Bemba n’a plus la même influence qu’en 2006 et presque tous les leaders de l’ex Equateur sont avec la MP, (Patrick Nkanga)

Dans une interview à 7SUR7.CD lundi 11 juin, Patrick Nkanga estime que la libération de Jean Pierre Bemba ne va pas perturber la Majorité présidentielle. La popularité est dynamique, soutient le porte-parole du Bureau politique du PPRD. Pour lui, l’influence de Bemba n’est plus la même qu’en 2006. Il a salué le réchauffement des relations diplomatiques entre la Russie et la RDC. Le meeting de Ensemble à N’Djili, dit-il, un regroupement d’une centaine de partis, c’est ce que fait le PPRD seul.

(Ci-dessous l’entretien)

1. La libération imminente de JP Bemba, comment l’acceuillez-vous? Ne va-t-elle pas perturber la MP qui a beaucoup investi dans l’ex Equateur, son bastion naturel ?

PNB : C’est une bonne nouvelle pour sa famille, ses proches, tous ceux qui lui sont chers. C’est un enfant du pays, qu’ il soit en voie de recouvrer sa liberté, ne peut qu’être salué. D’autant plus que le gouvernement de la RDC n’était pas partie à ce procès.

Sa probable libération ne va aucunement perturber la Majorité actuelle qui d’ailleurs s’est élargie. La politique est dynamique, donc évolutive. Il n’existe pas des popularités statiques, aujourd’hui l’ex Equateur a été divisée en 5 nouvelles provinces, ce qui implique des réalités sociologiques, politiques et économiques endogènes à chacune d’ elles. Il est quasiment impossible aujourd’hui, qu’il y ait une seule personnalité qui prétende avoir prééminence sur toutes les 5 provinces de l’Equateur issues de la reconfiguration administrative. Nous sommes en Afrique, la réalité ethnique et tribale est encore de mise. Compte tenue de ce que nous venons d’évoquer ci-haut, l’influence du sénateur Bemba ne peut plus être la même qu’en 2006. Car il faudra composer avec les nouveaux leaders de ces nouvelles entités, Or presque tous sont aujourd’hui dans un partenariat avec la Majorité. Vous n’avez qu’ à comparer les résultats des élections en 2006 et celles de 2011.

2. Sa sortie de la prison de la CPI rebat-elle les cartes dans la perspective des élections générales cette année ?

« Sa probable sortie »!
C’est une donne politique. Le jeu démocratique, depuis 2006 est ouvert à tous, sans discriminations, dès l’instant où l’on remplit les conditions légales. Le dépôt des candidatures débute dans quelques jours, en premier lieu, pour les provinciales. Le jeu est pleinement ouvert pour toutes les formations politiques. Nous connaissons la force de l’UDPS, du MLC, de l’UNC, etc…., nous avons challengé avec eux au cours de différentes élections. Nous savons ce qu’ils valent réellement sur le plan « national ». Nous sommes sereins. Nous nous préparons aux élections, sérieusement, pour les gagner. Nous challengerons avec les candidats officiels qui prendront part aux prochaines élections.

3. Isolé diplomatiquement, Kinshasa fait-il des yeux doux aux russes pour briser son isolement sur la scène internationale ?

Isolé diplomatiquement, en avez-vous l’ impression ? À observer les différentes missions qu’effectuent le vice- Premier She Okitundu, je n’en ai aucunement l’ impression. Simplement, comme tout État, nous défendons nos intérêts, notre souveraineté. La Russie est un pays ami et cela ne date pas d aujourd’hui. Que nous consolidions nos rapports, cela s’inscrit dans un cadre normal et logique, ceci ne doit pas être un sujet à polémique. Ce n’est pas une relation exclusive, même si elle se perçoit et se voudrait particulière.

4. Kinshasa veut-il se fournir en armement chez les russes comme les centrafricains ? C’est pourquoi il a réchauffé au parlement un accord militaire avec la Russie ?

La RDC est un grand pays, nous avons le droit et le devoir de nous équiper à la dimension de ce que nous sommes.

5. Le meeting de Ensemble à N’Djili, un commentaire ? Succès ou échec ?

Je ne suis pas un évaluateur des meetings. « Ensemble », c’est une centaine de partis, ils ont donné le meilleur de ce qu’ils puissent faire et on sait palper, aujourd’hui, leur maximum. Le PPRD, le fait seul.
Ce qui est à retenir, ce que leur discours est contredit, celui sur le rétrécissement de l’ espace démocratique. Le jeu est ouvert à ceux qui y ont droit.

6. Comment expliquer que des opposants farouches il y a encore quelques mois au président de la République, se mettent sous sa bannière sous le label FCC ?

Comment expliquer que l’ ancien conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité soit responsable du Rassemblement, comment expliquer que l’ ancien exécutif fédéral du Pprd/Katanga soit aujourd’hui présenté comme un opposant historique à la dimension du feu patriarche Étienne Tshisekedi ?

7. Maintenant que le chef de l’État à toutes les cartes en mains, à quand le congrès du Pprd pour désigner le dauphin ?

La notion de dauphin, on ne se lassera de vous le répéter, elle n’est pas en phase avec les préceptes de la démocratie.
Le Congrès sera relatif à des questions capitales sur l’avenir de notre parti et certainement sur la manière dont nous comptons, démocratiquement, conserver le Pouvoir. wait and see, cette information vous sera annoncée incessamment par les instances habilitées de notre parti.

8. Comment accueillez-vous l’entrée de la Belgique au conseil de sécurité comme membre non permanent le 1er janvier 2019?

Rien de spécial ! Il y a plusieurs États qui ont été désignés, au même moment que la Belgique, pourquoi faire une fixation sur elle ? C’est dans les usages du fonctionnement du Conseil de Sécurité, que de désigner de manière rotative des membres non-permanents.

Propos recueillis par Israël Mutala