Sénat : déclaré recevable, le projet de loi de finances 2026 envoyé à l'Ecofin pour examen approfondi

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Le Sénat a déclaré recevable et envoyé en Commission Économie, Finances et Bonne gouvernance ( ECOFIN) le projet de loi de finances 2026 lors de sa séance plénière de ce jeudi 11 décembre.

Dans son discours de présentation de ce texte, le vice-premier ministre du Budget, Adolphe Muzito, a fait savoir que ce projet prévoit un budget équilibré en recettes et en dépenses à hauteur de 20 milliards USD au taux de change de 2 900 FC/USD, soit une hausse de 16 % par rapport à 2025.

Ce chiffre, à l'Assemblée nationale, a déjà été revu à la hausse (22 milliards $) après actualisation du cadre macroéconomique.

« Sur base de ce cadrage convenu avec le FMI, l’Assemblée nationale a porté le Budget à la hauteur de 22 milliards de $US, soit un accroissement de 15,5% par rapport au niveau de Budget arrêté avec le FMI, justifié essentiellement par la variation des recettes extérieures et celles des comptes spéciaux», a signalé le vice-premier ministre.

Ce budget, a fait savoir Muzito, s’inscrit dans une trajectoire triennale visant une augmentation progressive de la pression fiscale : 12 % en 2026, 13 % en 2027 et 15 % en 2028, avec pour objectif d’atteindre 17 % en 2030, la moyenne de l’Afrique subsaharienne.

Selon le ministre du Budget, cette montée en puissance de la mobilisation interne permettra au pays de financer, sur fonds propres, sa défense et sécurité (5 milliards USD), l'amélioration des salaires (5 milliards USD) des agents et fonctionnaires de l’État, et 15 milliards USD pour les infrastructures routières, ferroviaires, aéroportuaires et autres sur les cinq prochaines années.

Ces efforts visent également à améliorer le revenu annuel par habitant, qui pourrait dépasser 1.000 USD en 2030, passant d’un revenu inférieur à 2 USD par jour à plus de 3 USD par jour.

Configuration budgétaire 2026

Ce texte du budget 2026 comprend le budget général (18,5 milliards USD),budgets annexes (300 millions USD), comptes spéciaux  (1,5 milliard USD). La part des recettes internes représente 68 % du Budget général, contre 32 % provenant des recettes extérieures.

Les recettes internes sont estimées à 12,5 milliards USD, comprenant 324 millions USD de ressources SICOMINES, 521 millions USD de recettes exceptionnelles au titre d’obligations du Trésor.

Les recettes courantes, fixées à 12 milliards USD, se répartissent de la manière suivante :

- Douanes et accises : 3 milliards USD (+12 % par rapport à 2025),

- Impôts : 7 milliards USD (+24 %),

- Recettes non fiscales : 2 milliards USD (+4 %).


À en croire Adolphe Muzito, ces projections reposent sur des réformes structurelles telles que la digitalisation des procédures, extension de la facture normalisée,modernisation de la TVA, guichet unique pour des micro-entreprises, renforcement de l’impôt sur le revenu, etc.

Dépenses en équilibre : six grands agrégats

Les dépenses, équilibrées aux recettes, se déclinent en six grands axes :

1. Dette publique et frais financiers : 1 milliard USD (+28 %).

2. Rémunérations : 4 milliards USD (+12 %), représentant 37 % des recettes courantes et 4,8 % du PIB.

Cette enveloppe inclut le recrutement de 18 000 militaires et 8 000 policiers, ainsi que des économies issues de l’assainissement du fichier de paie.

3. Biens, matériels et prestations : 2 milliards USD (+25 %).

4. Transferts et subventions : 2 milliards USD (+63 %), incluant la relance des entreprises publiques, la recherche, la subvention pétrolière et les transferts aux provinces, dont la prise en charge des conseillers communaux.

5. Dépenses d’investissement : 7 milliards USD (36 % du Budget général), axées sur les infrastructures nationales, provinciales et locales, y compris le Fonds de péréquation et le PDL-145 Territoires.

6. Dépenses exceptionnelles : 2 milliards USD, couvrant les besoins sécuritaires, humanitaires, électoraux, ainsi que le recensement et l’identification de la population.

MD