RDC-Mines :  »on ne fabrique pas les batteries électriques avec les dollars mais avec le cobalt extrait au Congo », A. Yuma

L’ouverture solennelle de la conférence minière sur la RDC a eu lieu ce jeudi 14 juin avant-midi à Lubumbashi.
Les discours ont été prononcés par le vice-gouverneur du Haut-Katanga, Jean Kalenga, le Directeur de cabinet du ministre des mines, Valéry Mukasa, et la ministre du Portefeuille, Wivine Mumba Matipa.

Mais, la communication la plus attendue a été celle d’Albert Yuma, président du conseil d’administration de la Gécamines.
Lors de son intervention, Yuma Mulimbi a insisté sur la nécessité de revoir tous les contrats signés entre la Gécamines et ses partenaires. Toutes les études menées par les cabinets d’audit de renommée internationale démontrent noir sur blanc que la Gécamines qui a mis à la disposition de ses partenaires d’importants gisements, a connu d’énormes pertes pendant que ces derniers ont fait de gros bénéfices. C’est pourquoi tous les partenariats de la Gécamines seront revus. La Gecamines a apporté des ressources minières, éléments-clé à tout projet minier. Pourtant, elle n’a jamais perçu les dividendes. Yuma s’inspire du modèle pétrolier du Contrat de partage de production (CPP). Il a également noté l’augmentation des pas-de-porte qui passent de 35 $ US la tonne à 135 $.

 » Désormais, les pertes ou les bénéfices doivent être supportés par les deux parties. Même si on nous apporte des capitaux, on ne fabrique pas les batteries électriques avec les dollars, mais avec le cobalt extrait au Congo. Beaucoup d’entre vous pensaient à un poisson d’avril quand j’avais annoncé cette mesure en février dernier à Indaba. Je suis passé à l’acte depuis avril », a-t-il martelé.

Yuma a salué le règlement du différend entre GCM et le duo Glencore-KCC. Il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les deux parties sont parvenus à un accord qui a notamment réduit la dette de KCC de 10 milliards $ à plus de 3 milliards. Ce qui fera que la GCM touchera cette année ses premiers dividendes.

Concernant les allégations de corruption dont la Gecamines fait l’objet avec de virulentes critiques, son PCA les qualifie de  » grossiers mensonges. L’argent perçu sert à la relance de son entreprise.
Il a cité des exemples de la rénovation de l’outil de production, la mise à la retraite de façon honorable de plusieurs travailleurs, les réalisations sociales, le rajeunissement du personnel et les perspectives d’avenir.
Il justifie son optimisme par le projet Deziwa avec les Chinois qui construisent une usine moderne à Kolwezi. Deziwa entrera en production en 2020.
10 ans après, l’usine deviendra la propriété de la Gécamines. Pour lui, l’avenir des mines se jouera encore en RDC.

Malgré les ambitions de Yuma, certains doutent encore. Qu’est-ce que les premiers plans de la redynamisation de la Gécamines ont produit depuis 2010? L’usine et la mine de Deziwa seront-elles toujours opérationnelles en 2030? Ces questions valent la peine d’être posées.

La révision du Code minier a refait surface. Pour l’Etat, le nouveau code rapportera plus au Trésor public. Il n’est pas un facteur d’instabilité juridique.
Pour les autres, le progrès d’un pays ne se résume pas au changement d’une loi. Tous sont unanimes et déclarent que les mines sont épuisables. Il faut donc diversifier l’économie.

Gaby Kuba Bekanga