Éruption du Nyiragongo : "Les sinistrés condamnés au vol et à la prostitution pour survivre", alerte la société civile

Photo 7SUR7.CD

Les victimes de la récente éruption du volcan Nyiragongo, qui ont perdu leurs abris, vivent des moments difficiles dans les sites de cantonnement.

L'alerte vient de la société civile du territoire de Nyiragongo qui s'inquiète  de leur sort.

Dans un communiqué de presse du lundi 20 septembre dernier, les forces vives rapportent que les sinistrés dont des femmes enceintes ou celles qui allaitent et des enfants sont confrontés à la famine et aux maladies liées aux conditions sanitaires précaires.

Pour survivre à la situation, certains sont contraints de se débrouiller quelle que soit la nature de leur démarche malgré des conséquences inattendues.

« Les sinistrés du volcan Nyiragongo vivent actuellement dans des conditions très précaires caractérisées par des maladies respiratoires dues aux conditions hygiéniques et sanitaires, aux intempéries de la nature, etc. Le manque de suivi des femmes enceintes et allaitantes et la famine suite au non ravitaillement en vivres. Cette situation pousserait certains sinistrés au vol et d'autres se livreraient à la prostitution pour leur survie et celle de leurs familles », s'inquiète la société civile qui demande au gouvernement d'installer urgemment ces citoyens dans les abris provisoires construits en leur faveur pour les sauver de cette situation.

Il sied de rappeler qu'au lendemain de l'éruption du Nyiragongo le 22 mai 2021, plusieurs délégations ont séjourné au Nord-Kivu pour s'enquérir du degré de vulnérabilité des victimes. D'abord, une équipe gouvernementale dépêchée par Kinshasa pour répondre aux urgences, ensuite le Premier ministre Sama Lukonde et, enfin, le chef de l'Etat.

Pendant leur séjour, toutes les autorités congolaises ont annoncé des mesures adéquates pour une prise en charge effective des sinistrés. D'ailleurs, des millions de dollars ont été débloqués pour cette fin pour la construction des maisons d'infortune en faveur de ces victimes, des abris non encore habités 4 mois après.

Des détournements en cascade des aides venues des USA, de l'Union européenne, du Kenya, du Congo Brazza, du gouvernement central ou même des partenaires privés ont vite été décriés. Mais, jusqu'aujourd'hui, la lumière n'est jamais faite à l'exception de quelques arrestations en territoire de Rutshuru.

Isaac Kisatiro, à Butembo