RDC – Crise artificielle à l’ex Onatra : pourquoi l’État doit vite agir pour mettre hors d’état de nuire les trublions ? (tribune)

Il est plus que temps que le gouvernement puisseRDC – Crise artificielle à l’ex Onatra : pourquoi l’État doit vite agir pour mettre hors d’état de nuire les trublions ? (tribune) taper du point sur la tape afin de ramener à la raison des syndicats pyromanes qui ont déclenché une grève sauvage qui risque d’annihiler tous les efforts de redressement entrepris pour viabiliser l’ex Onatra depuis 17 mois par la nouvelle direction générale avec à sa tête Daniel Mukoko Samba.

Les grévistes, savent-ils vraiment le grave danger qu’ils font courir à la Société Commerciale des Transports et des Ports (SCTP) ?

Sans ignorer les retards de salaire, 12 au total, dont 6 depuis l’avènement du comité Mukoko ; ont-ils pris la mesure de leur geste ?
De toute évidence non, car ils scient la planche sur laquelle ils sont assis.

Alors que la confiance des clients de l’ex Onatra, banques et armateurs notamment, revient péniblement, le moment est mal indiqué pour une grève sauvage (c’est-à-dire qui n’a pas observé le délai légal et sans amorce d’un dialogue avec l’employeur).

La grève surtout au port de Matadi, pourvoyeur de 80% des recettes à l’ex Onatra, risque de porter un coup fatal à cette entreprise publique structurante.

Alors que le directeur général s’est employé, non sans peine, à faire revenir certains gros clients grâce à marketing audacieux et dont les résultats sont palpables avec le retour des clients d’antan; on ne comprend qu’à peine revenu qu’il soit pénalisé par une grève téléguidée par des officines obscures bien identifiées.

Si l’arrêt de travail persiste notamment au port de travail, pénalisant le déchargement des clients revenus, alors la SCTP va replonger dans une crise encore plus grave au conséquences marketing, financières, économiques et sociales incalculables.
Les grévistes jouent avec le feu !
Car aucun armateur n’acceptera plus que son bateau mouille dans les eaux tumultueuses de vieux port congolais.

Les clients iront vers la concurrence juste à côté, au port congolo-philippin MGT.

Voici les conséquences de la persistance de cette grève :

  1. Cela va alourdir et complexifier le service de la dette, estimé à 1.6 millions de dollars USD par mois après restructuration de la dette par le directeur général.

  2. Cela va porter un coup dur à l’accroissement des recettes pour atteindre un minimum de 5,5 millions $ par mois contre 4,2 millions actuellement. Car les charges mensuelles à l’ex Onatra s’élèvent à 4,8 millions $ dont 3,2 millions pour les salaires ainsi que les rentes des 21.000 agents (7.000 actifs et 14.000 non actifs) et 1,6 million $ pour le service de la dette (capital et intérêts).

  3. L’accumulation des arriérés de salaire au lieu qu’ils soient épongés progressivement par la création de la richesse.

Pour ces raisons notamment, le gouvernement doit agir vite car il y a péril en la demeure.

Le président de la République ne doit pas se laisser manipuler.

La situation à l’Onatra est catastrophique à cause de la gestion prédatrice de certains membres des anciens comités, par ailleurs poursuivis en justice pour détournementsdes deniers publics.

Aujourd’hui, l’heure est à la responsabilité et non à la démagogie.
La relance de la SCTP demande du temps après plusieurs décennies de désinvestissement, des viellissements de l’outil de production et du personnel.

La survie de l’ex Onatra, car c’est de cela qu’il s’agit aussi, dépend aussi de l’apport de l’État.
Celui a fait un pas important avec la création de la taxe RLT pour financer l’outil de production.
Mais l’État, qui doit à l’ex Onatra 14 millions $, doit poursuivre son assistance en finançant le reversement des non actifs à la Casse Nationale de Sécurite Nationale (CNSS) moyennant le paiement de 4 millions $.

L’État doit aussi décourager les tireurs de ficelles de ces grèves sauvages. Ils se recrutent parmi les cadres-aciens et actuels-de la SCTP, qui ont maille à partir avec la justice.

L’ex Onatra en chiffres clé:
1. 21.000 agents (8.000 Actifs et 13.000 non actifs)

  1. 6 mois + 6 mois = 12 mois d’arriérés de salaire

  2. Dette sociale plus de 50 millions $ (salaires, rentes et décomptes finals, frais médicaux, frais funéraires, etc)

  3. 4,2 millions $ comme encaissement par mois

  4. 3,2 millions $ masse salariale mensuelle. Soit 83% des encaissements

  5. 53 ans, âge moyen du personnel

  6. Service de la dette s’élevait à 28% du chiffre d’affaires mensuelles en 2017 avant restructuration de la dette en juillet 2018

  7. Près de 1.5 million $ de solde négatif en 2017

  8. Près de 600 comptes ouverts contre 200 actuellement

  9. Emprunt de 30 millions $ pour achat de 3 locomotives, relance de la carrière de Kiasi-Kolo, acquisition d’une usine d’oxygène au Chantier Naval de Ndolo, réhabilitation des unités fluviales, etc.

  10. Réduction d’un encours de près de 8 millions $ des engagements des financiers vis à vis des clients au titre de la compensation, à 2,7 millions $. Soit un effort de remboursement de 5 millions $.

  11. 40 millions $ dons non-remboursables pour la modernisation du port de Matadi, du port de Kisangani et du chemin de fer

  12. L’ex Dg de la SCTP Kimbembe Mazunga , le directeur financier Elongamea et le directeur de chemin de fer Dzogolo sont poursuis pour le détournement de plus de 13 millions $

  13. Les actuels directeur financier Karulaje et directeur des ports maritimes sont poursuivis pour le détournement de près de 5 millions $.

  14. 14 millions $ dette de l’État envers l’ex Onatra

CP/ Martin Mvuluzi

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