Eve Bazaiba à la communauté internationale : « Devons-nous exploiter nos ressources et nourrir nos enfants ou les contempler et les laisser mourir de faim ? »

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Ce lundi 3 octobre 2022 à l’occasion du lancement de la réunion préparatoire de la 27e conférence des parties sur le changement climatique (COP 27), Eve Bazaiba, vice-première ministre de l’environnement et du développement durable de la RDC, a prononcé un discours-plaidoyer en faveur des peuples protecteurs des forêts tropicales, tout en interpellant à la fois les pays industrialisés sur leurs responsabilités dans la recherche des solutions au problème de changement climatique.

Pour Eve Bazaiba, la communauté internationale devrait d’abord se pencher sur la question des ressources financières dont les pays africains ont besoin, ensuite sur celle des solutions aux urgences climatiques.

« Pendant que nous nous préoccupons des moyens de gérer les urgences que le changement climatique cause dans des régions qui en sont le plus exposées, ce que nous saluons comme membres de la communauté des acteurs climatique internationale, nous soulignons qu’il est encore plus urgent de se pencher profondément sur les changements structurels que l’adaptation au changement climatique impose aux communautés des pays les moins avancés, qui souvent se retrouvent dépourvues des ressources technologiques et financières pour ce faire », a-t-elle dit.

A e croire Eve Bazaiba, les pays africains sont confrontés à la difficulté de faire le choix entre réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et le besoin de survie des populations.

« Nous citons la difficile cohabitation entre les questions de survie d’une part, et celles relatives à la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’autre part. (…) nous avons besoin d’exploiter nos ressources naturelles et trouver du pain à nos enfants, mais sur la ligne de ce devoir, il y a de plus en plus d’obstacles associés à la nécessité de réduire nos émissions. Plusieurs pays africains ont du mal à opérer un choix entre la survie de leurs populations et le contrôle des émissions de gaz à effet de serre », a-t-elle continué.

Et d’interroger: « Que faire dans ces circonstances ? Exploiter nos ressources et nourrir nos enfants ou les contempler et les laisser mourir de faim ? ».

C’est ainsi qu’elle a affirmé que la RDC est prête à contribuer aux efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique mais pas à n’importe quel prix.

« Notre pays la RDC prend ce jour le monde entier à témoin, et vous rassurons de notre choix comme gouvernement à contribuer aux efforts globaux de lutte contre le changement climatique. Mais à quel prix ? et avec qui ? car  nous ne le ferons certes pas seuls et à nos propres frais. C’est simplement inimaginable et impossible », a affirmé Eve Bazaiba.

Notons que les participants à ces travaux qui se déroulent à Kinshasa du 3 au 5 octobre vont se pencher notamment sur les questions de l'adaptation et de l'atténuation des effets du changement climatique, de pertes et dommages subis par les pays vulnérables à ces effets et de financement climatique.

Bienfait Luganywa