RDC-Bancarisation : Jean-Louis Kayembe s'explique

Publié jeu 24/01/2019 - 08:50
Dans une mise au point parvenue à 7SUR7.CD jeudi 24 janvier 2019, Jean-Louis Kayembe Directeur Général chargé de la Politique Monétaire et des Opérations Bancaires à la Banque Centrale du Congo, a démenti les accusations portées contre lui "pour nuire à sa personne". Ses explications pour faire la lumière portent sur : le gonflement du nombre des membres du Comité de Suivi de la Paie ; la ponction par le Directeur Général de 3,5 dollars sur le salaire de chaque fonctionnaire ; l’opacité de la gestion des reliquats de la bancarisation supposés logés dans des comptes parallèles ; le maquillage des montants relatifs à l’importation des devises par les banques commerciales complices ; le but de l’enquête ouverte qui serait Jean-Louis Kayembe. Ci-dessous la mise au point de Jean-Louis Kayembe En ce qui concerne le nombre des membres du Comité de Suivi de la Paie, il importe de mentionner que la question est réglée par l’Arrêté interministériel du 12 novembre 2011 portant création dudit Comité et qui, en dehors des membres permanents dont le nombre est fixé par organe ou structure, prévoit, en son article 09 que « le Comité chargé d’assurer le suivi de la paie des agents et fonctionnaires de l’Etat peut requérir l’expertise de toute personne susceptible de l’éclairer en rapport avec sa mission et suivant les points inscrits à l’ordre du jour des travaux. » C’est dans ce cadre et en considérant l’élargissement du champ d’intervention du Comité qui est passé de la ville-province de Kinshasa au lancement de la réforme au territoire national à ce jour, que le nombre des « experts » impliqués a dû évolué suivant les orientations de la hiérarchie soucieuse de garantir l’efficacité. Par ailleurs, point n’est besoin d’indiquer que le paiement du jeton de présence prévu par l’article 08 de l’Arrêté interministériel cité supra en faveur des membres du Comité de Suivi de la Paie suit la procédure de la chaîne de la dépense publique en toute transparence. D’ailleurs, cette prime n’est pas régulière dans un contexte de resserrement de la trésorerie. Pourtant, les bénéficiaires n’ont de cesse de travailler avec conscience et abnégation, se contentant prioritairement des résultats en termes d’assainissement des effectifs, au profit de la justice sociale. Au sujet de l’éventuelle ponction de 3,5 dollars américains opérée sur chaque agent au bénéfice du Directeur Général, soit 4,5 millions de dollars américains par mois, représentant 7,4 milliards de francs congolais, il n’existe pas plus odieuse confusion que celle-là. En effet, il est plutôt question de la rétribution reconnue aux (banques) membres de l’Association Congolaise des Banques conformément au Protocole d’accord signé le 1er décembre 2012 entre le Gouvernement de la RDC et cette Association, spécialement en son article 2, alinéa 3, qui fixe la hauteur de la rétribution des banques intervenantes à 3,6 dollars américains HT par agent ou fonctionnaire payé. L’on notera, à ce propos, que face aux contraintes budgétaires, le Comité de Suivi de la Paie s’était investi à renégocier à la baisse ce « tarif » au regard des évolutions observées sur le terrain. A ce jour, cette rétribution tourne autour de 2,5 dollars américains par agent payé dans les entités dites à accès facile, dégageant ainsi des économies substantielles au bénéfice du Trésor. Aussi, les soldats et policiers sont-ils exemptés de la charge liée aux frais de tenue de compte, considérant leur service sous le drapeau. Somme toute, alléguer que 4,5 millions de dollars américains seraient générés au bénéfice du Directeur Général constitue un mensonge éhonté et inadmissible. Sur le point relatif à la gestion des reliquats, l’opinion retiendra que c’est en exécution de l’instruction faite par le Ministère des Finances à la BCC via la lettre du premier datée du 07 mars 2012 sous les références 7449 CAB/MIN/FINANCES/CTR/KIB/NGA/2012 que le sous-compte « Reliquat paie de salaires » est logé la Banque Centrale du Congo et placé sous la gestion de l’Ordonnateur Délégué du Gouvernement et qui ne peut être mouvementé qu’à la suite de l’avis du seul Ministre ayant les Finances dans ses attributions. Il n’existe donc aucun compte parallèle à cet effet et les opérateurs de paie, en l’occurrence les banques impliquées dans la réforme, ont l’obligation de reverser les soldes de leurs opérations de paie destinés aux agents non identifiés dans le seul compte « Reliquat paie de salaires », conformément au Protocole sus-évoqué, spécialement en son article 3, alinéa 6, tiret 4, qui fixe l’obligation à charge de chaque banque commerciale intervenante de « reverser (…) le reliquat enregistré à l’issue de la paie, dans le sous-compte du Compte général du Trésor intitulé « Reliquat paie de salaires » n°CC000642 ouvert en les livres de la BCC. » C’est ici le lieu de porter à la connaissance du public en général et des agents et fonctionnaires de l’Etat en particulier que ce compte affichait un solde de 124,3 milliards de CDF à la date de la parution de l’article qui a essayé de ternir l’image d’une réforme qui rapporte à l’Etat, grâce au dévouement de ses parties prenantes. Les économies tirées de l’assainissement du fichier en amont et en aval ont permis notamment de mécaniser des agents réputés non payés durant des années et, par ricochet, de les remettre dans leurs droits dont ils étaient privés à l’époque où des montants plus importants étaient emportés, dans une mafia bien organisée, par ceux qui avaient la charge de la paie par enveloppe sans jamais reverser de reliquat au Trésor. Le jour vient où ce sont eux qui seront à la barre pour répondre de leurs actes. La Justice de notre pays, dans son éveil encourageant, ne manquera pas de s’y appesantir le moment venu. Pour ce qui est des importations des devises, une fois de plus, il est démontré que les sources qui ont alimenté le Journal en informations ne sont pas dignes de confiance car elles ont omis de mentionner que la Règlementation du change en RDC prévoit une traçabilité claire des opérations ad hoc et que l’autorisation nécessaire à leur réalisation n’émane aucunement du Directeur Général, le déchargeant ainsi de toute suspicion. Ceci dit, l’on retiendra qu’il est du devoir de tout citoyen respectueux des règles établies de répondre à une invitation des services spécialisés de la Justice, surtout lorsque ceux-ci ont besoin d’être éclairés sur un dossier si important que la paie des agents et fonctionnaires de l’État qui constitue la part la plus importante des dépenses de l’État. En répondant à l’invitation de l’inspection générale de la Police judiciaire des parquets, Jean-Louis Kayembe wa Kayembe a donc fait montre de civisme. Il reste confiant quant à la suite, convaincu de ce que les animateurs des services susmentionnés mettront la vérité en lumière. En attendant, si l’article du 23 janvier rédigé sur la base des sources peu fiables et prêtes à tout pour salir la réputation de ce haut cadre décoré et au casier judiciaire vierge, à un moment aussi crucial dans l’histoire du pays pour lequel il œuvre, avec détermination et appréciation de ses supérieurs depuis bientôt trente ans, il importe de se souvenir de ce que dans le cadre de la responsabilité publique, la réforme en cause a fait l’objet de contrôle, d’audit et d’évaluation, respectivement par la Commission ECOFIN de l’Assemblée Nationale, la Cour des Comptes ainsi que le Conseiller Spécial du Chef de l’Etat chargé notamment de la Bonne Gouvernance et par la Banque mondiale, avec, à chaque fois, une satisfaction exprimée.