur la femme, ses droits, son autonomisation. Il améliore surtout la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles en favorisant leur accès et l’utilisation de l’avortement sans risque et des soins contraceptifs. Bref, l’article 14 du Protocole de Maputo autorise et prévoit des dispositions pour l’avortement médicalisé. Mais, l’avortement médicalisé est autorisé si il est lié au viol.
La ministre du genre a fait savoir que lorsqu’une fille a été violée, elle bénéficiera des structures spécialisées qui l’accompagneront dans l’avortement médicalisé. Mais, cela ne passera qu’après une vérification.

Clairement, le gouvernement ne soutient pas l’avortement mais il peut l’autoriser s’il y a eu viol établi, certifié après le constat fait par le médecin sur base d’une réquisition des services judiciaires.

« Le Protocole prévoit un accompagnement, une assistance médicale pour l’avortement pour éviter des enfants indésirables et abandonnés », explique Safou qui pense qui’il faut libérer une femme qui a subi ce traumatisme.

Dans ses 8 thématiques, le Protocole de Maputo réaffirme :
1. l’égalité des hommes et des femmes,
2. élimine la discrimination,
3. assure la protection des femmes contre toutes formes de violences.
4. Il statue également sur l’héritage,
5. et les droits de la veuve et des orphelins.

Pour Chantal Safou, il faut dénoncer les pratiques néfastes infligées aux femmes incluant les mutilations génitales féminines.

La ministre du genre a encouragé les femmes à dénoncer le harcèlement sexuel. Elle a rappelé que le Protocole de Maputo apporte son soutien aux victimes des violences domestiques incluant les services médicaux et conseils psychologiques.

A cette occasion, le Coordonnateur de la Cellule d’Études et de Planification de la Promotion de la femme, de la femme et de la Protection de l’Enfant ( CEPFE ), Mangalu a indiqué que la non publication du Protocole de Maputo dans le journal officiel a ralenti la campagne de vulgarisation de ce texte. Depuis sa publication, le processus est relancé. La campagne de vulgarisation s’étendra dans toutes les provinces avec l’appui de IPAS, une organisation non gouvernementale internationale qui travaille sur la protection des droits des femmes. Une stratégie cohérente de vulgarisation a, d’ailleurs, été adoptée par le ministère du genre pour que le texte soit publié dans les 4 langues nationales pour atteindre le plus grand nombre des congolais.

Et déjà, un cadre de suivi et évaluation sera mis en place pour apporter un appui technique aux ministères sectoriels, assurer le monitoring, participer à l’élaboration des rapports et à la mobilisation des ressources financières pour la mise en oeuvre réelle et la sensibilisation de toutes les dispositions du Protocole de Maputo.

Sachez que dans le cadre de la célébration ce 31 juillet de la journée de la femme en Afrique et de l’organisation panafricaine des femmes, l’Union Africaine a dépêché ce lundi à Kinshasa une délégation de haut niveau pour représenter le président de la Commission de l’Union Africaine à la grande manifestation prévue ce mardi au Palais du Peuple.

Adopté en 2003 par l’Union Africaine puis entré en vigueur en 2005, le parlement congolais l’a ratifié en juin 2008 mais malheureusement le texte n’a été publié au journal officiel le 14 mars 2018 que grâce au lobbying mené conjointement par les ministères du genre, enfant et famille, de la justice et Droits humains.

Alphonse Muderwa