Accord de la Saint-Sylvestre en panne: « On ne suivra pas la majorité dans sa folie », Delly Sesanga

Pas d’alternative à l’Accord politique de la Saint-Sylvestre 2016, a dit Delly Sesanga au cours d’une interview accordée dimanche à 7/7. C’est la seule feuille de route valable pour sortir de la crise, insiste-t-il.

Pour le président de Alternance pour la République,AR, plateforme de soutien à Moïse Katumbi, il faut une bonne dose de bonne foi de la part de la majorité majorité pour sortir de la crise.

La majorité présidentielle, pour avoir saborder l’Accord, emporte la responsabilité, selon Delly Sesanga.

En cas de non-tenue des élections en décembre 2017, les congolais doivent assumer leur devoir en évoquant l’article 64 de la Constitution, soutient l’élu de Luiza au Kasaï.

La CENI ne doit pas faire semblant d’organiser les élections, dénonce l’ex ministre du Plan.

Nangaa, dit-il, fait de la politique au lieu d’être technicien.

Sesanga exige la publication du calendrier électoral.

À propos de la probable candidature de Félix Tshisekedi à la présidentielle, l’ancien Dircab de J.P Bemba estime que c’est l’expression démocratique.

Mais il prévient que l’unité est la meilleure garantie pour hâter l’alternance.

Le président de l’Envol fait clairement savoir que les participations du Rassemblement au gouvernement et au CNSA appartiennent au passé. Reprendre ce débat  c’est faire le jeu de la majorité, d’après lui.

Mais que les points de l’Accord sur lesquels ils ne transigeront pas sont la tenue des élections cette année et les mesures de décrispation.

Autre chose, l’avocat d’affaires se dit prêt à passer la main à la tête de la plateforme qu’il dirige. Il ne l’a pas fait plus tôt pour y maintenir l’unité après des tentatives de débauchages de ses membres.

(Ci-dessous l’interview)

7/7:Y-a-t-il une alternative à l’Accord?
Il n’y a pas d’alternative à l’Accord de la Saint-Sylvestre pour tous ceux qui sont de bonne foi et ceux qui veulent que ce pays sorte de la médiocrité.
Il faut que les congolais aillent aux élections comme convenu.
Le chemin critique qui a été défini par le Dialogue du Centre Interdiocésain reste la seule feuille de route valable pour sortir durablement de la crise.
7/7:Pas de schéma extra Accord? Genre Transition de 6 mois sans Kabila?
De janvier jusqu’à décembre 2017 un certain nombre d’actes doivent être posés aux termes de la décrispation politique mais aussi de l’organisation des élections.
Personne n’entrevoit de passer le 31 décembre 2016 sans que les élections n’aient lieu.
Ceux qui ont pris la responsabilité de saborder l’Accord et de nous mettre devant le fait accompli emporteront la responsabilité de l’anarchie qu’ils sont en réalité en train de cultiver aujourd’hui et qui le 31 décembre mettra chaque congolais devant sa conscience pour assumer son devoir au service de la République et la construction d’un état de droit.
Les gens évoqueront l’article 64 de la Constitution.
Nous aurions pu éviter, comme nous l’avions fait l’année dernière en décembre 2016, une telle perspective! Manifestement le pouvoir ne jure que par cela.
7/7:Comment sortir de la crise?
Aujourd’hui il faut une bonne dose de bonne foi pour sortir de cette crise. Le gouvernement doit cesser de se calfeutrer dans le souverainisme éculé qui ne corresponde pas à notre temps ni à la détresse, à la misère des congolais.
Il doit prendre le courage d’engager des discussions constructives avec les partenaires extérieurs de la RDC afin de pouvoir  trouver une bouée de sauvetage aux difficultés qui l’assaillent.
Ensuite,  le gouvernement et la CENI doivent ensemble conjuguer les efforts afin que les élections se tiennent réellement. Pas faire semblant comme ils le font jusque-là. Mais s’engager de manière ferme, résolue et déterminée à ce que les élections aient lieu en décembre.
Et dans cette perspective- là,  je pense effectivement que les élections peuvent avoir lieu au mois de décembre. Du moins en ce qui concerne la présidentielle et les législatives. Et nous pouvons envisager les provinciales en mars ou avril de l’année prochaine.
En ce moment-là, la légalité aura été reconstruite et la légitimité renouvelée pour avoir de la vigueur et travailler au service des congolais.
Tant qu’on demeure dans la crise et qu’il y a des acteurs qui pensent que c’est dans cette crise qu’ils vont trouver leurs ressources à leur survie politique nous ne sommes pas sortis de l’auberge.
 
