RDC-Nomination du Premier ministre : contrainte et préalable

La nomination du Premier ministre de la 5e République ne doit pas (plus) traîner en longueur car, l’horloge des institutions tourne à plein régime.

En effet, le 15 juin marquera la fin de la session ordinaire de mars du parlement.

Or, c’est pendant cette période que le gouvernement doit absolument être investi.
S’il ne l’est pas, il faudrait envisager la convocation d’une session parlementaire extraordinaire.
Cela aura comme corollaire: de nouvelles dépenses budgétaires.
Ce qui serait un mauvais signal envoyé à la communauté nationale et celle internationale, toutes deux tatillonnes sur le credo de la bonne gouvernance que prône l’actuel leadership.

Pour le salut des deniers publics, les deux coalitions politiques CACH et FCC, ont intérêt à vite s’accorder sur la personne du Premier ministre et sur la composition du gouvernement.
La bonne gouvernance c’est aussi et surtout une bonne gestion du temps.

Mais avant la nomination d’un nouveau chef du gouvernement post-alternance, il y’a un préalable : la démission de Bruno Tshibala Nzenzhe, Premier ministre sortant en fonction depuis 2 ans à la faveur des accords politiques de la Cenco du 31 décembre 2016.

Disposé à rendre le tablier, Bruno Tshibala, à la demande du président de la République, a retardé sa démission.
Selon ses proches, sa lettre de démission est prête depuis longtemps.

C’est donc sa démission qui enclenchera de manière certaine la nomination d’un nouveau chef du gouvernement.

Cela va faire près de 4 mois que la RDC n’a toujours pas son nouveau gouvernement.
Si auparavant l’excuse de l’absence du bureau définitif à l’assemblée nationale était le prétexte, pour cacher le désaccord sur l’oiseau rare qui doit occuper la primature, aujourd’hui cet alibi ne tient plus la route car, la chambre basse a désormais un bureau définitif dirigé par Jeanine Mabunda Mudiayi.

En attendant, plusieurs noms sont cités pour occuper le poste tant convoité de Premier ministre.

Le nom de l’actuel ministre des finances Henri Yav Muland et celui d’un ancien ministre des finances sous Mobutu, tous Katangais, sont les plus cités.
L’ancien ministre de l’industrie sous Joseph Kabila, Me Jean Mbuyu, un temps favori, a vu ses chances de devenir Premier ministre, s’évanouir sans que l’on sache pour quelle raison.

Albert Yuma, le chouchou de l’ancien président Kabila, a été rattrapé par sa gestion de la Gecamines. Celle-ci lui a barré la route de la primature. Le président Félix Tshisekedi soucieux de renouer avec la coopération avec le Fonds monétaire international, ne voulait pas s’encombrer d’un Premier ministre blacklisté par les institutions de Bretton – Woods.

La nomination est annoncée pour imminente, bientôt le suspens sera levé.

Zabulon Kafubu