Albert Yuma : "Nous ne pouvons pas vivre éternellement de l’aide qu’il faudra bien un jour rembourser"

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Le président de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Albert Yuma, n'est pas allé par le dos de la cuillère pour fustiger le fonctionnement de l'administration en République démocratique du Congo. 

Lors de la cérémonie de présentation de vœux de la FEC aux corps constitués de la République le 17 février 2022, Albert Yuma a, dans son allocution, mis un accent particulier sur la nécessité pour l'Administration de gérer sa tutelle.

"Vous allez penser que j’en ai après le Gouvernement. Rien n’est moins vrai. J’en ai après une Administration qui ne répond pas à sa tutelle ou une tutelle qui ne dirige pas son Administration et qui pour des motifs de court terme, scie la branche, mais il en reste peu, sur laquelle nous sommes tous assis", a dit Albert Yuma. 

Dans la foulée, le président de la FEC s'est méfié du fait que les Institutions Financières Internationales ont repris leur appui à la République démocratique du Congo.

"Certes nous voyons que le secteur minier tiré par une tendance haussière actuelle nous permet de dégager des marges de manœuvres bienvenues. Les Institutions Financières Internationales ont repris leur appui à la République démocratique du Congo. Si je m’en félicite, je me méfie aussi. Nous avons vu il y a un peu moins de 10 ans ce qu’un retournement de conjoncture pouvait avoir comme conséquence, avec un chômage en hausse et un assèchement des finances publiques", a-t-il ajouté.

Pour Albert Yuma, il ne faut pas se satisfaire de dépendre de quelques multinationales ou de l'aide étrangère. 

"Nous ne devons pas nous satisfaire de dépendre de quelques multinationales qui exploitent, je l’ai assez répété, notre sous-sol à leur bénéfice. Et nous ne pouvons pas non plus vivre éternellement de l’aide, qu’il faudra bien un jour rembourser, à moins de rester dans une dépendance éternelle dont personne ne veut. Il est donc essentiel que nous profitions de ce momentum favorable, comme il y en a eu d’autres dans le passé mais qui n’ont pas été valorisés, pour diversifier notre économie et ne pas dépendre des autres. Dépendre de nous-même serait notre plus grande victoire", a-t-il martelé.

Par ailleurs, le président de la FEC a suggère la diversification de l'économie. Il a prévenu que la FEC ne cessera pas d’interpeller le Gouvernement sur la diversification de la base de production du pays par la transformation et la valorisation locale des ressources naturelles sur une chaîne de valeurs globale et intégrée. Albert Yuma a aussi proposé la diversification minière.

Jephté Kitsita