Sud-Kivu : La société civile de Minembwe condamne des déclarations susceptibles d’envenimer la situation sécuritaire 

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Selon la société civile noyau de Minembwe, le porte-parole de la 12ème brigade de réaction rapide des FARDC basée à Minembwe, le lieutenant Jérémie Meya, a, dans une déclaration sur les attaques des Maï-Maï qui ont frappé Minembwe le 28 juin dernier, affirmé qu’il y a eu affrontement entre Twirwaneho qu'il qualifie des terroristes et Biloze Bishambuke qu'il appelle des séparatistes. 

La société civile dit condamner avec la toute dernière énergie cette déclaration qui « dénote la partialité de son auteur ». D’après la société civile, c’est depuis plusieurs années que ledit porte-parole vit à Minembwe où il a vu naître le mouvement d'autodéfense Twirwaneho, dont il connaît ses objectifs. 

« En vertu de quoi se permet-il de le traiter de terroristes ?  Bien que nous ne soyons pas de porte-parole de ce mouvement, nous affirmons tout haut, en tant que structure citoyenne, que Monsieur Meya a menti dans sa déclaration. Au lieu de condamner les attaques des Maï-Maï qui ont déjà endeuillé Minembwe presque chaque semaine et ce, pendant plusieurs années, attaques dont les FARDC sont témoins, il parle plutôt des affrontements. Si les combats se sont déroulés aux portes de Minembwe centre, entre 5 et 10 kilomètres du quartier général de la 12ème brigade, où les militaires n'ont fait qu'assister en observateurs, Meya qui n'était pas au front, qui maîtrise très bien la distance parcourue par les assaillants Maï-Maï pour atteindre Minembwe, il affiche clairement sa position de complicité avec ces ennemis de la paix », a indiqué Saint-Cadet Ruvuzangoma Rubibi, président de ladite société civile.

Dans la foulée, la société civile noyau de Minembwe déclare que le lieutenant Jérémie Meya n'a pas le courage de condamner les Maï-Maï qui attaquent régulièrement Minembwe.

« Il ne donne pas le bilan exact de ces attaques. Il ne dénonce rien sur la situation de 65 femmes de Minembwe détenues par ces assaillants Maï-Maï à Lulenge où elles étaient parties s'acheter des nourritures dans le marché de Kijombo. L'opinion doit savoir que la vie de ces femmes est en danger. Nous craignons qu'elles soient victimes de violences sexueles à outrance. D'ailleurs, certaines d'entre elles sont des femmes des militaires FARDC de Minembwe », renchérit la société civile. 

En outre, cette structure citoyenne affirme qu’un Twirwaneho est un citoyen ordinaire qui fait la défense  avec ses moyens de bord pour se mettre à l'abri de l'extermination. 

« Toutefois, la société civile de Minembwe n'est pas surprise par ce genre de comportement affiché par un militaire de la 12ème brigade (…) Nous sommes vigilants Monsieur Meya », a-t-elle souligné. 

Par ailleurs, la société civile demande à la hiérarchie de cette brigade de prendre des mesures nécessaires pour arrêter ces genres de déclarations qui risquent d'envenimer de plus en plus la situation sécuritaire de Minembwe. 

Jephté Kitsita