7/7:Reprendre les négociations au niveau de l’arrangement particulier?
Aujourd’hui il n’y a pas besoin d’arrangements particuliers. Nous avons un calendrier. La CENI doit sortir un calendrier électoral pour dire comment est-ce qu’on peut faire pour tenir les élections en décembre. La CENI doit ouvrir ses livres et être beaucoup plus transparente. La CENI ne doit pas faire semblant de vouloir organiser les élections alors qu’en réalité elle tire les chose en longueur.
Le gouvernement doit débloquer de manière effective, pas simplement en termes d’effets d’annonce, les moyens pour que les élections aient lieu. S’il ne les a pas, Il doit s’engager dans une politique plus transparente de la gestion des finances publiques et trouver un accord avec les partenaires pour que avec l’appui de ces derniers, conjugués a des efforts intérieurs couplés à une CENI réaménagée on peut aller vers la tenue des élections.
 
7/7: Une croix sur la participation du Rassemblement au gouvernement et au CNSA?
Je pense qu’il faut rester sérieux. Aujourd’hui, la majorité a estimé qu’il ne valait pas la peine de donner à cet Accord les mécanismes de garantie que nous avions conçus. C’est-à-dire: Le gouvernement qui devait être cogéré, avec des axes d’orientation de programmes qui avait été défini, et de l’autre côté le CNSA qui devait faire le monitoring de l’accord.
La majorité n’en a pas voulu. On ne va pas suivre la majorité dans sa folie. Et commencer à rechercher à tue-tête l’application de ces dispositions de mécanisme de garantie. En revanche, nous sommes plus exigeants en ce qui concerne la décrispation politique et la tenue des élections qui font partie de l’Accord.
Remettre sur la table les sujets du CNSA, du gouvernement, de l’arrangement particulier,  c’est participer à l’allongement des délais et donc faire le jeu et de la majorité et de la CENI.
7/7: Mesures de décrispation pour Katumbi notamment? 
Le retour de Katumbi est une mesure essentielle à cette décrispation politique. Elle est importante. Elle est symbolique. Mais il y a d’autres acteurs politiques qui sont encore en prison: Jean-Claude Muyambo, Huit Mulongo et Franck Diongo notamment.  Il faut qu’ils recouvrent leurs libertés. Il faut que des mesures fortes soient posées du point de vue de la décrispation. Et que les congolais comprennent que les élections que nous allons avoir sont des élections apaisées justement parce que tous les acteurs politiques vont avoir la liberté d’y participer. Et que donc le vote qui se fera, sera libre car fait en âme et conscience, reflétant ainsi le choix des congolais pour les futurs dirigeants de cette nation.
 
