Imbroglio à l'ICCN : À son tour, le DGA accuse son titulaire de "criminalité financière"

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Entre Olivier Mushiete et Vincent Imbongo, respectivement directeur général et directeur général adjoint intérimaires de l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), l'animosité est au comble. 

Des accusations mutuelles auprès de la vice-première ministre de l'environnement et de développement durable, Eve Bazaiba, continuent entre les deux responsables de l'établissement public qui gère les aires protégées de la RDC.

Le dernier à bondir dans ce jeu de ping-pong est Vincent Imbongo. Dans un mémorandum qu'il a adressé à Eve Bazaiba le lundi 8 août 2022, il met à charge de son titulaire Olivier Mushiete plusieurs griefs, entre autre la "criminalité financière".

"Je me ferais le devoir d'inviter les services de l'inspection générale des finances ou de la cour des comptes pour venir faire le constat de la criminalité financière orchestrée par le DG a.i avec ses collaborateurs qui est aux antipodes de nos valeurs", lit-on dans cette missive de plusieurs pages. 

Pour étayer son argumentaire, Vincent Imbongo cite le décaissement de 16.500$ le 7 mars dernier en faveur des ministères du tourisme et de l'environnement sur ordre de Olivier Mushiete "sans soubassement juridique ou signature officielle d'un mandataire". Il cite dans le même registre 4.232$ débloqués le même jour pour le paiement d'une "fausse facture" de vodacom.

A en croire Vincent Imbongo, la "pression hors du commun" que Olivier Mushiete et ses assistants "privés" exercent sur le directeur administratif et financier de l'ICCN pousse ce dernier "à l'impossible et aux choses abominables qui désacralisent la logique d'une gestion responsable des finances".

En outre, Vincent Imbongo accuse Olivier Mushiete d'avoir engagé 30 personnes dans son cabinet, une équipe qu'il qualifie de "budgétivore et éléphantesque". Les membres de ce cabinet sont à leur tour accusés d'usurper les attributions de la direction des ressources humaines.

Notons que Vincent Imbongo a écrit ce mémorandum alors qu'il venait d'être entendu avec son titulaire par une commission mise en place par la vice-première ministre Bazaiba.

Ladite commission a été créée après que Olivier Mushiete ait demandé le 19 juillet dernier une action disciplinaire contre Vincent Imbongo pour "voie de faits, usurpation des pouvoirs et insubordination".

Bienfait Luganywa