Vente 4 licences 4G à 80 millions $ : un prix juste et réaliste, selon Emery Okundji

La vente de la licence 4G à 4 opérateurs de télécommunication le 9 mai par le ministère des postes, télécommunications et nouvelle technologie (PT-NTIC) a fait entrer au trésor public, la bagatelle de 80 millions de dollars américains.

Vodacom Congo, Airtel, Africell et Orange Congo ; n’étaient pas prêts à payer chacun 20 millions $ pour acquérir la licence 4G.
Ils étaient favorables à l’acquérir à 15 millions $.

Pour déterminer un prix juste, le ministre des PT-NTIC et le ministre des finances avait mis en place une commission ad hoc composé des experts de 2 ministères.

Celle-ci a fixé 20 millions le prix de la licence 4G à l’issue de son travail.
Les experts de 2 ministères ont eu de chaudes discussions avec les 4 opérateurs privés, d’après un expert des PT-NTIC.

C’est ainsi que le 3 mai 2018 qu’un arrêté interministériel fixant le prix de la 4G à 20 millions $ fut pris par Emery Okundji et Henri Yav Muland.

Selon les experts des PT-NTIC, 4 facteurs ont milité de ce prix.
Il s’agit de :

1. de l’indisponibilité des fréquences appropriées. Les fréquences dans les bandes de 700 MHz et 800 MHz sont encore utilisées par les chaînes de télévision analogique alors que celles-ci devaient les libérer depuis le 15 juin 2015. Donc, si la quantité de spectre offerte aux opérateurs est bien plus importante et disponible immédiatement, un prix élevé peut être justifié. Or malheureusement, les 4G seront disponibles dès la migration complète de la télévision analogique vers la TNT. Ce qui n’est pas encore le cas jusqu’aujourd’hui.

2. la faiblesse du pouvoir d’achat du congolais. L’ARPU (revenu moyen par abonné) des opérateurs économiques est présentement en deçà de 4 US au Congo-Kinshasa. Ce qui ne pourra pas permette, selon un responsable d’une société de télécommunications, un retour sûr et rapide sur investissement. Il est établi que l’ARPU est déterminé par le pouvoir d’achat des consommateurs.
Plus l’Arpu est élevé, plus les opérateurs réalisent un retour sur investissement proportionnel.
« Un ARPU élevé justifie donc un prix d’acquisition élevé de la licence », explique les experts.

3. Le manque d’infrastructures de base, notamment l’énergie dans tous les coins de la République, est un des paramètres dans la fixation du prix de la licence.
La RDC n’a toujours pas de réseau à fibre optique fiable. La connexion Internet est plus assurée par la location des capacités sur le satellite. Cela occasionne pour les opérateurs des Télécommunications des dépenses d’exploitation considérables.

4. la poussée de la 5G était aussi à craindre que les opérateurs enjambent directement la 4G.
Parce que la qualité de la 5G est plus performante et présente des avantages multiples sur le débit (1 gigabit par seconde) que la 4G (140 mégabits par seconde).
Cette perspective serait inéluctablement la baisse considérable du prix de la licence 4G suite à l’obsolescence technologique irrémédiable et inévitable qu’entrenerait la mise en service des réseaux et services 5G.

Malgré toutes ces pésanteurs, la RDC a pu vendre sa licence 4G à 20 millions $ là où d’autres pays ont l’attribué gratuitement comme l’Afrique du Sud et le Rwanda.

Avec la vente de la 4G, le ministre des PT-NTIC a dépassé les assignations fixées à son ministère dans le budget 2018.

Pourtant, fin mars 2018 déjà (1er trimestre), il avait déjà mobilisé 53 milliards de Franc Congolais alors que les assignations annuelles du ministère des PT-NTIC étaient de l’ordre de 42 milliards 950 millions, soit un dépassement en recettes de 10 milliards.

Pour E. Okundji, cité par un expert qui répondait aux critiques qui disent que le prix de la 4G a été bradé, ce prix est réaliste dans le contexte actuel et permet à l’Etat congolais de gagner de l’argent au moment où un retard énorme a été constaté dans la vente de la 4 G.

L’expert des PT-NTIC a annoncé à 7SUR7.CD lundi 21 mai que le taux des redevances annuelles liées à l’utilisation des fréquences 4G devra être revu à la hausse afin de permettre également à l’État de maximiser ses recettes sur la durée de ces licences : 20 ans.

Pour accroître les recettes, E. Okundji promet de poursuivre la lutte contre la fraude et la corruption’ poursuit-il.
L’ancien
Il a lancé des contrôles pour les utilisateurs VSAT, un secteur connu pour la fraude.

Alphonse Muderhwa