"Magouille financière à Transco" : L'ODEP appelle la justice à ouvrir des enquêtes sur Matata Ponyo et les deux derniers ministres de Transports 

Publié sam 19/09/2020 - 09:45
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L'Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) invite les Cours et Tribunaux à ouvrir des enquêtes sur les deux derniers ministres de Transports et voie de communication (2013-2019) sur la gestion de l'entreprise publique de transport en commun, Transco. 

Cette ong spécialisée dans le contrôle citoyen des finances publiques a fait ce plaidoyer au terme de son étude sur la gestion de Transco 6 ans après sa création et l'acquisition des bus.

Elle demande à la Justice d'entendre l’ancien premier ministre (2013-2016), Augustin Matata Ponyo pour avoir approuvé, dans la  confusion totale, le marché d’acquisition des 500 busTransco, attribué à la société égyptienne Tractafric Motors SPRL et le recrutement de la Régie Autonome deTransport Parisien (RTP), pour en assurer l’assistance technique. 
Deux marchés qui n'ont pas respecté la procédure requise sur la passation des marchés publics selon l'ODEP. 

Pour l'ODEP, les deux  derniers ministres de Transport et voie de communication doivent faire l'objet des enquêtes respectivement pour avoir acheté les bus en violation de la procédure des marchés publics et pour avoir ordonné, en décembre 2018, un emprunt de 910.000 $ auprès de Rawbank, l'argent utilisé pour la campagne électorale en lieu et place de la relance de la société.

Au terme cette étude, ODEP conclut que la société Transco est en faillite et subit le sort de City train et de STUC de triste mémoire.

L'ODEP appelle le chef de l'État Félix-Antoine Tshisekedi à procéder à la nomination des nouveaux mandataires et à instruire une nouvelle mise en place au sein de la société Transco avant l’acquisition des 450 nouveaux bus annoncés par le ministère des transports et voie de communication.

L'ODEP demande par ailleurs au gouvernement d’ordonner des poursuites judiciaires contre le Directeur général suspendu, son adjoint (actuellement intérimaire) et leurs collaborateurs, notamment le directeur financier et le trésorier pour fraude, détournement
des deniers publics, blanchement des capitaux et mauvaise gestion.

L'ODEP conseille à l'exécutif national d’instituer un système de paiement électronique des tickets des passagers pour éviter la fraude lors du dépôt manuel des recettes à la banque.

A la Cour des comptes, l'ODEP demande de diligenter un audit en complément au contrôle citoyen de la société civile, en vérifiant tous les mouvements des différents comptes de Transco ouverts à la Rawbank et Equitybank, et d’autres pièces comptables relatives aux paiements des marchés
publics.

Il dénonce une magouille généralisée au sein de Transco et affirme que  
les directeurs, y  compris le directeur général se sont dotés de coffre-fort pour gérer des fonds relatifs aux dépenses courantes, dont la tranche d’approvisionnement se situe entre 500.000 et  3.000.000 CDF.

Démontrant à titre indicatif cette magouille financière dont est l'objet Transco, ODEP indique que le 13 août 2019, le trésorier de cette société  a autorisé la sortie de 35.000 USD pour réapprovisionner le coffre-fort du directeur administratif et financier, soit les recettes d’un mois, mobilisées par un bus.

"Ces fonds ont été payés en espèce au
guichet de EquityBank, à partir de son agence des huileries à Kinshasa, en violation de la loi portant la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en RDC", a fait remarquer le rapport de l'ODEP.

Il indique que selon le bordereau de dversement du 30 août 2018, 71.743.850CDF, soit environ 35.000 USD devraient être transférés dans le compte Transco/CDF N°003018075101-88deRawbank.

"Ces recettes ont pris une destination inconnue. Le chèque a été signé par deux personnes. En guise de sécurité bancaire, les sorties de fonds de Transco, via la Rawbank, n’étaient valables qu’avec au moins trois
signatures. Au fil du temps, le directeur général de Transco, Michel Kirumba, a ordonné à la Rawbank de ne tenir désormais compte que de sa seule
signature à cet effet", renseigne l'ODEP faisant foi au témoignage du syndicat.

S'agissant de la passation des 
marchés publics, l'étude de l'ODEP renseigne qu'à Transco, tous les marchés publics ont été payés en cash avant la livraison, sans  garantie de bonne exécution.

Tout en appelant le peuple congolais à la vigilance, l'ODEP conclut que la mauvaise tenue de la comptabilité, des procédures des marchés publics opaques,
caractérisées par le clientélisme et le conflit d’intérêt sont les maux qui rongent la société Transco.

Orly-Darel Ngiambukulu

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