Recul de l’analphabétisme en RDC : le gouvernement doit poursuivre les réformes

Les derniers chiffres publiés par l‟Unesco et confirmés par les autorités congolaises, notamment le Secrétaire général au ministère des affaires sociales à l‟occasion de la journée internationale de l‟alphabétisation célébrée le 8 septembre dont le thème était « l‟alphabétisation et le développement durable » montre que le fléau de l‟analphabétisme en République démocratique du Congo connait un recul de plus de 6%. C‟est une bonne nouvelle qui tombe à pic et dont les efforts consentis commencent à payer.
En effet, selon cette agence spécialisée des Nations Unies, le taux de l‟analphabétisme est passé en dix ans, pour la période 2004 à 2014 de 33,3% à 27,1%. Soit un recul de près de 6%. Cette embellie que les observateurs saluent de vive voix et qui coïncide avec la rentrée scolaire 2014-2015 est sans nul doute une bonne nouvelle due à plusieurs réformes courageuses entreprises par l‟Etat congolais soutenues par les partenaires étrangers depuis dix ans. Ainsi, au-delà des centres d‟alphabétisation etde centres de rattrapage pour adultes sous la tutelle du ministère des Affaires sociales, c‟est au niveau du système scolaire que l‟on devrait ressentir cette amélioration. Ces réformes sont à la fois des ordres légal, structurel et organisationnel. Parmi lesquelles, l‟essaimage des écoles primaires partout dans le pays, la gratuité de l‟enseignement primaire devenue effective depuis la rentrée 2010 dans toutes les provinces du pays, sauf dans les villes de Kinshasa et Lubumbashi, le vote de la nouvelle loi-cadre sur l‟enseignement en remplacement de celle votée sous le ministre Koli Elombe, participent aussi à créer les bonnes conditions pour combattre l‟analphabétisme, etc. A priori, la tendance baissière qui s‟observe dans la catégorie de près de dix-neuf millions des congolais qui ne savent ni lire, ni écrire ne devait pas empêcher le gouvernement à mener de courageuses actions et de veiller que des ressources nécessaires y soient effectivement affectées et contrôlées. Bref, les reformes doivent absolument se poursuivre. D‟ores et déjà, il est exclu que l‟on se contente d‟un satisfecit béat. Car, le taux d‟analphabétisme reste encore très élevé pour un pays qui affiche des ambitions de devenir d‟ici 2030, un pays émergent. A cet effet, il faut faire l‟effort nécessaire pour affecter des ressources tant financières qu‟humaines afin d‟éradiquer cette sorte d‟obscurantisme qui ne favorise pas la qualité de l‟enseignement. Il est bon que ces efforts puissent se traduire aussi dans la qualité des hommes appelés à prester et à oeuvrer dans ce domaine si vital de la vie de l‟apprenant. Car, comme pour la construction d‟une maison, ce sont ces enseignants du niveau primaire qui posent la fondation de base pour la suite de la scolarité des élèves au secondaire et à l‟université. Que faire? C‟est également à ce niveau élémentaire que l‟écolier apprend le B.A. BA, notamment maitriser l‟écriture et la langue de l‟enseignement. Malheureusement, une fois ces bases mal posées, la suite n‟est que du bricolage et l‟édifice aura du mal à se tenir. Améliorer la qualité, c‟est aussi penser à cet homme et son profil. Un homme bien formé et pédagogiquement apte à consacrer sa vie pour bâtir de bases solides pour tous ceux qui sont appelés à gérer le pays demain.
Les plus anciens se souviennent encore que sous la colonisation et quelques années après l‟indépendance, être moniteur était quelque chose et ce monsieur était à la fois respectable, respecté mais aussi un modèle pour ses apprenants. Et à cette époque, l‟école des Moniteurs de Ngiri-Ngiri était l’une des écoles qui permettait aux jeunes gens désireux de s‟engager dans cet apostolat de s‟investir pour le devenir de la nation. Et la qualité y était. Cependant, aujourd‟hui l‟école primaire à tous les niveaux, surtout dans le réseau public est à l‟abandon total. Cela est sans doute lié, au fait que cet niveau d‟enseignement n‟attire pas les jeunes à s‟engager du fait de la modicité du traitement leur réservé. Par ailleurs, qu‟est ce qui fait que malgré l‟institution de la section pédagogique qui prédispose les jeunes à devenir enseignant, l‟école primaire n‟attire toujours pas ? Pourquoi les jeunes n‟acceptent-ils pas de prester à ce niveau ? Que faut-il pour devenir attractif ? Faut-il revoir le statut particulier de l‟enseignant en insistant sur celui du primaire ? Voici autant des questions auxquelles les autorités et les spécialistes sont appelés à répondre afin de créer les conditions nécessaires pour sauver l‟école primaire. Car, ne pas le faire à cause d‟un personnel de plus en plus vieillissant à ce niveau, l‟école primaire court vers sa perte et sa disparition. Tout le monde n‟est pas appelé à faire l‟université pour gagner sa vie.