Projet Inga III : la RDC a sélectionné un consortium sino-espagnol pour produire 11000 MW au lieu de 4800 MW

Après avoir patiné pendant plusieurs années après le retrait de la Banque mondiale en 2015, une étape décisive a été franchie dans le développement du projet Inga III censée résoudre la problématique du déficit énergétique en RDC en particulier et en Afrique en général, avec une production attendue de 11.000 MW au lieu de 4.800 MW initialement prévus.

Selon un communiqué de l’Agence de Développement du Projet Grand Inga (ADPI), un service rattaché à la présidence de la République chargé du développement du projet Grand Inga ( en dix étapes pour atteindre une production hydroélectrique de 44.000MW en un seul point), la RDC a, le 16 octobre 2018, finalement sélectionné le consortium unique qui devra développer le projet Inga III.

Il s’agit de deux groupements qui étaient resté en lice dans l’appel d’offre émis par la RDC :
1. Groupement China Inga III et,
2. Groupement Pro Inga.

Le premier est constitué de 6 entreprises chinoises suivantes :

1. China Three Gorges International Corporation,
2. State Grid International Développement Co,
3. Power Construction Corporation of China Ltd,
4. Chang Jiang Survey, Planning, Design and Research Co Ltd,
5. China Gezhouba Group Co Ltd,
6. Dongfang Electric Corporation Ltd.

Le second est constitué de sociétés espagnoles que voici :
1. Cobra Intallaciones Servicios S.A,
2. AEE Power Holding S.L.

Un ”accord de développement exclusif sur le projet Inga 3″, a été entériné par Bruno Kapandji, directeur de l’ADPI.

D’après le communiqué de l’ADPI parvenu à la rédaction de 7SUR7.CD,
Il reviendra donc à ces deux groupements, chinois et espagnol, de concrétiser le projet Inga III.

Pourquoi ont-ils été sélectionnés ?

Selon l’ADPI, ils ont pu démontrer 3 choses :

1. L’augmentation significative de la demande nationale, sous-régionale et continentale depuis le lancement de l’appel d’offres en 2010,

2. Les économies d’échelle que représentent la construction des ouvrages de base pouvant par la suite soutenir l’augmentation graduelle de la capacité totale de Grand Inga offrant par la même occasion un de plus bas prix de l’électricité au monde,

3. La cohérence avec l’enjeu de l’accélération de l’éléctrification du continent telle que définie par la Banque Africaine de Développement (Bad). La Bad en a fait un axe prioritaire de son action.
Grâce à Inga III, c’est l’opportunité unique d’offrir à l’Afrique de l’énergie propre, renouvelable, à bas coût, disponible toute l’année.

Ainsi, l’État Congolais a donné l’exclusivité du développement de Inga III à ces deux groupements (consortium unique).

En contrepartie de cette exclusivité, le consortium unique a les obligations suivantes :

1. Financer les études d’exécution,
2. Financer l’actualisation des études en fonction de la nouvelle taille du projet (11000 MW).
Il s’agit des études environnementales et sociales et les intentions d’achat de l’électricité.

À l’issue de ces études, le consortium unique doit évaluer le coût exact du projet, estimé à ce jour à 14 milliards $.

Après la détermination de son coût définitif, le projet Inga III dont être approuvé par le président de la République.

Une fois le projet approuvé par le chef de l’État, s’ouvrira un autre round de négociations pour déterminer les accords de financement et de concession.

L’étape franchie aujourd’hui est importante mais n’est que la première sur trois.

Pour rappel, la banque mondiale, qui avait financé les 1eres études de faisabilité, s’était retirée du projet Inga III pour protester contre la mauvaise gouvernance.

Il s’agissait notamment de la présélection des entreprises blacklistée par elle et du rattachement du projet directement à la présidence de la République.
La banque mondiale voulait qu’une loi soit adoptée au parlement et que le projet soit piloté par le gouvernement.

G.M.M.

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