RÉFLEXIONS D’UN PHILOSOPHE ( VII )

Penser et parler, la seule urgence véritable !

Nous savons tous qu’il n’y a qu’un mort qui ne parle pas et celui qui se décide d’observer un silence actif et qui dit  » je ne dis plus rien « . Mais en le disant, il parle déjà !

Ce n’est pas de ce parler là dont il est question ici. Mais de penser et de parler pour résister à la veulerie dictatoriale de ceux qui veulent nous empêcher de penser et de parler.

La prise de parole devient un acte patriotique si la décomposition menace la patrie.

A la plainte quotidienne et légitime du peuple qui subit un appauvrissement qui rappelle celui d’il y a quelques décades, se joint une indigence intellectuelle qui provient d’une poltronnerie qui refuse de dire son nom.

Car le refus de penser et de parler pour un intellectuel équivaut à une pauvreté intellectuelle et à une inculture.

La violence dont les détenteurs du pouvoir d’Etat inflige à nos ventres, à nos têtes et à nos coeurs doit nous amener à comprendre qu’à l’évidence, on nous refuse le droit d’appartenir à une humanité et de construire une citoyenneté responsable.

Se taire, dans ce cas, revient pour un intellectuel, à faire le jeu de ceux qui sont les artisans de ces délitements, de ces cassures.

Mais les pasteurs parlent, risquez-vous de me dire. Mais de quoi parlent-ils ? De ce bonheur postposé, de cette félicité située à des sphères inaccessibles dont eux seuls détiennent le secret ?

Mais en attendant qu’ils nous révèlent les codes d’accès de la salle aux trésors, que faire ?

Peut-être écouter les Évêques, eux qui ont réussi à vaincre la peur et qui invitent leurs prochains à des actions d’auto-défense destinées à restaurer les défenses immunitaires afin de faire face aux agressions microbiennes.

Misère de la philosophie ou philosophie de la misère ?

C’est l’abandon des questionnements éthiques, épistémologiques, métaphysiques et anthroposophiques qui annonce la misère de la philosophie.

Bien plus, si le droit à la parole du philosophe, son droit de poser des questions sur les contingences du monde et de l’homme, est mis en résidence surveillée, alors là, on peut parler de la misère de la philosophie.

La description de ce mal-être existentiel congolais pour arriver à obtenir un retour au bien-être existentiel peut être interprétée comme la philosophie de la misère.
La philosophie n’est-elle pas une réflexion critique et subjective sur le réel dans sa globalité ?

Si le Congolais ne commence pas à penser ce qu’il doit faire maintenant et ce qu’il fera dans 20 ans, 30 ans, sans qu’il s’y attende, il se retrouvera à l’âge de la pierre taillée.

C’est pourquoi, je dis que le penser et le parler demeurent la seule urgence qui tienne !

La banalisation des crimes, d’où qu’ils viennent, représente une menace que l’on se doit dr conjurer pour que les victimes ne se sentent pas abandonnées.

Par ailleurs, qu’est-ce qui arrive lorsque la prise de parole est refusée à un membre du couple « pouvoir–opposition », sinon un acte légitime de révolte de la part du membre muselé ? Ou bien ce genre d’obéissance qui peut à tout moment faire défaut ?

La peur ne tracera pas son chemin dans le coeur de celui qui aura réussi à regarder dans les yeux le roi lion. Ce courage demeure la meilleure vertu de ce face à face subliminal.

Et c’est ce courage qui manque aux ministres de mon pays dont le gouvernement ressemble, point par point, au gouvernement « paternel » dont nous parle E. KANT, dans lequel les ministres se comportent comme des enfants mineurs qui ne peuvent prendre aucune initiative dans leur ministère sans que cela soit dicté ou initié par le Chef de l’Etat.

Même la construction d’un petit pont de 10 m sur une petite rivière perdue dans la forêt équatoriale est toujours réalisée sous l’impulsion du Chef, faisant de ce chef un impulseur universel qui n’a pas ses propres tâches liées à sa fonction.

Mais si tout ce qui est fait dans un ministère est fait sous l’impulsion du Chef de l’Etat, à qui alors incombera la responsabilité en cas d’échec ?
Comme c’est le cas dans le dossier de la fibre optique dont la station d’atterrage installée à Moanda dans le Kongo Central a coûté énormément cher et dont la capacité installée est de 100 giga mais qui ne peut désservir la villede Kinshasa qu’avec 10 giga seulement, alors que les besoins des opérateurs de Télécom s’élèvent à 20 giga.

La cause principale de cette situation est le non respect des règles de l’art dans la pose du câble devant transporter les flux de Moanda à Kinshasa.
Conséquence : coupures intempestives d’Internet dans les opérations des banques, le lent débit. Dire que jusqu’au jour d’aujourd’hui rien n’est entrepris pour y remédier ! Quel gâchis !
Et qui doit en répondre? Le ministre des PTNTIC ou l’impulseur ?

Soyons sérieux et ayons le courage politique d’assumer les conséquences de nos choix. Le ministre de la république doit assumer les retombées de ses échecs, le Chef aussi celles qui sont liées à ses hautes fonctions.

Dans le monde d’aujourd’hui, les pratiques sociales et politiques évoluent à la vitesse grand V. Faisons aussi évoluer les nôtres.

Il y a de cela quelque temps, tout dans ce pays était réalisé sous la houlette du Maréchal-president ou l’était sous sa clairvoyance.

Aujourd’hui, tout se fait et continue à se faire sous l’ impulsion du Chef.
Et demain, tout dans nos ministères et dans nos entreprises, se fera sous l’impulsion de qui ?

Je lance un appel à la réappropriation des concepts qui doivent définir notre pratique politique et qui nous conduiront à assumer les conséquences de nos initiatives dans le domaine de la gouvernance globale de notre État.

Le passé est un construit social et il est un élément de connaissance dans la mesure où les recueils du temps ont tout conservé. Ils peuvent, de ce fait, nous alimenter en expériences vécues pour notre édification en tant que nation.

Le futur, quant à lui, dépend de nous et il n’existe pas si nous ne voulons pas qu’il soit !

François Ndjeka
Philosophe

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Un commentaire sur “RÉFLEXIONS D’UN PHILOSOPHE ( VII )

  1. vraiment inspiré mr le philosophe par sage réflexion. entant qu’intellectuel, m’arranger le droit de penser, parter, dire, proposer, serai me conditionner à mourir. or Dieu n’a pas encore décidé sur ma mort, donc je dois parler, raisonner,… pou n’est pas être condamné pour non assistance à personne en danger.

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