Dans une déclaration vendredi dernier, les victimes de la guerre de 6 jours disent avoir l'impression que leur peine et leur malheur ne sont pas compris et partagés par la nation congolaise.
Ces derniers déplorent également le fait que des gouvernements se sont succédés et aucun parmi eux n'a permis aux victimes de cette guerre de 6 jours de se sentir justifié grâce à une quelconque réparation du préjudice subi.
"L'alternance intervenue à la tête du pays à l'occasion des élections de décembre 2018, nous a fait rêver d'un dénouement décent de cette affaire qui oppose les pays agresseurs à la RDC devant la justice internationale. Mais hélas ! Alors que nous attendions le début de l’audience fixée le 18 novembre 2019, le président de l’Ouganda Yoweri Museveni a trouvé une formule simple en invitant le président de la République Démocratique du Congo, notre président, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo à Kampala pour négocier un report, qui du reste a été obtenu tel quel", lit-on dans cette déclaration signée par Aline Engbe, porte-parole du Fonds de Solidarité des Victimes de Guerre.
Eu égard de ce qui précède, les victimes de la guerre de 6 jours à Kisangani demandent au président de la République de s'impliquer effectivement dans ce procès pour qu’il ait réparation, enfin que justice soit faite.
Au gouvernement, ces dernies demandent de refuser toutes négociations visant à abandonner les charges retenues contre l’Ouganda pour ne pas cracher sur la mémoire des victimes.
Les victimes invitent aussi l'exécutif national à solliciter la reprogrammation sans délai des audiences de réparation à la Cour Internationale de Justice, et de prendre toutes les dispositions nécessaires pour qu’une délégation des victimes assistent aux audiences de réparation.
Toujours en rapport avec le gouvernement congolais, lesdites victimes plaident pour la retransmission en direct des audiences à la RTNC, l'accompagnement des victimes par une assistance morale et matérielle pour leur survie, jusqu’à ce qu’il y ait réparation et la construction d'un mémorial en leur honneur.
S'agissant de la communauté Internationale, les victimes de la guerre de 6 jours sollicitent son implication intégrale dans ce procès jusqu’à ce que justice soit faite.
Pour rappel, la guerre des 6 jours est une succession d’affrontements meurtriers entre l'armée ougandaise et rwandaise à Kisangani du lundi 5 au 11 juin 2000 en République Démocratique du Congo durant la deuxième guerre du Congo.
Selon le groupe Justice et Libération, une association des droits de l'homme basée à Kisangani, les affrontements causèrent environ 1.000 morts et au moins 3.000 blessés dont la majorité dans la population civile.
La ville de Kisangani avait déjà subi des affrontements entre les troupes rwandaises et ougandaises en août 1999 et le 5 mai 2000. Mais les affrontements de juin 2000 furent les plus meurtriers et ont sérieusement sinistré une grande partie de la ville de Kisangani avec plus de 6.600 obus tirés.
Jephté Kitsita