Lutte contre le blanchiment de capitaux : La CENAREF sensibilise des assujettis contre les risques et assure que l’inscription de la RDC sur la liste noire n’est pas à l’ordre du jour

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Le secrétaire exécutif de la Cellule Nationale des Renseignements  (CENAREF), Adler Kisula, a donné le go, ce mardi 04 octobre 2022 à Kinshasa, de deux matinées de sensibilisation des assujettis (banquiers, opérateurs de téléphonie, avocats, etc.) à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en RDC. 

Le but de ces travaux est d'améliorer leurs connaissances dans la compréhension des risques d'une part et d'autre part, de susciter la volonté et l'obligation en eux de déclarer les opérations suspectes à la CENAREF. 

« Cet atelier de renforcement des capacités est l'une des voies pour empêcher notre pays de subir des conséquences fâcheuses sur son système financier qui, d'ores et déjà, présente des vulnérabilités dans la plupart des secteurs de la vie. Le secteur bancaire de la RDC a globalement une bonne compréhension des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme et met en œuvre les mesures de vigilance à l'égard de la clientèle et des opérations, quoique peu satisfaisante. Par contre, les secteurs de la microfinance, des coopératives d'épargne et de crédit, de change manuel, de transfert des fonds et de valeurs, de monnaie électronique ou encore celui des assurances, ont une compréhension mitigée des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme que représentent leurs clients. Ce qui se traduit par une faible mise en œuvre des mesures préventives par les secteurs de ces secteurs », a affirmé A. Kisula. 

En vue de permettre à la RDC de se conformer aux standards internationaux pour combattre ces fléaux, le secrétaire exécutif de la CENAREF a souligné que les deux chambres du Parlement pourront adopter la Loi révisée 04/016 du 19 juillet 2004 portant lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme au cours de cette session parlementaire. 

« En effet, notre Loi portant lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme à son article 4, indique les assujettis auxquels elle s'applique, notamment toute personne physique ou morale qui, dans le cadre de sa profession, réalise, contrôle ou conseille des opérations entraînant des dépôts, des échanges, des placements, des conversions ou tous autres mouvements de capitaux », a-t-il fait savoir. 

C'est dans ce cadre que la RDC avait adhéré le 05 septembre 2017 comme membre associé au Groupe d'Action contre le Blanchiment d'Argent en Afrique Centrale (GABAC). 

Puis, le Congo-Kinshasa avait accepté de se faire évaluer par le GABAC suivant les recommandations de GAFI. Cette évaluation avait consisté à l'examen non seulement de la conformité technique du dispositif légal de la RDC aux recommandations de GAFI, mais également de l'efficacité dudit dispositif. 

Le Rapport d'Évaluation Mutuelle (REM) de la RDC avait fait état des résultats qui n'étaient pas satisfaisants. Face à cet état de choses, un plan d'action a été adopté lors de la 15è plénière de la Commission Technique du GABAC en octobre 2021. L'une des recommandations était l'organisation des forums de sensibilisation et de formation en faveur notamment des assujettis. 

Par ailleurs, Adler Kisula a balayé des rumeurs sur une éventuelle inscription de la RDC sur la liste noire du GAFI. Car ce n’est qu’à l’issue de la mise en œuvre du Plan d’actions (2022-2025) élaboré avec le GAFI que cette institution évaluera l’efficacité du dispositif anti-blanchiment. Et fera des recommandations. Donc, la mise au banc de la RDC de la communauté financière n’est pas à l’ordre du jour !

Merveil Molo