7/7: 31 décembre 2017, date politique ou date technique?
C’est une fuite en avant la déclaration de Nangaa qui vous dit je ne peux publier le calendrier que si les politiques s’entendent et qui de temps en temps dit je veux donner ma position parce que je suis l’organe technique. De deux choses l’une. Il doit savoir ce qu’il fait. En faisant cela il fait la politique. C’est ce que nous condamnons. Ça ne reflète pas l’indépendance dont devrait jouir la CENI.
Il n’y a rien de politique, la date qui a été donnée de la finalisation du fichier électoral au 31 juillet a été donnée par Nangaa lui-même lors de ces discussions. Donc ça na rein de politique. Et tout le reste a été incrémenté en fonction de cette date pour avoir les élections le 31 décembre 2017. Donc ce n’est pas une date politique.
En laissant le flou alors que la loi lui fait obligation de publier le calendrier, en laissant la population sans repères, Naanga fait de la politique il ne fait pas de la technique.
7/7 :Rotation présidence AR bloquée par vous? Quid?
Je suis un démocrate consommé.
Et que je me suis toujours battu pour qu’au sein des groupes il y ait a la fois la liberté d’expression et que dans le fonctionnement se traduise le mouvement démocratique interne.
Je suis disposé à pouvoir faire cette rotation dans les meilleurs délais. Et en accord avec nos différents partenaires au sein de la plateforme.
Il n’ y a aucune réticence de ma part à pouvoir le faire. Sauf que la situation qui est la nôtre aujourd’hui est une situation exceptionnelle dans un contexte ou nous avons été menacé avec des débauchages en interne.
Les camarades au sein du groupe avait estimé que je puisse maintenir l’unité de la plateforme en attendant cette phase de rotations qui va se faire incessamment.
A ce jour tous les groupes participent aux activités. Tous les partis politiques membres ont pris part avec beaucoup d’enthousiasme et de vitalité à l’atelier d’évaluation générale de notre pays.
J’ai confiance en cette plateforme. Et je crois qu’elle mérite l’attention de nos concitoyens comme étant une source de proposition pour l’avenir de ce pays.
7/7: Candidature de Félix Tshisekedi?
C’est une expression démocratique qu’il y ait au sein du Rassemblement plusieurs ambitions qui s’expriment,
celle de Félix Tshisekedi,  comme celle de  Martin Fayulu , celle de Moïse Katumbi ou de tant d’autres qui aspirent à la magistrature suprême, demain il y aura d’autres qui vont s’exprimer à d’autres niveaux je l’espère car le pouvoir est un tout.
Je n’y vois aucun inconvénient. Mais il y’a besoin d’avoir l’unité au sein du groupe. C’est dans l’unité qu’ils nous sera possible d’atteindre les meilleurs résultats que nous recherchons en termes d’alternance et de changement en RDC.
 
7/7:Floraison des candidatures nuit à l’unité au sein du Rassemblement?
 
Il y a deux temps. Il y a le temps de l’expression des ambitions qui est le temps de la présentation des projets.
Et puis viendra le temps de la synthèse où il faudra faire que tout le monde fasse des efforts pour tendre vers le principe d’unité en fonction d’une stratégie électorale.
Le Rassemblement n’est pas encore une plateforme électorale. Il reste une coalition politique pour le respect de la Constitution, plébiscitée par la population à 85%,  qui avait tendance à être violée par la majorité et la tenue des élections.

Propos recueillis par Israël Mutala

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2 commentaires sur “Accord de la Saint-Sylvestre en panne: « On ne suivra pas la majorité dans sa folie », Delly Sesanga

  1. LES CONGOLAIS NE VEULENT PLUS DES DISTRACTIONS VENANT DES GENS CHASSANT DE POSTES ET POSANT LEURS CANDIDATURES FARFELUES A LA PRESIDENCE POUR MONTER LES ENCHERES EN ATTENDANT UN « 3E DIALOGUE » AVEC L’IMPOSTEUR ET LEUR NOMMINATION A LA PRIMATURE.

    NOUS VOULONS 2 CHOSES: 1. ELECTIONS ET 2. DEPART DU VOYOU KABILA & BANDE DU SOMMET.

  2.  » En laissant le flou alors que la loi lui fait obligation de publier le calendrier, en laissant la population sans repères, Naanga fait de la politique il ne fait pas de la technique « .

    Sesanga me semble tres responsible. Vous avez tout dit. Naanga est un kabiliste, il a ete’ paye’ avec le detournement de 51 Millions de Dollards de la CENI.

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