Sud-Kivu : Les populations de Fizi mettent en garde contre un conflit ethnique en gestation

Publié mar 12/03/2019 - 20:32
Les populations du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, mettent les autorités du pays en garde contre ce qu'elles qualifient de "conflit ethnique hautement sanguinaire" qui risque d'embraser leur contrée. Elles implorent l'implication personnelle du président de la République, Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, afin d'éviter que ces attaques puissent se muer en un véritable conflit ethnique, comme ce fut le cas à Yumbi, dans la province du Maï-Ndombe. Cet appel est lancé à la suite des attaques meurtrières à répétition organisées par les populations locales à l'encontre des bergers Banyamulenges. Selon une correspondance du député Enock Ruberangabo Sebineza, élu du terroir, adressée au chef de l'Etat, près de 60 personnes ont déjà trouvé la mort depuis le début de ces attaques. Cette lettre fait également état de beaucoup de déplacés, de 3000 têtes de vaches razziées et de plus 23 villages et champs incendiés. Ruberangabo indique par ailleurs que ces attaques sont principalement perpétrées par un groupe armé dénommé "Biloze Bishambuke", dirigé par un général autoproclamé du nom de Mulumba, de la tribu de Banyindu. Il déplore en même temps le comportement blâmable et antisocial de certains individus qui attisent le feu en faisant l'apologie de ces violences sur les réseaux sociaux. Rappelons que ces massacres des populations observées actuellement au Sud-Kivu interviennent au moment où l'on assiste à une vague des rééditions des groupes armés depuis l'arrivée au pouvoir du nouveau chef de l'Etat. Orly-Darel Ngiambukulu