RDC : Paul Lokende dément avoir été arrêté en Zambie en possession d’armes

Homme d’affaires RD. Congolais, Paul Lokende est sorti de son silence pour démentir les rumeurs selon lesquelles il aurait été arrêté en Zambie avec en sa possession la drogue et les armes.

Se confiant à 7SUR7.CD mercredi 28 novembre, Paul Lokende pointe un doigts accusateur, ses détracteurs qui voudraient lui traîner dans la boue.
Il affirme également avoir été cité dans le dossier de passeport biométrique dont il serait à la base du prix très élevé.

Ci-dessous l’interview

Monsieur Paul Lokende, vous êtes un opérateur économique RD congolais. Certaines informations relayées dans des médias indiquent que vous seriez arrêtés avec des armes et de la drogue. Pouvez-vous nous éclairer sur cette question ?

J’ai répondu à cette question, beaucoup de gens dont des amis m’ont contacté de par le monde. Si vous constatez déjà sur ce document, la signature même de la personne n’est pas très authentique, ça montre clairement que le document était falsifié, et la preuve est qu’avec l’aide de la police zambienne, nous avons pu mettre la main sur les trois jeunes hommes qui étaient derrière ce document. Ils ont avoué, ils ont présenté les preuves. Vous pouvez voir même les journaux zambiens ont publié les résultats de la police. La réalité est que je suis là, je n’ai jamais été arrêté par Interpol. Tout cela était le résultat d’un jaloux comme je l’ai toujours dit.

Est-ce que ces jaloux peuvent falsifier les documents d’Interpol ?

Oui, l’Interpol est saisi, vous pouvez le contacter et la police zambienne, vous verrez que le document était signé par Stella Libongani. Chef de la diplomatie Zambienne en Namibie depuis 2015. Donc il n’est pas responsable de la police en Zambie, l’Inspecteur général de la police est Kakoma.

Donc selon vous, ces informations sont fausses?

Effectivement ! C’est une rumeur et je pense qu’il y avait quelqu’un qui était derrière, nous l’avons découvert par les témoignages et les preuves que j’ai avec moi, sauf que je n’ai pas voulu me mêler pour citer les noms des personnes, et laisser la justice zambienne faire son travail.

On vous accuse également d’être impliqué dans le dossier des passeports biométriques en RDC… Si aujourd’hui ce passeport est le plus cher du monde, c’est parce que Mr Paul Lokende n’avait pas bien négocié le contrat avec le gouvernement congolais, qu’en est-il au juste ?

Je pense que les gens doivent quitter le monde des rumeurs, surtout être honnête et aussi creuser dans ce dossier. Pour commencer, l’origine du dossier c’était le fichier général de la population, qui est un dossier qui concerne la sécurité du pays où on parlait de la carte d’identité, la carte de séjour étranger ainsi que le passeport. Le passeport n’est pas seulement un document de voyage comme nous le pensons mais aussi un document de sécurité. Je donne un exemple. Si aujourd’hui les terroristes utilisaient les passeports congolais pour aller faire un coup ailleurs à l’étranger, ce passeport va perdre son image. Donc c’est quelque chose qui est de l’intérêt général des Congolais et aussi de la sécurité du pays. Si vous regardez dans les lois de la République, vous verrez que tous les marchés en rapport avec la sécurité sont les marchés qu’on appelle des marchés spéciaux, ce sont les marchés qui ne passent pas par appel d’offre, ce que la loi dit clairement. On dit qu’on a mal négocié le contrat, laissez-moi vous parler de l’historique. Ce contrat a été signé en 2012 entre la RDC et la société chinoise Huawei qui avait gagné le marché par appel d’offre. C’était un marché légal qu’ils ont gagné mais il y a un problème qui s’est posé. Il fallait un budget d’au moins 498 millions USD pour réaliser ce projet. Et ça les Congolais ignorent, ils parlent seulement. Imaginez que la RDC devait investir 5 pourcents de ce montant qui était 20 millions et quelques dollars, et la RDC n’en avait pas. Et depuis 2012 jusqu’à 2014 quand nous sommes entrés en scène pour négocier ce contrat, la RDC n’avait pas toujours les moyens et Huawai n’avait pas pu aussi faciliter la RDC de lever les fonds. Ils avaient fait un bon plan mais il y avait des réalités pour que la RDC arrive à décrocher ce financement d’Exim Bank de la Chine. Raison pour laquelle l’ONIP s’était retrouvé dans la difficulté et ne pouvait pas lancer ce projet. C’était en deux parties, il y avait le passeport et les visas, et de l’autre côté il y avait la carte d’identité et la carte de séjour pour étranger. Et rien ne marchait. Il fallait trouver un modèle de financement favorable au pays. C’est comme cela qu’on a réuni les entreprises et structuré le deal pour que ça soit en mode BOP (Bill operate and transfert). Dans ce cas l’Etat congolais n’allait pas s’engager financièrement. D’abord avec 498 millions, il y avait un intérêt annuel de 3 pourcents sur 25 ans ; avec 5 ans en plus de période de grâce. Si vous mettez cela ensemble, combien la RDC allait frustrer le Trésor public?. Avec ce modèle quand on a sélectionné les entreprises, le critère était que l’entreprise qui allait accepter de prendre le risque pour financer ce projet sans que l’État ne s’engage financièrement, c’est l’entreprise qui allait gagner le marché. Et quand nous avons discuté avec les entreprises, il y a eu l’entreprise Semlex qui était pragmatique et rapide dans la prise de décision par rapport à leur structure d’entreprise. C’est comme ça que Semlex a pu gagner ce marché. Si vous regardez ce deal, entre un prêt de 3 pourcents l’an sur 25 ans de 498 millions, pour avoir une entreprise qui vient avec le paquet qui finance tout le projet, et que le pays en bénéficie, sans qu’il puisse s’engager financièrement, je pense que clairement, le deal financier qui était convenable pour le pays c’était ce mode de financement BOT. Il faut être honnête, on ne doit pas haïr le pays jusqu’à ce point de dire qu’un financement de 498 millions sur 25 ans par rapport à un financement qui ne coûtait rien à la République était un mauvais deal, je pense qu’il faut trouver un autre argument.

Qu’est ce qui justifie le prix surélevé du passeport congolais?

C’est ce que je dois vous expliquer, parce que jusque là on n’a pas donné les réponses qu’il faut à cette question. Quand ce projet a été initié, nous avions mis ensemble tout le projet, c’est-à-dire la carte d’identité, le passeport. Semlex devait financer tout le projet ensemble. Vous devez savoir qu’il y avait 45 millions de cartes d’identité qu’il fallait émettre et combien allait coûter la carte d’identité ? La personne qui vit au fin fond du village pour qu’elle circule a besoin de la carte d’identité. Elle doit être identifiée, être dans le fichier général de la population. Et cette personne là n’a pas l’argent. C’est comme cela que nous avions réfléchi, qu’il fallait que le prix du passeport soit un peu plus élevé pour créer un fonds et ce fonds là allait permettre à la société Semlex de financer le projet de la carte d’identité et qu’on pouvait remettre gratuitement la carte d’identité à la population. C’était ça le début du projet. Aujourd’hui nous autres nous sommes loin du projet. Le projet a changé de structure, on ne le contrôle plus, on ne peut pas répondre à la suite. Mais justifier le prix de 185 $ c’était sur base de cette théorie.

JKM