Affaire StarTimes : Kabila tranche

« Le dossier Startimes vient de prendre une autre tournure », affirme L’Avenir. En effet, le cabinet du chef de l’Etat a instruit l’ARPTC de ne pas donner suite à la demande formulée par la lettre signée par le ministre des PT-NTIC et celui des Médias. Dans une correspondance adressée au président du collège de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPTC), le directeur de cabinet du Président de la République, après voir examiné les pièces justificatives, note que « l‟ARPTC sera mal venue de prendre quelque décision de suspension à l‟endroit de la société StarTimes, tant que celle-ci n‟est titulaire d‟aucun droit lui ayant été octroyé par elle ».

Et L’Avenir de rappeler que « deux semaines durant, les Congolais ont assisté à un bras de fer opposant le ministère des PT-NTIC et la société de télédistribution StarTimes ». L’un accusant l’autre d’évoluer en RDC dans l’irrégularité la plus totale, et l’autre de son côté, rejetant les accusations en brandissant des papiers devant les médias audiovisuels et écrits interposés. « Les parutions devant les caméras se sont succédé, les réseaux sociaux s‟en sont mêlés, un vrai combat médiatique a été déclenché autour de cette affaire », renseigne le journal.

L’Observateur, pour sa part, penche pour « une dimension diplomatique » de l’affaire, laquelle affaire « est certainement sortie du cadre national pour devenir une mini-crise diplomatique ». C’est ainsi que quelques heures seulement après la suspension de l’entreprise chinoise de télédistribution, l’ambassadeur de Chine en RDC avait rencontré le 8 septembre à Kinshasa le ministre congolais des Postes, téléphones, télécommunications et nouvelles technologies, Tryphon Kin Kiey Mulumba, afin de connaitre la raison de cette décision. Réagissant à cette rencontre, un responsable de StarTimes a éclaté quelques heures après cette audience que « la décision de suspendre les activités de cette entreprise risquait de faire fuir les investisseurs étrangers qui se sont toujours plaints du mauvis climat des affaires en RDC ».

 

En levant la mesure de suspension dans l’affaire StarTimes “Kabila clôt la polémique” titre à son tour Le Potentiel qui, s’en prendre de gants, renseigne que “emporté dans ses hallucinations, le ministre des PT-NTIC a embarqué maladroitement le gouvernement dans un dossier qui n‟avait rien d‟illégal et de compromettant. Une lettre signée du directeur de cabinet du Président de la République et datée du 9 septembre vient de clore le litige qui n‟aura finalement existé que dans la tête de Tryphon Kin Kiey Mulumba”. Et de poursuivre : “„Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose‟, renseigne un vieil adage. Le ministre des PT-NTIC vient de le vivre à ses dépens”. Le journal rapporte qu’après avoir mobilisé ses réseaux pour faire fermer la firme chinoise, “le ministre vient de recevoir un camouflet dont il se souviendra longtemps”.

Si ce n‟est pas une lettre couperet, cela y ressemble fortement” écrit, pour sa part, Forum des As concernant l’affaire StarTimes. “L‟intervention de Me Beya Siku, directeur de cabinet du Chef de l‟Etat, apparaît avoir valeur d‟épilogue”, poursuit le journal. Dans une lettre datée du 9 septembre à l’attention du chef de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), la Présidence abroge la suspension qui avait été infligée à la firme chinoise quelques jours plus tôt par le ministre des Médias et celui des PT-NTIC. Ladite lettre indique entre autres : “De sa lecture ainsi que de l‟examen des pièces pertinentes que vous y avez annexées, il ressort que l‟ARPTC sera mal venue de prendre quelque décision de suspension à l‟endroit de la société StarTimes, tant il est que celle-ci n‟est titulaire d‟aucun droit lui octroyé par elle”, précise le directeur de cabinet du Président de la République. Exit donc la coupure de signal sur fond de gel de la licence décidée conjointement par les deux ministres avec le quitus de la Primature. Dans la même lettre, Beya Siku juge l’avis consultatif de la Cour suprême de justrice sans aucun intérêt par rapport au statut de l’ATPTC. Ainsi donc tombe le rideau sur le feuilleton StarTimes. Par une lettre du directeur de cabinet dûment mandaté par le Chef de l’Etat. Le clou de cette saga, rapporte Le Phare, aura été la décision de suspension de cette société de télédistribution prise avant-hier à l’issue d’une réunion tenue à la Primature entre le Premier ministre et les deux ministres concernés, à savoir celui des Médias et l’autre des PTT. “Il va sans dire que cette décision a provoqué un véritable tsunami dans les milieux audiovisuels où les commentaires sont allés en sens divers. Sans oublier les employés, partenaires et surtout les clients de StarTimes qui se demandaient à quel saint se vouer pour récupérer leurs frais d‟abonnement”. Ainsi, la Présidence de la République a tranché. Le signal de StarTimes sera donc rétabli incessamment pour lui permettre de fonctionner comme auparavant.

Vous avez aimé ? Partagez !