Tanganyika : La société AVZ accusée de non-respect du contrat d’exploitation de la mine de Manono (Enquête)

Droits tiers

Dans un point de presse tenu le jeudi 23 juin 2022 à Kinshasa, le journaliste d'investigation Mice Tshibangu a dénoncé le non-respect du contrat d'exploitation de la mine de Manono dans la province du Tanganyika par la société AVZ qui appauvrit la population de cette partie de la République démocratique du Congo.

Ce journaliste d'investigation indique dans son enquête que 5 ans après ce contrat qui lie cette société à l'État Congolais, rien n'est encore fait alors qu'il prévoyait la construction des routes et des écoles.

« Il y a eu une joint venture entre la COMINIERE et DATHOMIR qui a donné naissance à une structure dénommée DATHCOM. Cette dernière vendra 60% des parts à AVZ. A son tour, AVZ demandera 5% de surplus à l'État congolais pour lui permettre de mener des actions dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprises [Ndlr : afin de] construire des routes et des écoles. Mais depuis 5 ans, rien n'a été fait. AVZ n'a construit ni école ni route. La population de Manono vit dans la misère la plus totale, la situation est catastrophique », a révélé le journaliste d'investigation Mice Tshibangu.

À en croire ses propos, la COMINIERE, société de droit congolais, avait des permis de recherche sur la mine de Monono. Cependant, dit-il, la COMINIERE avait vendu à DATHOMIR 70% de ses parts pour ne laisser à l'État congolais que 30%.

Il ajoute que cette situation a poussé la COMINIERE à se trouver un nouveau partenaire, en l'occurrence la société Zing JIN à qui elle a cédé 15% des parts. ZING JIN paie à l'État congolais 33,4 millions $.

La même source précise que la loi en la matière exige qu'à l'arrivée d'un nouveau partenaire, il doit se tenir un conseil d'administration pour permettre au nouveau partenaire d'entrer dans l'actionnariat. Mais AVZ, fait-il remarquer, bloque la tenue du conseil d'administration et refuse de s'y soumettre en faisant valoir son droit de préemption sur tout ce qui concerne l'entreprise.

Selon Mice Tshibangu, AVZ soutaite arriver à 75% pour que le Congo n'ait rien en retour dans ce contrat qui le lie à l'État congolais.

L’auteur de cette enquête appelle le Gouvernement Sama Lukonde à se saisir de ce dossier pour, soit obliger la société AVZ de respecter ses engagements, soit de mettre fin à ses activités en République démocratique du Congo. Il a aussi appelé la presse à vulgariser les résultats de son investigation.

Jephté Kitsita