Sankuru : Mukumadi accuse le FCC de vouloir récupérer la gestion de la province (Interview)

7SUR7

Au sankuru, les relations ne sont toujours pas au beau fixe entre l'assemblée et le gouvernement provincial. Cette situation a entraîné une crise inter-institutionnelle entre les deux institutions provinciales.

Dans une interview accordée à 7SUR7.CD le mardi 11 mai 2021, le gouverneur de la province du Sankuru, Joseph Stéphane Mukumadi, a souligné que l'élément déclencheur de la division entre les deux institutions provinciales c'est notamment son refus d'être placé sous tutelle du président de l'assemblée provinciale Benoît Olamba.

Le chef de l'exécutif provincial ajoute que tout ce qui se passe aujourd'hui tourne autour de la gestion de la province du Sankuru, que le Front Commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila compte coûte que coûte récupérer pour prouver qu'il détient « encore la province » afin que cela échappe au président de la République Félix Antoine Tshisekedi.

(Ci-dessous, l'intégralité de cette interview).

7SUR7.CD : Monsieur le gouverneur, dans la déclaration rendue publique le 29 avril dernier par les députés provinciaux, vous êtes accusé notamment de piller allègrement les ressources naturelles de la province et les moyens mis à la disposition de Sankuru, quelle est votre réaction ?

Stéphane Mukumadi : Vous savez quand on veut noyer son chien on l'accuse de la rage. Ceux qui m'accusent de tout, demandez leur qu'on vous apporte un témoin auquel ils ont vu le gouverneur en achat ou en vente des matières premières qu'ils citent. Il n'y a que l'acharnement sur acharnement. Le gouverneur vole, le gouverneur pille, qu'est-ce qu'il n'a pas encore fait dans cette province? C'est un parvenu, un parachuté qui est arrivé qui vole, qui vole, qui ne fait que voler.

7SUR7.CD : Parlant de la crise inter-institutionnelle entre les deux institutions provinciales, Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de n'avoir pas respecté le compromis de l'accord politique signé à Kinshasa le 28 mars 2021 sous la houlette du haut représentant du chef de l'État Kitenge Yesu et devant la notabilité politique du Sankuru, pour résoudre la crise qui secoue la province depuis 2019 ?

S. Mukumadi : Vous savez, c'est bien beau d'accuser quelqu'un de ne pas avoir respecté le compromis, il faut qu'on vous apporte la preuve pour dire qu'il n'a pas respecté le compromis. Vous vous êtes journaliste, moi je peux vous apporter la preuve que celui qui a dégradé cet accord ne sont rien d'autres que l'honorable Benoît Olamba (président de l'assemblée provinciale, ndlr) et sa bande qui se trouve à Kinshasa, qui sillonne les couloirs politiques pour créer l'instabilité au Sankuru. Quand on vous dit que le gouverneur a violé, posez leur la question il a volé en faisant quoi ?

7SUR7.CD : On parle de votre refus de plus d'une fois de vous présenter à l'assemblée provinciale pour l'audition de votre programme d'action et l'investiture de votre équipe. N'est-ce pas une façon de violer le compromis ?

S. Mukumadi : Demandez à l'honorable Benoît Olamba qu'il vous envoie la date et l'heure qu'il a convoquées le gouverneur à venir présenter son programme. Vous comprendrez qu'il y a énormément de la violation par la même lettre. Comment vous pouvez mettre à l'ordre du jour, aujourd'hui on est mardi à 14 où 16 heures, vous venez déposer une correspondance au gouvernorat pour dire que demain coûte que coûte il faut que le gouverneur puisse venir présenter son programme, au moment où moi j'étais à Kinshasa, vous comprendrez bien que ce ne sont que des violations. 

7SUR7.CD : Qu'est-ce qui peut être privilégié aujourd'hui comme solution pour mettre fin à la crise ?

S. Mukumadi : Il ne faut pas dire qu'il n'y a personne qui accepte sa responsabilité, vous êtes devant les faits tenez en compte. Les faits qui vont vous permettre d'établir la vérité. La solution est simple, le président Félix Antoine Tshisekedi n'a pas des députés au Sankuru, mais à un gouverneur UDPS au Sankuru, ça pose problème. Donc le FCC compte coûte que coûte à prouver à son autorité morale qu'ils ont gardé la province de Sankuru. C'est tout, il n'y a rien d'autres, ce sont toujours les caciques du FCC qui se déplacent pour accuser le gouverneur. Quand ils accusent le gouverneur, vous ont-ils apporter les preuves des accusations qu'ils allèguent à l'encontre du gouverneur ? Aucune, c'est l'acharnement.

7SUR7.CD : Lors de l'élection du gouverneur, les relations entre vous et le président de l'assemblée provinciale étaient au beau fixe, quel est l'élément qui a déclenché la méfiance entre vous deux ?

S. Mukumadi : L'élément déclencheur c'est la gestion de la province, c'est-à-dire l'honorable Benoît Olamba a pensé pouvoir me mettre sous tutelle (...) Il voulait implanter la même anarchie, le même ordre qu'ils utilisaient dans le passé avec les fameux dinosaures que nous avons pu mettre hors d'état de nuire du Sankuru, qui se battent bec et ongles pour pouvoir récupérer la situation afin que cela échappe au président de la République au Sankuru. Ils se sont heurtés à une résistance importante qui est le peuple d'abord. Ça, ça n'a pas plu au président sortant Benoît Olamba qui s'est insurgé comme étant le gourou qu'il voulait prendre la place des gourous auxquels nous avons mis hors d'état de nuire. Il était impossible pour lui d'accepter celà. Je lui avais demandé qu'on avait deux attributions ; lui était l'organe de contrôle et moi j'étais l'exécutif, chacun devra prendre ses attributions en compte".

Propos recueillis par Alain Saveur Makoba