Création Africa : L’un des visages du nouveau partenariat de Macron entre la France et l’Afrique 

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La France d'Emmanuel Macron ne veut pas imposer des relations avec l'Afrique. Au contraire, elle veut démontrer qu'elle est ouverte à la refondation du "partenariat" avec le continent africain à travers notamment des échanges artistiques, intellectuels et politiques. Et cette volonté de renouveau s’est concrétisée notamment par le Forum Création Africa qui s’est tenu à la Gaieté lyrique du 06 au 08 octobre. 

Artisan de cette nouvelle politique, le président français a offert le 7 octobre un dîner à ses convives africains au Centre Pompidou.

Dans un contexte international où la France est accusée par certains chefs d’État de vouloir maintenir son emprise sur l’Afrique et les africains, nourrissant ainsi une certaine francophobie, mieux alimentant une perception négative de la France dans une frange de la jeunesse, le président français s’est résolument tourné vers l’avenir, en prenant soin de balayer d’un revers de la main des accusations infondées.

"(...) dès novembre 2017, dans le discours de Ouagadougou, on a voulu complètement réinventer un partenariat entre le continent africain et la France qui soit équilibré, responsable, respectueux, qui permette aussi de pleinement engager l'Europe dans ce partenariat. Chrysoula le sait, elle qui a, durant toutes ces années, de parlementaire européen, œuvré sur ce sujet. Et on a, à partir du discours de Ouagadougou, mis plein de petites pierres”, a-t-il affirmé. 

Le succès du 1er Forum Création Africa, qui a vu plus de 300 artistes, entrepreneurs, promoteurs culturels, professeurs et mécènes, a mis du baume au cœur du président Français dont la joie était perceptible.

"Et je trouve que c'est le plus beau démenti, j'y reviendrai, au récit qu'on voudrait imposer des relations entre l'Afrique et la France. Et pour moi, la réalité de cette relation, c'est exactement ce que vous êtes, ce qu'on est en train de faire ( Forum Création Africa, ndlr) et les avant-postes qu'on est en train de bâtir, contrairement aux vieux récits qu'on voudrait nous écrire", a-t-il dit.

Pour lui, ce Forum est comme l'un des moyens de cette refondation du partenariat Afrique-France.

"Au moment où des modèles politiques 
idéologiques ou des modèles universels, au fond, sont en compétition, mis à mal, on a 
énormément besoin de cette invention intellectuelle et politique qui consiste à reconnaître partout sur le continent africain, des projets, à les aider à émerger et, au fond, à aider la société civile à s'éclairer elle-même et à construire ses propres synergies avec les différents secteurs", a-t-il plaidé.

La deuxième édition de Création Africa se tiendra sur le continent africain.
Mais en entendant, la prochaine étape de cette nouvelle approche Macronniène passera par l’érection de la Maison des mondes africains en 2024. Elle sera, d’après Macron, "une véritable porte ouverte à Paris, tournée vers le continent africain et où, selon les mots d'Achille Mbembe, qui a imaginé ce lieu, sera la création africaine et diasporique exposée au monde". La nouvelle politique africaine a permis notamment de restituer les œuvres d’arts.

Création Africa, concrétisé par Liz GOMIS, est le 1er Forum qui promeut les arts des créateurs africains. Il est organisé par le gouvernement français et des structures telles que l'Agence Française de Développement (AFD) ou encore l'Institut Français.

Cette première édition, dans la lignée du Nouveau Sommet Afrique France, vise à encourager la création des passerelles créatives et le partage d’idées innovantes entre la France et les pays du continent africain.  L’objectif est d'aider à l'émergence de l'industrie culturelle africaine en mettant en avant les créateurs du continent, en plus de créer des passerelles avec la France.

À signaler, rien qu'en Europe, les industries culturelles génèrent 650 milliards d'euros de revenus et font vivre près de 8 millions de personnes. En Afrique, les industries culturelles et créatives ne génèrent chaque année que 5 milliards de dollars américains, d’après l’UNESCO.

I.M.