Gecamines : 12 syndicats dénoncent l’instrumentalisation de leur société à des fins politiques et sollicitent l’appui du chef de l’État dans sa modernisation

Les travailleurs de la Gecamines (GCM), représentés par 12 syndicats, ont, mardi 19 février 2019 au cours d’une conférence de presse à l’hôtel Rotana de Kinshasa, dénoncé l’instrumentalisation de leur société à des fins politiciennes.

” Nous savons Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État que certains ennemis de la République, instrumentalisent notre société à des fins purement politiciennes ou la décrédibilisent pour la défense d’intérêts particuliers que les réformes en cours dans l’entreprise viennent remettre en cause”, a déclaré Meschac Kasongo, président de l’intersyndicale.

Une allusion du président de l’intersyndicale GCM à un mémo au vitriol, sans signature attribué aux travailleurs GCM, qui décrie la gestion du staff dirigeant de la plus importante société minière en RDC.
Qui plus est, ledit mémo largement diffusé dans les réseaux sociaux, est adressé au président Tshisekedi.

Le timing de la diffusion de ce document, que Meschac Kasongo qualifie de ”tract”, n’est pas fortuit car il intervient alors que le président du conseil d’administration de la GCM, Albert Yuma Mulimbi, est cité parmi les primaturables.
L’on veut noircir son bilan pour lui barrer la route de la primature, estime l’intersyndicale.

Pour éclairer la lanterne du président Tshisekedi, les syndicalistes ont point par point réfuté les allégations de ce mémo anonyme.

Ils ont, par la même occasion, demandé au chef de l’État d’accompagner la transformation en profondeur en cours à la plus grande société minière publique du pays, initiée par Albert Yuma depuis 2010, pour doter la RDC d’un outil de production à la mesure de ses besoins économiques.

Pour revenir aux allégations qualifiées de mensongères contenues dans le mémo sans nom, voici ce qu’ont dit les syndicalistes.

  1. Sur le plan social de la Gecamines.

” Contrairement à ce qui a été affirmé dans ce courrier, l’agent Gecamines au plan social a été sans aucun doute l’agent le mieux traité de toutes les entreprises du portefeuille depuis l’installation du comité d’administration en 2010″.
Plus d’arriérés de salaire, plan social bien exécuté qui a permis à près de 3000 travailleurs de quitter honorablement l’entreprise, les soins de santé améliorés et la vente des maisons aux travailleurs à des prix abordables.

  1. Sur la production.

Les syndicalistes reconnaissent que le caractère dérisoire de la production minière de Gecamines. Déjà en 1998, la GCM ne produisait que 30.000 tonnes de cuivre, soit 16 fois moins que son pic de production (plus de 450.000 t/cu par an).
Ils attribuent cette situation de faible production notamment à la vétusté de l’outil de production et au vieillissement du personnel ainsi qu’à l’impossibilité d’accéder au crédit bancaire.

Cependant, ils affirment que des investissements en dizaines des millions de dollars USD ont été consentis dans l’outil de production afin de rehausser la production.

Les syndicalistes ont réitéré leur confiance en la direction de la Gecamines.
Pour eux Albert Yuma ferait un bon Premier ministre car il connait notamment les questions minières de la RDC pour avoir été l’un des artisans de la révision du code minier qui privilégie les intérêts nationaux.

”Si Yuma est primaturable c’est pour le bien du peuple congolais. C’est l’un des artisans du code minier. Il n’y a pas eu de megestion chez les dirigeants de l’entreprise. On veut créer la méfiance envers eux.”, a dit Meschac Kasongo.

Pour lui, la GCM ne va pas déclencher de grève. Mais va privilégier le dialogue avec les nouvelles autorités. Car, conclut-il, ça ne sert à rien de casser, on va débattre pour trouver des solutions durables aux problèmes. Intersyndicale, Meschac Kasongo.
Étaient aux côtés du président de l’intersyndicale les syndicalistes ci-après :

  1. René Lokosha de l’UPS,
  2. Jean Marie Mukalay SG CTP,
  3. Delphin Kabila le président du bureau du syndicat permanent de la GCM,
  4. Henri Katenga vice président de OTUC,
  5. Théodore Mwanza de la CDT,
  6. Ocha James, SG SYTRAGEC,
  7. David Kambund,
  8. Jacques Mande.

I.M.

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