Congo Hold-up : "Congo n'est pas à vendre" annonce la mise en place d'un collectif d'avocats pour porter plainte afin de récupérer "les biens mal acquis"  

7sursept

La plateforme "Le Congo n'est pas à vendre" a, au cours d'une conférence de presse tenue ce mardi 23 novembre 2021 à Kinshasa, annoncé qu'elle va mettre en place un collectif d'avocats pour porter plainte au niveau national après les révélations de détournement des millions de dollars américains par le "clan Kabila". 

D'après son porte-parole, Jean-Claude Mputu, cette décision a été motivée par le fait que le rapport "Congo Hold-up" qui a fait ces révélations, dispose, pour une fois, des preuves matérielles qui permettent d'amener cette affaire au niveau de la justice. 

"Pour Congo n'est pas a vendre, 3 choses sont essentielles. La première chose, nous espérons qu'enfin les autorités de ce pays ; le président de la République, le gouvernement, la justice vont faire, au moins cette fois-ci, ce que tout gouvernement aurait fait normalement depuis des années. C'est-à-dire quand il y a des scandales, quand il y a des faits aussi graves, d'ouvrir une enquête, de donner des moyens à la justice. À l'État de dire : enquêtez sur ces faits, interrogez les gens et vérifiez. Au niveau du Congo n'est pas à vendre, nous avons levé une option. Nous avons dit, pour cette fois-ci, on a des faits, on a des preuves matérielles, on va mettre en place un collectif d'avocats et on va porter plainte dans les Tribunaux congolais pour demander la récupération des biens mal acquis", a-t-il déclaré. 

S'exprimant sur le rapport "Congo Hold-up", il a affirmé que c'est un "vrai travail d'enquête et de vérification" qui a été abattu par des médias et ONG internationaux.

"Ça veut dire qu'ils ont donné des faits avec des dates, avec des éléments. Par exemple, à telle date, tel compte a viré 5 millions de dollars à la BGFI et à telle date, telle personne a envoyé un e-mail à la banque pour dire de mettre cet argent en liquide, en violation de toutes les lois, à la disposition d'une telle personne au guichet et une telle personne est venue au guichet retirer cet argent. Donc, ce que nous sommes en train de vous dire ce que ça été un vrai travail d'enquête, de vérification des faits, des éléments précis. Et la nouveauté finalement, c'est quoi ? Ce que tous dans ce pays, chaque jour, dans nos journaux, dans les réseaux sociaux, nous parlons des scandales de corruption des politiques mais pour une fois, cette fois-ci, nous avons des preuves matérielles qui les montrent, qui les disent et qui les retracent. C'est quelque chose d'exceptionnel", a soutenu le porte-parole du CNPAV. 

Par ailleurs, il a balayé d'un revers de la main toutes les allégations selon lesquelles cette enquête serait politique. Il a souligné que l'enquête "Congo Hold-up" n'est pas un dossier politique. Elle ne représente pas l'étendue de la corruption sous le régime Kabila et ne veut pas non plus dire que de nos jours, sous le régime de Félix Tshisekedi, que la corruption n'existe plus, a souligné J-C Mputu. 

Pour sa part, Jimmy Kande, membre du CNPAV, a exhorté le pouvoir en place à rétablir les institutions de contrôle, notamment la Cour des comptes, de manière à prévenir des cas de détournement.

"Ce que nous nous faisons, nous faisons un contrôle qui est citoyen. Nous n'avons pas des moyens comme le gouvernement, ce que nous essayons de faire, c'est de rappeler au gouvernement juste de faire son travail, qu'il puisse y avoir un contrôle aujourd'hui. C'est vrai que l'IGF (Inspection générale des finances) est en grande pompe aujourd'hui mais il y a une Cour des comptes qui est pratiquement abandonnée. Il y a la Cour des comptes qui, par exemple, doit contrôler les finances publiques. Notre plaidoyer va dans le sens d'appeler le gouvernement à pouvoir rétablir ces institutions de contrôle, qu'on puisse avoir une Cour des comptes qui fonctionne et qu'on ne soit pas toujours en train de dénoncer des vols mais qu'on puisse anticiper sur les vols", a-t-il dit.

Le rapport "Congo Hold-up" a été publié par un consortium des médias et ONG internationaux la semaine dernière, qui ont scruté 3,5 millions de documents en 9 mois. Il révèle que, durant la période 2015 - 2018, le "clan Kabila" aurait détournement 136 millions de dollars américains. Depuis lors, ces révélations sont au centre des débats en République démocratique du Congo.

Prince Mayiro