Violences au Kasaï : le sort des déplacés préoccupe le HCR

Le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) se dit profondément préoccupé par la poursuite des violences et des déplacements de civils dans la région du Kasaï, en  proie à des violences ayant entraine le mouvement des populations. Car, ce conflit qui a commencé au mois d’août 2016 entre un chef traditionnel local , Kamuina Nsapu,  et les autorités de l’Etat, prend une plus grande ampleur avec l’apparition des groupes armés qui commettent de graves atteintes aux droits de l’homme contre les populations  civiles, regrette l’agence onusienne qui estime à plus de 1,3 million le nombre de personnes déplacées dans cette région.

Lors de récentes missions effectuées au Kwilu et au Lualaba, deux provinces limitrophes du Kasaï, l’équipe du HCR affirme avoir rencontré de nouveaux déplacés récemment arrivés dans un état extrêmement vulnérable.   « Beaucoup ont déclaré qu’ils ont passé des semaines à fuir dans la forêt dense sans nourriture, eau, médicaments ni vêtements et qu’ils ont vu des gens mourir sur le chemin, y compris des femmes et des enfants », a déclaré vendredi un porte-parole du HCR, William Spindler, dans un point de presse à Genève.

A en croire la même source, des civils blessés ou mutilés par des coups de machette ou par balles font partie des nouveaux déplacés arrivés dans un état de grande vulnérabilité. « Beaucoup de nouveaux arrivants montrent des signes de traumatismes profonds, après avoir vécu ou avoir été témoins d’atrocités, dans une situation où aucun soutien psychosocial n’est disponible », a également fait savoir Spindler.

Une situation particulièrement inquiétante

Le HCR souligne par ailleurs que les risques d’abus et d’exploitation sexuels rendent la situation particulièrement inquiétante, précisant que beaucoup d’enfants et de femmes ont fui par eux-mêmes, et que certains mineurs non accompagnés ne disposent pas d’un régime de prise en charge approprié. « La majorité des personnes déplacées sont hébergées par les communautés d’accueil, malgré les ressources limitées.

Beaucoup vivent également dans des bâtiments abandonnés, des cliniques, des écoles ou des mosquées », a déclaré le porte-parole du HCR. « Beaucoup ont exprimé leurs inquiétudes concernant l’arrêt de la scolarisation de leurs enfants », regrette-t-il.

Compte tenu des déplacements en cours et des besoins croissants, le HCR dit avoir renforcé sa réponse sur le terrain grâce à son leadership en matière de protection et aux interventions opérationnelles. « Nous travaillons étroitement avec des organisations partenaires nationales dans cinq provinces touchées par le déplacement (Kasaï, Kasaï Central, Kwango, Kwilu et Lualaba), avec plus de 267.000 repas chauds distribués tous les jours », a indiqué Spindler.

L’agence des Nations Unies pour les réfugiés affirme aussi qu’elle commencera dans les prochains jours une première distribution d’articles ménagers de première nécessité à environ 20.000 personnes vulnérables dans la province de Lualaba. « L’octroi d’une aide et d’une protection aux personnes déplacées à l’intérieur du pays est un énorme défi, compte tenu de la taille de la zone touchée », a souligné le porte-parole du HCR, rappelant que la superficie de la région de Kasaï est équivalente à celle de l’Allemagne mais avec des routes en mauvais état et où règne l’insécurité.

Par Godé Kalonji

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