Kasaï-Central : Hausse vertigineuse du prix de maïs à Kananga (Reportage)

Photo 7SUR7.CD

À Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï-Central, au centre de la République démocratique du Congo, le prix de maïs galope de plus en plus sur le marché.

Une mesurette de 2 kilogrammes communément appelée Meka qui se négociait à 2.500 (1.25 $) voire 3.000 FC (1.50 $), il y a deux semaines, se vend désormais à 4.500 FC (2.25 $), voire un peu plus dans différents marchés de Kananga, a constaté un correspondant de 7SUR7.CD.

Reportage

Au marché Laurent Désiré Kabila situé dans le centre de la ville de Kananga, Marie Nseya, commerçante depuis plus de 15 ans, étale le maïs sur le sol et quelques clients s'approchent pour discuter le prix.

Le maïs, aliment de base dans la région, mais le prix grimpe de plus en plus. Alors, Marie Nseya, comme une dizaine d'autres vendeurs qui travaillent dans ce marché, tente d'y trouver une explication face aux clients.

Marie évoque dans un premier temps, une raison écologique. « Il y a eu beaucoup de pluies et les gens n'ont pas pu cultiver », explique-t-elle à 7SUR7.CD.

« Ceux qui sont aussi à la base de cette crise se sont les gens de PAM (Programme alimentaire mondial, une agence de Nations-Unies, ndlr), ils font des achats de maïs à un prix exorbitant pour aller distribuer aux personnes vulnérables. C'est ce qui occasionne cette carrence », a-t-elle poursuivi.

Très vite, le PAM a réagi à cette accusation rappelant qu'il n'est pas à la base de la hausse du prix de cette denrée alimentaire.

L'agence onusienne explique que les vivres qu'elle distribue aux personnes vulnérables de Kasaï, Kasaï-Central et Kasaï-Oriental ne proviennent pas de la région du Grand Kasaï et encore moins de la ville de Kananga.

« Ce n'est pas la première fois qu'on reçoit ce genre des plaintes provenant de diverses sources, selon lesquelles le maïs qu'on distribue dans la région du Kasaï aux populations vulnérables provient d'achats locaux sur les marchés de Kananga et ses environs (...) Je dois dire que depuis plusieurs années, le PAM n'achète pas les vivres dans la région du Grand Kasaï (...) Je tiens à rappeler avant de procéder aux achats de vivre sur les marchés locaux, le PAM fait des évaluations pour s'assurer que ces achats n'auront aucun impact sur les prix locaux », confie à 7SUR7.CD, Natasha Nadazdin, Directrice adjointe du PAM en RDC.

Le ton du transporteur

La Société nationale de chemin de fer du Congo (SNCC), principal transporteur de maïs dans la région, elle, ne comprend pas cette flambée.

Selon les statistiques mises à la disposition de 7SUR7.CD par son service commercial, depuis le début de l'année 2022, c'est durant le mois de juillet dernier qu'un total de 2.086 tonnes a pu entrer à Kananga.

Par ailleurs, la même crise est aussi signalée dans la province du Kasaï précisément au chef-lieu à Tshikapa, où un seau de maïs qui se vendait à 12.000 FC soit 6 dollars américains se négocie aujourd'hui à 20.000 FC soit 10 dollars américains.

Les provinces du Kasaï-Central et du Kasaï actuellement touchées par cette situation sont pourtant classées au premier plan des producteurs de Maïs en République démocratique du Congo.

Alain Saveur Makoba, à Kananga